Le 23 février 2025, Dijon Actualités publiait un article intitulé : « Municipales à Dijon : sondage politique ou sondage sur l’action municipale ? », révélant qu’un sondage était en cours auprès des habitants de Dijon. Lors du conseil municipal du 24 mars 2025, Laurence Gerbet, représentant le groupe Agir pour Dijon, a demandé des éclaircissements à la maire Nathalie Koenders sur ce sondage en déclarant :
« Madame le maire, Un sondage a été réalisé dans la deuxième quinzaine de février par l’IFOP auprès des Dijonnais. L’intégralité des questions est connue depuis la diffusion d’un enregistrement par un média numérique local. De nombreuses questions portaient sur la perception par les habitants de la ville et de la politique de votre municipalité. D’autres questions concernaient votre personne : êtes-vous sympathique, êtes-vous autoritaire, quelle est votre couleur politique ? Enfin, certaines questions avaient une tonalité électorale explicite, notamment concernant les souhaits de vous voir élue maire en 2026 ou sur la notoriété de personnalités politiques locales. Globalement, un bon tiers des questions relevaient d’un sondage politique.
Pourriez-vous nous indiquer :
- Qui a commandé ce sondage ?
- Pour quel budget ?
- Qui sont les financeurs et pour quels montants ? »
Nathalie Koenders a répondu avec fermeté : « Alors Madame Gerbet, puisque Monsieur Bichot n’a pas eu le courage de lire sa question, chaque année depuis à peu près 20 ans, à la même époque, la municipalité de Dijon confie à un organisme professionnel le soin de réaliser une enquête auprès des Dijonnaises et des Dijonnais. C’est un outil parmi d’autres, peut-être plus précis que certaines consultations que nous effectuons nous-mêmes, puisque notre choix est de confier cela à un organisme dont c’est le métier. Donc, chaque année ou presque, parce que naturellement, aucune enquête de ce type n’est menée en année électorale. Eh bien je rappelle que la ville respecte la réglementation, et tout le monde le sait, les sondages sont interdits les années électorales. Et chaque année ou presque, c’est la même musique, vous tentez de jeter la suspicion, peut-être même parce que les résultats sont trop bons ! Mais cette année, vous montez d’un cran, tout du moins sur vos réseaux sociaux, avec des insinuations que je vais qualifier d’obsessionnelles, auxquelles je vous recommande de faire bien attention ! C’est grave pour — alors là je m’adresse à Monsieur Bichot — c’est grave pour un magistrat parisien de la Cour des comptes de jeter constamment la suspicion. Vous vous rendez compte à quel point votre comportement abîme la démocratie, au point de n’avoir aujourd’hui autour de vous plus qu’une seule des neuf colistières et colistiers avec lesquels vous avez été élu en 2020 ! J’espère que cela vous questionne un peu ! J’ai l’impression que non, mais ça devrait vous questionner un peu !
Donc je vous réponds, mais cette année encore, vous serez déçus parce que je vais vous faire la même réponse que vous faisait François Rebsamen, alors maire de Dijon, lorsque vous lui posiez la même question. Alors, la réponse qui vous a toujours été faite : la mairie de Dijon connaît et applique les règles, et non, elle n’a jamais financé de questions relevant d’un sondage politique. Pas un centime d’argent public, je le rappelle, pas un centime d’argent public ne va à des questions politiques. Et comme l’an passé, et comme les années précédentes, le budget est à peu près identique, 22 100 euros pour 2025, et les coûts sont normaux, donc pas besoin de fantasmer sur quoi que ce soit ! Et si vous voulez savoir, le sondage que nous réalisons à Dijon est à peu près identique, avec des variantes locales bien sûr, à celui que réalisent les maires de nombreuses villes, par exemple Neuilly, Montpellier, Saint-Étienne, Bordeaux ou encore Toulouse. J’ai cité des villes, mais je pourrais citer la région Île-de-France, présidée par Madame Pécresse, qui a fait exactement un sondage identique. D’ailleurs, c’est intéressant parce que cela permet de nous comparer ! Et je vous indique d’ailleurs que les comparaisons nous sont plutôt très très favorables ! »
Ce nouvel échange démontre combien le débat politique local reste vif à Dijon, laissant présager des échanges particulièrement animés à l’approche des élections municipales de 2026.