Malgré quelques épisodes pluvieux et orageux ces derniers jours, la situation hydrologique en Côte-d’Or demeure préoccupante. Plusieurs cours d’eau du département, dont la Seine, l’Ource, la Tille ou encore l’Arroux, connaissent des assecs sur plusieurs kilomètres. L’alimentation en eau potable était sous tension dans certaines communes, ce qui avait poussé les autorités à renforcer les mesures de restriction depuis le jeudi 28 août.
Une situation hydrologique critique
Depuis le mois de juillet, la sécheresse s’accentue. La vague de chaleur du 11 au 18 août, couplée à l’absence de précipitations significatives, a accéléré l’assèchement de nombreux cours d’eau. Les relevés effectués par l’Office français de la biodiversité (OFB), les syndicats de rivières et la fédération départementale de pêche confirment une dégradation rapide des écoulements. Les réseaux interconnectés d’eau potable sont sollicités au maximum et, dans certaines communes, des puits de secours ou des citernes ont été nécessaires pour maintenir l’approvisionnement.
12 zones en alerte renforcée, 2 en alerte
Face à cette aggravation, le préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté et préfet de la Côte-d’Or, Paul Mourier, a signé un arrêté préfectoral qui classe l’ensemble du département en alerte renforcée, à l’exception des secteurs de l’Ouche amont et de la Dheune, qui demeurent en alerte simple.
La répartition est la suivante :
- 12 zones en alerte renforcée : Saône moyenne, Tille amont, Vingeanne, Bèze-Albane, Tille aval, Vouge-Biètre-Cent Fonts, Bouzaise, Ouche aval, Serein, Armançon, Châtillonnais, Arroux.
- 2 zones en alerte : Ouche amont et Dheune.
Cette classification entraîne un durcissement des restrictions d’usages de l’eau pour les particuliers, collectivités, agriculteurs et activités économiques.
Les mesures de restriction
Les mesures varient selon le niveau d’alerte :
🔶 En alerte renforcée :
- Les prélèvements d’eau sont fortement limités.
- Certaines activités (arrosage, remplissage de piscines, lavage de véhicules, etc.) sont soumises à interdiction ou restriction horaire.
- L’irrigation agricole ne reste possible que sous conditions strictes, sauf si l’eau provient de réserves de pluie.
🟡 En alerte simple :
- Des restrictions s’appliquent également mais de manière moins contraignante.
- L’objectif est d’éviter le passage au niveau « crise », qui impliquerait l’arrêt quasi-total des usages non prioritaires.
Le respect du débit minimum biologique
Un rappel particulier est adressé aux propriétaires d’ouvrages de prélèvement d’eau (moulins, biefs, prises d’eau). Ceux-ci doivent respecter le débit minimum biologique (DMB), essentiel à la survie de la faune et de la flore aquatique ainsi qu’au maintien des zones humides.
Des contrôles renforcés
Afin de garantir l’équité entre tous les usagers, l’OFB procède à des contrôles réguliers. Le procureur de la République de Dijon a rappelé que la préservation de l’eau est une priorité pénale. Le non-respect des arrêtés préfectoraux constitue une contravention de 5ᵉ classe, passible d’une amende pouvant aller jusqu’à 1 500 €, voire de peines complémentaires comme la confiscation du matériel utilisé.
Un appel à la responsabilité collective
Les autorités encouragent chacun à adopter des écogestes pour économiser l’eau : réduire les arrosages, privilégier les douches courtes, utiliser des dispositifs économes. Le site gouvernemental VigiEau permet à tous les citoyens de suivre en temps réel les restrictions en vigueur dans leur commune et de s’informer sur les bonnes pratiques à adopter.
