Face à une précarité croissante dans l’enseignement supérieur et des coupes budgétaires toujours plus sévères, le syndicat Solidaires Étudiant-e-s Dijon appelle à la mobilisation générale ce samedi 5 avril à 16h30, place Darcy à Dijon. Une manifestation est organisée pour défendre les services publics, exiger un refinancement massif de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (ESR), et lutter contre la précarité étudiante.
Une université au bord de l’asphyxie selon le syndicat
L’Université de Bourgogne Europe (UBE) n’est pas épargnée par les conséquences d’une politique d’austérité que le gouvernement semble vouloir pérenniser. L’intersyndicale — composée du SNESUP, CGT FERC-SUP, Sud Éducation, FO ESR, Solidaires Étudiant-e-s et UNEF — a récemment été reçue par le président de l’Université. Ce dernier n’a pu offrir aucune garantie sur la politique budgétaire à venir, confirmant les craintes des syndicats.
Même constat du côté du rectorat, qui, malgré les sollicitations, n’a fourni ni réponses concrètes ni engagements fermes sur une éventuelle hausse du budget de l’ESR. À l’échelle nationale, 80% des universités sont aujourd’hui en déficit. L’UBE pourrait rapidement grossir ces rangs.
Témoignages d’un service public à bout de souffle
Le syndicat dénonce plusieurs dysfonctionnements liés au manque de moyens :
- Un turn-over incessant dans les services administratifs, notamment au secrétariat d’Histoire, où quatre secrétaires se sont succédé en peu de temps. Le sous-effectif fragilise les conditions de travail et entraîne le recours abusif à des étudiant-e-s pour des tâches administratives.
- Des travaux dirigés (TD) assurés en autonomie dans certaines filières, y compris en Master, faute d’enseignants et de financement.
- La licence de philosophie n’offre pas l’ensemble des enseignements prévus par les référentiels officiels.
- Le manque de salles de cours provoque régulièrement des annulations de cours, illustrant la tension permanente sur les infrastructures.
- L’accueil des étudiant-e-s en situation de handicap est fortement insuffisant. Par exemple, les demandes de salles adaptées pour les partiels — pourtant recommandées par les médecins — sont systématiquement refusées aux étudiant-e-s autistes, faute de moyens.
Une précarité étudiante en pleine explosion
Le tableau est d’autant plus alarmant que la précarité étudiante atteint des niveaux records. Selon une enquête IFOP relayée par le syndicat, 76% des étudiant-e-s ont un reste à vivre mensuel de seulement 3,33 €. Plus d’un tiers déclarent sauter un repas régulièrement, et près de la moitié cumulent études et emploi pour survivre.
Un appel à la solidarité et à l’action collective
Dans ce contexte, Solidaires Étudiant-e-s Dijon appelle l’ensemble des étudiant-e-s, personnel enseignant, administratif et technique à rejoindre la manifestation du 5 avril. Le mot d’ordre est clair : imposer un rapport de force pour obtenir un refinancement de l’université et mettre fin à la précarité.
« L’éducation est un droit, faisons-le respecter. La précarité est un fléau, éradiquons-la », déclare le syndicat Solidaires Étudiant-e-s Dijon.
Les étudiant-e-s mobilisé-e-s peuvent être contacté-e-s via l’adresse sesl21@riseup.net ou sur Instagram (@solidairesetudiantsdijon).
Communiqué de presse du 2 avril 2025 :
Solidaires étudiant-e-s appel tous-tes les étudiant-e-s et travailleur-euse-s de l’UBE à se saisir de la date du 05 avril à Dijon pour manifester à 16h30 place Darcy pour défendre les services publiques, un refinancement de l’ESR et pour éradiquer la précarité étudiante.
Des coupes budgétaires ont lourdement impacté les Universités en France, l’Université de Bourgogne Europe ne fait pas exception. L’intersyndicale SNESUP, CGT FERC-SUP, Sud éducation, FO ESR, Solidaires étudiant-e-s, UNEF a été reçue par le Président de l’Université de Bourgogne, qui n’a pas pu nous donner de garanties sur la politique d’économie budgétaire qui devra être mise en place si la tendance aux coupures budgétaires successives dans l’ESR venait à perdurer, ce qui semble être la trajectoire adoptée par le gouvernement.
Par ailleurs, nous avons été reçus par le cabinet de la rectrice qui n’a pas non plus nous donner quelque garanti que ce soit ni réponse à nos demandes de refinancement du budget de l’ESR tandis que 80% (soit la quasi totalité) des Universités sont aujourd’hui en déficit budgétaire. Notre Université est en passe de faire monter cette donnée encore plus haut.
Quelque exemples à l’Université de Bourgogne qui illustrent les conséquences des carences budgétaires qui sont déjà à l’œuvre :
– Le secrétariat d’Histoire a vu se succéder 4 secrétaires de scolarité. Les secrétariats sont en sous effectifs, ce qui, fatalement, empêche de pérenniser les emplois car les conditions de travail sont détériorées – c’est une tendance globale. Nous avions dénoncé l’emploi illégal des étudiant-e-s qui étaient appelé pour effectuer le travail du secrétariat.
– Des filières, par manque de moyens, organisent les TD en « autonomie », les étudiant-e-s doivent ainsi étudier seul-e-s, faire des comptes-rendu de conférence, cela à lieu aussi en Master ! Audacieux pour une Université qui revendique sa présence dans le classement de Shangaï.
– La licence de philosophie, par manque de moyens, ne dispense pas la totalité de l’enseignement prévu dans les référentiels ministériels.
– Le système de réservation des salles est en tension permanente, l’université ne dispose pas d’assez de locaux, cela entraîne l’annulation de certains cours faute de salle.
– L’accueil handicape est peu développé (et le sera de moins en moins dans la conjoncture). Des étudiants « faute de moyens » voient leurs aménagements refusés faute de moyens. Par exemple, il est presque systématiquement refusé aux étudiant-e autiste une salle « calme » pour les partiels – aménagement préconisé par les médecins du service de santé étudiante.
Nous ne pouvons pas faire une liste exhaustive des dysfonctionnements ici…
En parallèle, la précarité étudiante n’a jamais été aussi grande : 76% des étudiant-e-s ont un reste à vivre de 3,33 euro chaque mois. En 2024, plus d’un tiers des étudiant-e-s déclarent sauter un repas souvent ou de temps en temps par manque d’argent (47% d’entre eux sont aussi salariés) d’après une enquête ifop.
L’éducation est un droit faisons le respecter, la précarité est un fléau, éradiquons la.
Nous ne pourrons le faire que par la pression sociale, en créant un rapport de force victorieux et une solidarité étudiante indéfectible.
Vous retrouverez en pièce jointe un tract d’appel à la manifestation avec des revendications étudiantes. En espérant vous voir nombreux-ses le 05 avril pour défendre les services publics et le pouvoir d’achat !
Solidaires étudiant-e-s Dijon