Malgré l’appel pressant lancé ce matin sur France Inter par la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, invitant les citoyens à « se réveiller » face à ce qu’elle a qualifié d’opération « d’anesthésie générale » menée par le gouvernement autour du budget, la mobilisation dijonnaise n’a pas pris l’ampleur espérée. Alors qu’elle appelait à participer « en masse » aux manifestations, seulement 340 personnes ont défilé cet après-midi à Dijon, selon les services de police. La CGT Côte-d’Or avance de son côté le chiffre de 500 participants.
« Merci d’être là aujourd’hui » : la CGT dénonce un budget d’austérité
Avant le départ du cortège, le représentant de la CGT a ouvert la prise de parole en dénonçant ce qu’il a appelé « le budget d’austérité du gouvernement », estimant qu’il imposait « une triple peine » aux salarié·es, aux jeunes et aux retraité·es, entre « gel des salaires dans la fonction publique », « blocage des pensions des retraites » et « hausse des franchises médicales, coupes dans les services publics » avec, selon lui, la suppression de « 3 000 postes notamment dans l’éducation nationale, à France Travail, aux Finances publiques, dans les organismes de sécurité sociale ».
Revenant sur la stagnation salariale, il a rappelé que « le gel du point d’indice a fait perdre plus de 23 % de pouvoir d’achat en 20 ans » et que dans le privé, les NAO « ne compensent pas l’inflation ». Il a cité la récente mobilisation chez Essilor à Dijon, où les travailleurs ont cessé le travail pour exiger « une plus juste répartition des richesses », avant d’insister : « Les travailleurs et travailleuses produisent toujours plus de richesses… mais n’arrivent pas à vivre de leur travail. » Pour lui, « ce n’est pas un problème d’argent, c’est un problème de partage » et « notre travail crée les richesses : on veut notre part. Nous voulons notre part !! ».

Développant le thème du « coût du capital qui explose », il a dénoncé les « 211 milliards d’euros d’aides publiques » accordés chaque année aux entreprises « sans contrôle ni contrepartie », pointant des dividendes en hausse de « +50 % en cinq ans ». Il a évoqué les fermetures industrielles en Côte-d’Or : Valti Montbard, PPG Genlis, Tetra Pak Longvic et la vente de JTEKT, entreprises qui auraient, selon lui, bénéficié de « millions d’euros d’aides publiques ». « Qu’ils rendent l’argent et laissent les emplois en Côte-d’Or !!! », a-t-il lancé. Le syndicaliste a poursuivi sur les inégalités croissantes, assurant que « les 500 familles les plus riches possèdent 40 % du revenu national » et que durant « les 10 ans de Macronie, les riches n’ont jamais été aussi riches ».
Il a défendu les revendications de la CGT : « Augmentation des salaires », « SMIC à 2 000 € brut », « égalité salariale entre les femmes et les hommes », et conditionnement strict des aides publiques. Critiquant la hausse des dépenses militaires, il a déclaré : « Nous on veut des milliards pour les écoles et les hôpitaux, pas pour les porte-avions. » Pour conclure, il a cité Karl Marx — « Le travail est la source de toute richesse… » — et appelé à poursuivre la mobilisation pour une autre répartition des richesses : « On ne lâche rien. Tout est à nous, rien à eux. »
La FSU dénonce un budget « choquant » et alerte sur l’état des services publics
Fabian Clément, co-secrétaire FSU Côte-d’Or, a également pris la parole, remerciant la CGT pour le prêt du micro : « Voilà, il est important dans cette période de se mobiliser, cette période où normalement le Parlement doit débattre et décider d’un budget, et là on est dans des circonstances très difficiles à comprendre et assez choquantes. »
Il a rappelé, selon lui, la contradiction entre la richesse du pays et la progression de la pauvreté : « Notre pays est un pays riche, nous sommes membres du G9… les millionnaires, les milliardaires n’ont jamais été aussi riches qu’à présent […] les inégalités se creusent, le taux de pauvreté dans notre pays n’a jamais été aussi haut. »
Pour la FSU, les priorités budgétaires doivent aller aux services publics : « Comment un pays moderne peut-il tenir s’il n’y a pas des hôpitaux, s’il n’y a pas un service de santé, s’il n’y a pas une éducation nationale ? Or […] les hôpitaux sont au bord de la bascule, le système éducatif […] est au bord de la bascule également. »

Il a critiqué la montée des dispositifs militaires dans les établissements scolaires et la distribution d’un livret sponsorisé par des entreprises de défense : « Il y a un livret qui est distribué aux élèves, sponsorisé par Safran, Dassault… C’est au mépris des règles déontologiques. »
Enfin, la FSU appelle déjà à une mobilisation élargie début 2026 : « Dès janvier 2026 vont démarrer les opérations de préparation de la rentrée scolaire. […] Il est hors de question de laisser les choses aller leur train. […] Plus les temps sont durs, plus nous serons déterminés. »
Une faible mobilisation, mais un rappel politique clair
Si la manifestation dijonnaise n’a pas rencontré le succès espéré, elle aura eu le mérite, selon les organisateurs, de rappeler que le projet de budget est désormais sous la surveillance attentive des organisations syndicales, déterminées à poursuivre la mobilisation dans les semaines à venir.





















