Nathalie Koenders, maire de Dijon, inaugurait officiellement « La Majorelle », la toute nouvelle maison des services au public du quartier Arsenal. À ses côtés devait se trouver François Rebsamen, président de Dijon métropole et ancien ministre. Devait… car l’élu est arrivé avec quelques minutes de retard. Et pour cause : les embouteillages dijonnais — oui, ils existent ! — ont eu raison de sa ponctualité.
« Il faut prendre le tram ! » : la réplique qui fait boum
En rejoignant la cérémonie, François Rebsamen s’est immédiatement expliqué, devant un public amusé : « Mesdames et Messieurs, bonsoir, excusez mon léger retard dû, comme je l’ai dit, à quelques embouteillages. Finalement, la métropole de Dijon, c’est une ville où il y a peu d’embouteillages quand même, il faut dire la vérité. Mais à 17h45, il y a des embouteillages. »
À peine ces mots prononcés, une habitante — visiblement plus adepte du tramway que de la voiture — lui lance avec aplomb : « Il faut prendre le tram ! »
Réaction immédiate du président de la Métropole, grand prince : « Il faut prendre le tram, c’est mieux. Et vous avez raison. » La salle rit : l’inauguration de « La Majorelle » venait de trouver sa séquence culte.
Rebsamen se justifie : « Il y a plus de 100 000 emplois »
Pour expliquer ces embouteillages, François Rebsamen se lance dans un exposé économique digne d’un oral de concours : « Et pourquoi il y a des embouteillages ? Tout simplement parce que dans cette métropole, il y a aujourd’hui plus de 100 000 emplois. Plus de 100 000 emplois. Il faut mesurer ce que ça veut dire. »
Il détaille ensuite l’attractivité du territoire : « Les gens viennent souvent de 40, 50 kilomètres pour travailler ici, que ce soit à Valmy, au CHU, au Centre-Georges-François-Leclerc… Il y a beaucoup de salariés dans le pôle hospitalier, près de 10 000. Heureusement qu’il y a le tram effectivement pour desservir. Quand on est malade, des fois on ne peut pas prendre le tram. Donc il y a aussi la place pour la voiture. » Bref : si François Rebsamen est en retard, c’est parce que Dijon est trop dynamique. On n’y avait pas pensé.
Moralité : chauffeur ou pas, les bouchons ne pardonnent pas
Cette petite mésaventure rappelle une vérité universelle : avoir une voiture avec chauffeur n’empêche pas d’être bloqué quand ça bouchonne. Et ce mercredi soir, « ça bouchonnait ». D’ailleurs, le fidèle garde du corps de François Rebsamen, Ciarrochi Bruno, était évidemment présent. Une présence rassurante, mais qui n’a manifestement pas le pouvoir d’ouvrir les voies comme Moïse.
La fameuse habitante, elle, a montré la voie : le tram. Reste une dernière interrogation, la plus cruciale, celle qui fait vibrer Dijon : Si François Rebsamen prend enfin le tramway… qui paiera le ticket de son garde du corps, Ciarrochi Bruno ? On attend la réponse avec autant d’impatience que l’ouverture de « La Majorelle ».
