Réunies vendredi matin au siège de la CFDT, les huit principales confédérations syndicales françaises (UNSA, CFDT, CGT, FO, CGC, CFTC, Solidaires, FSU) ont convenu d’une mobilisation unitaire le 18 septembre prochain, « y compris par la grève et la manifestation », pour protester contre le projet de budget du gouvernement Bayrou. Une décision qui masque toutefois des fractures profondes au sein du mouvement syndical, notamment autour de la journée d’action prévue le 10 septembre et portée par l’appel « Bloquons tout ».
Une intersyndicale prudente
Si les huit organisations sont parvenues à afficher un front commun pour le 18 septembre, elles ont choisi de ne pas se prononcer sur la mobilisation du 10 septembre. « Nous voulons inscrire notre action dans le temps long », a sobrement expliqué un participant à la rencontre, soulignant la volonté de ne pas se laisser entraîner par un calendrier imposé par d’autres.
CGT et Solidaires en première ligne pour le 10 septembre
Cette prudence tranche avec la ligne de la CGT et de l’Union syndicale Solidaires, qui avaient, dès mercredi 27 août, apporté leur soutien au mouvement du 10 septembre. Pour elles, la journée « Bloquons tout » représente « une première étape » et « l’expression d’une colère sociale multiforme et grandissante face aux annonces budgétaires du gouvernement Bayrou ».
Cependant, les directions nationales de ces deux syndicats n’ont pas souhaité relayer officiellement l’appel du 10 septembre lors de la rencontre intersyndicale. Une décision qui a provoqué de vives réactions dans leurs propres rangs.
Colère des structures locales
Certaines unions départementales, notamment chez Solidaires, dénoncent un manque de cohérence. L’Union Syndicale Solidaires 21 (Côte-d’Or), première à soutenir la mobilisation du 10 septembre, s’est exprimée avec virulence sur les réseaux sociaux : « L’intersyndicale la moins stratégique du monde (ou la plus idiote) décide donc d’une date de mobilisation « y compris par la grève », démontrant toute sa molesse et son attachement aux mobilisations saute-moutons. »
Le communiqué local poursuit : « Nous ne comprenons pas comment notre Union Syndicale Solidaires, qui appelle à la grève le 10 septembre, a pu apposer sa signature sur ce texte. Face à cette situation, nous publierons dans les prochains jours un communiqué national. En attendant, nous appelons à se mobiliser massivement le 10 septembre. Bloquons tout ! »
Une tension croissante dans les syndicats
Les divergences internes nourrissent un climat de crispation. « Les décisions collectivement prises n’ont pas été respectées », dénoncent certains militants, pointant un fossé de plus en plus marqué entre les bases syndicales et leurs directions nationales.
L’issue des prochains jours demeure incertaine. Une rencontre intersyndicale départementale est prévue lundi à Dijon et pourrait, peut-être, aboutir à un appel à manifester le 10 septembre dans la ville et sa métropole. Une chose est sûre : à l’approche d’une rentrée sociale qui s’annonce mouvementée, la tension est palpable au sein de plusieurs organisations syndicales.
Affaire à suivre…