Le Conseil municipal s’est réuni le samedi 12 juillet 2025 en séance exceptionnelle à l’Hôtel de Ville, afin de prendre acte du rapport d’observations définitives de la Chambre régionale des comptes (CRC) Bourgogne-Franche-Comté, portant sur la gestion de la Ville de Dijon entre 2018 et 2024.
Si ce document de près de 180 pages dresse un tableau globalement positif de la situation financière de la Ville, il a néanmoins suscité de vifs débats dans les rangs de l’opposition municipale.
La majorité municipale persiste et signe : le rapport définitif de la CRC souligne que la Ville de Dijon présente une situation financière jugée « très satisfaisante » sur l’ensemble de la période 2018–2024. La Chambre y observe une gestion conforme aux principes de transparence, d’efficacité et de continuité du service public local.
Une situation financière saine et solide
Dans un contexte national marqué par les inquiétudes liées à l’endettement public, la Ville de Dijon se distingue. Elle a engagé une trajectoire de désendettement de plus de 60 M€ depuis 2018, doublé sa capacité d’autofinancement par rapport à la moyenne nationale et n’a pas eu recours à l’emprunt sur cette période. Cela la place aujourd’hui parmi les villes les moins endettées de France dans sa strate démographique.
La Ville a ainsi démontré qu’il est possible de maintenir l’effort social, culturel et associatif sans augmenter les impôts, tout en garantissant la pérennité financière de l’action municipale — y compris en période de crises sanitaire, énergétique et inflationniste.
Un aménagement urbain transformateur et assumé
Le rapport de la CRC souligne la cohérence de la stratégie d’aménagement menée par la Ville, qui a su transformer des friches industrielles, hospitalières ou militaires en quartiers vivants et durables.
Loin d’une urbanisation subie, l’aménagement du territoire dijonnais repose sur des choix volontaristes : favoriser la mixité, accompagner la transition écologique, anticiper les usages de demain. Ces opérations, deuxième poste d’investissement après la culture, ont permis de requalifier des espaces délaissés tout en répondant aux attentes croissantes des habitants en matière de cadre de vie, de végétalisation et de logement de qualité.
La Cité Internationale de la Gastronomie et du Vin : un pari tenu
Projet d’envergure à rayonnement national et international, la Cité Internationale de la Gastronomie et du Vin (CIGV) est saluée par la CRC pour la qualité de sa réalisation, son intégration urbaine et sa vocation culturelle. Malgré les aléas rencontrés (contentieux, crise sanitaire, contexte post-Covid, crise immobilière), la Ville a su maintenir le cap en concentrant son intervention sur les équipements publics et culturels, tout en confiant l’exploitation économique au secteur privé.
La CIGV a d’ores et déjà renforcé l’attractivité de Dijon, en particulier dans le cadre de la candidature victorieuse pour accueillir le siège de l’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin. L’évolution du site suit la temporalité naturelle d’un projet urbain d’une telle ampleur.
Le patrimoine et la culture comme leviers de rayonnement
La CRC souligne que la Ville de Dijon a placé la culture et le patrimoine au cœur de son action. La rénovation du Musée des Beaux-Arts, la valorisation du Palais des Ducs et de l’Hôtel Bouchu d’Esterno témoignent d’un investissement structurant dans les équipements culturels.
Les prochaines étapes, notamment les restaurations des églises Notre-Dame et Saint-Philibert, s’inscrivent dans cette dynamique visant à faire du patrimoine un levier d’attractivité et un cadre de vie intergénérationnel.
Une politique RH et associative engagée
Le rapport souligne également la maîtrise des effectifs, rendue possible par la mutualisation des services avec Dijon Métropole, ainsi qu’une gestion mesurée de la masse salariale malgré les impacts des décisions nationales.
La Ville regrette cependant que le rapport n’aborde pas davantage sa politique locale de ressources humaines, notamment en matière de formation, d’égalité professionnelle, d’accompagnement des carrières et de maintien dans l’emploi, pourtant reconnue par la double labellisation AFNOR (égalité et diversité).
Le soutien au tissu associatif reste fort (plus de 15 M€ annuels), avec une attention portée à l’équilibre entre rigueur de gestion, utilité sociale et vitalité démocratique.
Des recommandations constructives intégrées dans une démarche d’amélioration continue
À l’issue de son contrôle, la CRC formule huit recommandations portant sur des aspects techniques, budgétaires et organisationnels. Ces observations, qui ne remettent pas en cause la qualité globale de la gestion municipale, visent à renforcer la transparence de l’action publique, la fiabilité de l’information financière et la maîtrise des risques.
La Ville de Dijon a d’ores et déjà répondu concrètement à l’ensemble de ces recommandations. Des actions ont été engagées ou finalisées, notamment :
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L’enrichissement des documents budgétaires (rapports d’orientation, annexes) avec des données rétrospectives et prospectives sur les effectifs et les rémunérations ;
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La planification d’un recours élargi aux autorisations de programme et l’élaboration d’un plan pluriannuel d’investissement pour le prochain mandat ;
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La mise en place d’un dispositif structuré de contrôle interne et d’audit, avec une cartographie des risques en cours de déploiement et la création d’un poste dédié au sein de la direction mutualisée Ville–Métropole ;
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La régularisation formelle des conventions de gestion financière, notamment celle relative aux recettes perçues par l’Office de Tourisme à la CIGV ;
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L’harmonisation des conventions de subvention avec les associations, accompagnée d’un renforcement du suivi et des justificatifs des financements ;
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L’amélioration de l’ergonomie et de l’accessibilité des informations mises en ligne sur le site internet de la collectivité.
Ces mesures confirment l’engagement de la Ville de Dijon dans une démarche d’amélioration continue, fidèle aux principes de bonne gestion, de responsabilité et de transparence.
Une vision politique assumée, des interprétations divergentes
Le rapport de la CRC vient confirmer la cohérence globale de l’action municipale menée à Dijon entre 2018 et 2024. Une ville qui a investi massivement sans déséquilibrer ses comptes. Une ville qui a accompagné ses habitants sans renoncer à l’avenir. Une ville qui s’est transformée sans s’endetter.
Selon la majorité municipale, ces résultats sont le fruit d’un pilotage politique clair, d’une capacité d’adaptation face aux crises et d’une gouvernance transparente. Du côté de l’opposition, toutefois, la lecture du rapport diffère.

Axel Sibert : « Une gestion de façade et des choix politiques hasardeux »
Prenant la parole, Axel Sibert, élu de l’opposition, a fustigé un rapport qu’il juge révélateur de nombreuses dérives. « Le rapport de la CRC met en lumière des dysfonctionnements préoccupants et des choix politiques hasardeux qui fragilisent notre commune », a-t-il déclaré d’emblée, dénonçant une communication de la majorité « relevant de la méthode Coué ».
Il s’en est pris en particulier à la Cité internationale de la gastronomie et du vin (CIGV), qualifiant le projet de « sans stratégie, sans sens, et avec un coût toujours plus lourd pour les contribuables dijonnais ». Il souligne que la CRC ne fait que confirmer les critiques portées de longue date par l’opposition.
Autre point de friction majeur : la politique d’urbanisme. « Elle dégrade le cadre de vie des Dijonnais et fait courir un risque financier à la Ville », a-t-il martelé, en s’appuyant sur l’exemple du quartier des Jardins des Maraîchers, dont la participation d’équilibre aurait explosé de 243 %, passant de 3 à plus de 10 millions d’euros entre 2018 et 2023.
« Insincérité budgétaire » et investissements non tenus
Sur le plan budgétaire, Sibert n’a pas mâché ses mots : « La CRC souligne une sous-estimation systématique des recettes de fonctionnement — 7,7 millions d’euros en moyenne — et une surévaluation des dépenses d’investissement. C’est loin d’être anecdotique, c’est tout simplement de l’insincérité budgétaire. »
Il poursuit en pointant le taux d’exécution des investissements municipaux : « Seulement 51 % sur cinq ans. Cela signifie concrètement qu’un engagement budgétaire sur deux n’est pas tenu. » Pour lui, ces chiffres révèlent une stratégie du « coup de com’, des annonces, des coupés de rubans » sans lendemain.
Communication, dette et « fuite en avant »
L’élu d’opposition a également dénoncé une explosion des dépenses de communication : +44 % entre 2018 et 2023 selon le rapport, auxquels s’ajoutent « des frais divers en hausse de 207 % ». Une dérive qu’il relie directement à « une glorification permanente de la majorité municipale ».
Concernant la dette, Axel Sibert n’est pas moins virulent : « La gestion hasardeuse de la dette est mise en lumière par la CRC, avec 32 % de l’encours toujours classé à risque, notamment en raison d’emprunts toxiques hérités de l’époque Rebsamen. »
Il affirme que la réduction de la dette n’est pas le fruit d’une stratégie maîtrisée mais bien « une obligation », un « sauve-qui-peut avant la mise sous tutelle ». Selon le rapport, le surcoût de ces emprunts pour la Ville est estimé à 9,2 M€ entre 2018 et 2023, « soit l’équivalent du budget annuel alloué à la rénovation des écoles ».
Avenir bouché ?
Pour Axel Sibert, la marge de manœuvre budgétaire de Dijon est aujourd’hui quasi inexistante : « Tout nouvel emprunt alourdirait encore les charges financières, et avec l’essoufflement de la stratégie de consommation des excédents capitalisés, vous êtes bloqués jusqu’en 2032 », a-t-il asséné, s’appuyant sur la page 47 du rapport.
Quant à la relance de l’endettement annoncée dans le budget primitif 2025, il la qualifie de « non raisonnable » en l’absence de plan pluriannuel d’investissement.
« Enfumage permanent » et appel au changement en 2026
Dans un ton résolument politique, Axel Sibert a conclu son intervention par un appel aux électeurs : « C’est la stratégie de l’enfumage permanent, portée par une communication luxueuse, mais creuse. Les Dijonnais doivent comprendre que l’alternance sera nécessaire en 2026 pour corriger les dérives mises au jour par ce rapport. »

Bruno David : « Ce rapport est loin d’être à votre gloire »
Dès l’ouverture de son intervention, Bruno David a dénoncé une entorse à la procédure de communication du rapport. Il reproche à la majorité d’avoir transmis le contenu du document à la presse avant même sa présentation officielle au conseil municipal, contre l’avis explicite du président de la CRC dans un courrier du 27 juin 2025 : « Ce document revêt encore à ce stade un caractère confidentiel […] Il donnera lieu à débat. »
David pointe aussi la réponse de la Ville à la CRC, dans laquelle la majorité municipale aurait insinué des « biais méthodologiques et rédactionnels » dans le rapport. Une posture qu’il juge incohérente au regard de la communication de la Ville axée sur la transparence : « Passez-moi l’expression, mais c’est quand même gonflé. »
Des finances saluées… mais plombées par les emprunts du passé
Le conseiller Les Républicains reconnaît le travail des agents municipaux et la bonne tenue comptable, mais souligne que celle-ci est ternie par des charges financières alourdies par les emprunts toxiques contractés par le passé, qui représentent encore 32 % de la dette communale. « Merci les emprunts à risques, avec des effets multiplicateurs ou liés à l’inflation. »
Il rappelle que la CRC estime à 9,2 M€ le surcoût d’intérêts sur la période 2018–2023 comparé aux autres villes de taille équivalente, un montant qu’il met en perspective : « C’est l’équivalent du budget consacré cette année à la rénovation des écoles ! »
Une information jugée opaque et des dépenses qui explosent
David rejoint les constats de la CRC sur l’insuffisance d’information publique, l’absence de programmation pluriannuelle d’investissement, et la faible exécution des dépenses votées.
« La Chambre souligne que le niveau de fiscalité déjà élevé nécessitera une meilleure maîtrise des dépenses de fonctionnement. Pour l’instant, ce n’est pas le cas. »
Il note également que malgré les mutualisations opérées avec Dijon Métropole, les marges de manœuvre n’ont pas été dégagées, et les dépenses générales sont en forte hausse.
Subventions : des pratiques pointées du doigt
Un autre volet particulièrement critiqué par Bruno David concerne l’attribution des subventions aux associations. Il reprend à son compte les remarques sévères de la CRC : « La Chambre constate que certaines associations qui ne produisent pas de comptes continuent à percevoir des subventions. »
Il cite notamment Zutique Productions et l’AS Fontaine d’Ouche, qui aurait touché 50 895 € en 2022 sans transmission de documents justificatifs. « Pas un mot dans la réponse de la Ville sur le club de foot. Que devons-nous en conclure ? »
Il en profite pour saluer la décision du District de Côte-d’Or de la FFF d’exclure pour la saison 2025–2026 les équipes seniors du FC Grésilles et de l’AS Fontaine d’Ouche, une décision qu’il qualifie de « courageuse ».
CIGV : des chiffres en décalage avec la réalité du terrain
S’agissant de la Cité internationale de la gastronomie et du vin (CIGV), Bruno David illustre le décalage entre communication et réalité en reprenant un passage de la réponse municipale au rapport : « Vous admettez vous-même que le comptage des visiteurs n’est pas fiable, mais vous préférez invoquer la “qualité qu’apporte l’ouverture du site sur la Ville” pour justifier l’absence de chiffres précis. »
Patrimoine en souffrance
Enfin, il alerte sur l’état du patrimoine communal, dont seulement 16 monuments sur 32 sont jugés en bon état par la CRC. Il appelle à des chantiers d’urgence pour Saint-Philibert, Notre-Dame, ou encore le Parc de la Colombière, citant l’entrée et le « temple d’amour » comme exemples d’ouvrages en mauvais état.
Il ironise sur la propriété du Palais des ducs, que la base Mérimée attribue au département en plus de la Ville : « Amusant, mais révélateur du manque de clarté. »
Conclusion : « Un rapport en trompe-l’œil »
Pour Bruno David, malgré les apparences, les résultats de la municipalité sont « en trompe-l’œil ». « Si certains indicateurs semblent performants, dès que l’on creuse un peu, les chiffres trahissent la faillite de votre politique. »
Il appelle à un changement de cap dès les élections municipales de 2026 : « Les Dijonnais sont invités à changer ces orientations. »

Emmanuel Bichot (Agir pour Dijon) : « Une gestion qui manque de clarté et d’anticipation »
Lors du Conseil municipal exceptionnel du 12 juillet, Emmanuel Bichot, président du groupe Agir pour Dijon, a salué l’ampleur du travail de la Chambre régionale des comptes tout en mettant en lumière de nombreuses critiques sur la gouvernance de la Ville. « Ce rapport de 180 pages, rapport et annexes compris, couvre de nombreux sujets, et nous donne un éclairage précieux sur les comptes et la gestion de la commune. Mais il n’est pas exhaustif. La matière est particulièrement riche. »
Un retard d’investissement masqué par des excédents
S’il reconnaît une situation financière « globalement satisfaisante », Emmanuel Bichot estime que ces bons chiffres masquent un retard d’investissement inquiétant et une pression fiscale forte : « Chaque année, nous observons des excédents budgétaires, mais sans visibilité sur une vraie programmation des investissements. »
La CRC confirme d’ailleurs un taux d’exécution des dépenses d’investissement de seulement 51 % sur la période. Le groupe Agir pour Dijon pointe également un taux de taxe foncière élevé, classant Dijon au 5e rang des 14 communes françaises de taille comparable.
Une communication budgétaire jugée lacunaire
Selon Emmanuel Bichot, les documents budgétaires manquent de lisibilité, la prévision des recettes de fonctionnement étant « sous-estimée au-delà des pratiques habituelles » dans le secteur local. Il rappelle l’absence persistante d’un plan pluriannuel d’investissement et d’un usage élargi des autorisations de programme. « Le tableau des effectifs n’est toujours pas fiable. Les documents budgétaires sont incomplets. »
Il cite également la provision de 6,7 M€ que la Chambre recommande de constituer pour le terrain amianté de l’ex-site Amora, et s’interroge sur le manque d’informations concernant la suspension des travaux du Grand Théâtre.
CIGV : un fil rouge critique dans le rapport
Emmanuel Bichot insiste particulièrement sur la Cité internationale de la gastronomie et du vin (CIGV), qui occupe une large place dans le rapport de la CRC.
« La Chambre critique le montage juridique et financier, et rappelle les deux décisions de justice que j’ai obtenues requalifiant le projet en concession d’aménagement. »
Il précise que la légalité du contrat n’a jamais pu être examinée par la justice car la Ville aurait refusé de transmettre la version signée. Selon lui, les résultats sont préoccupants :
- 25,75 M€ d’investissement public de la Ville ;
- recettes du pôle public très inférieures aux prévisions ;
- coût de fonctionnement net entre 2 M€ et 3 M€ par an.
Il note aussi que les cessions d’Eiffage sur le site s’élèvent à 30 M€, soit 5,8 M€ de plus que prévu initialement, avec une surface de plancher augmentée de 25 %. « La commune a accordé d’importantes facilités au titulaire du permis d’aménager. »
Subventions : manque de contrôle et d’objectivité
Autre sujet de préoccupation : les subventions versées aux associations, pour lesquelles la CRC souligne un suivi insuffisant et des critères opaques. « Certaines associations perçoivent des aides sans produire ni comptes, ni rapports d’activité. »
Parmi les exemples mentionnés dans le rapport, Emmaneul Bichot cite Zutique Productions et l’AS Fontaine d’Ouche. Il évoque aussi des interrogations autour des subventions versées à des associations liées à un boxeur local. « Les conventions sont aléatoires, même au-delà de 23 000 €. Les alertes des services ne sont pas toujours prises en compte. Il faut une gestion plus rigoureuse. »
Ressources humaines : un angle mort du rapport
Bichot regrette que la CRC n’ait pas approfondi les risques psychosociaux, le management et le dialogue social, préférant se limiter à des aspects réglementaires (recrutement des contractuels, régime indemnitaire). Il revient aussi sur les notes de frais de l’ancien maire, récemment révélées dans la presse : « Plus de 2 000 € par mois en moyenne sur cinq ans. Quelles mesures comptez-vous prendre pour l’avenir et pour le passé ? »
Un patrimoine dégradé et sous-estimé
Enfin, le conseiller revient sur le patrimoine communal, rappelant que seuls 16 des 32 monuments sont en bon état, selon la CRC. Il s’étonne aussi des premières estimations annoncées par la Ville : « 40 M€ pour Notre-Dame, 6 M€ pour Saint-Philibert… ce ne sont sans doute que des débuts. »
Conclusion : des constats à transformer en action
Emmanuel Bichot conclut en appelant à une réponse sérieuse de la municipalité aux constats de la Chambre, notamment en matière de planification, de gouvernance financière, de transparence et de rigueur dans l’attribution des subventions : « Ces critiques rejoignent celles que nous exprimons depuis des années. Il est temps d’en tirer toutes les conséquences. »