Réunie en assemblée générale annuelle le mercredi 19 novembre, l’association EVAD – Ensemble à vélo a dressé le bilan d’une année marquée par une forte mobilisation et une croissance significative de ses effectifs. Cette rencontre a surtout mis en lumière les interrogations stratégiques qui traversent aujourd’hui le collectif, alors que les enjeux liés aux mobilités actives s’intensifient à l’approche des prochaines élections municipales.
Une association en pleine expansion
En un an, EVAD a enregistré une hausse de plus de 60 % de son nombre d’adhérent·es. Une progression notable que l’association explique avant tout par son objet même : la défense et la promotion du vélo et des mobilités actives dans la métropole dijonnaise.
Pour de nombreux membres, cette croissance traduit un malaise grandissant face à ce qu’ils perçoivent comme un manque de volonté politique sur ces questions. « Plus les années passent, plus il est difficile de comprendre l’absence de portage politique du sujet vélo », a-t-il été souligné lors de l’assemblée générale.
Certaines initiatives locales ont toutefois été saluées, à l’image de l’expérimentation de la “zone 30” dans le sud du quartier Montchapet. La généralisation des priorités à droite et des doubles sens cyclables y est perçue comme un progrès en matière de sécurité et de fluidité des déplacements à vélo. Mais pour EVAD, ces avancées restent insuffisantes et tardives. « Expérimenter en 2025 des aménagements qui devraient être des standards depuis des années apparaît anachronique », estiment plusieurs membres.
Dialogue ou rapport de force ?
Si l’équipe sortante du conseil d’administration a été reconduite à l’unanimité pour les personnes souhaitant poursuivre leur engagement, deux questions majeures ont animé les débats. La première concerne l’organisation interne : comment accompagner la croissance de l’association et permettre à chaque adhérent·e de s’impliquer selon ses envies et ses disponibilités ?
La seconde, plus politique, touche à la stratégie d’action d’EVAD. Faut-il continuer à privilégier le dialogue avec les collectivités locales, alors que, selon l’association, de nombreuses revendications restent sans réponse concrète ?
Cette interrogation a pris une dimension particulière à la suite d’un nouvel accident survenu récemment avenue Jean Jaurès, impliquant une personne à pied et une trottinette électrique sur un trottoir pourtant signalé comme itinéraire pour les cyclistes et les engins de déplacement personnel motorisés. EVAD alerte depuis plusieurs années sur la dangerosité de cet axe, qu’elle considère comme emblématique d’une « inaction coupable » des pouvoirs publics.
Face à ce constat, plusieurs pistes sont désormais envisagées : un recours plus fréquent aux actions juridiques, certains aménagements étant jugés non conformes à la réglementation, ou un durcissement des actions de terrain pour rappeler que les usager·es des mobilités actives ne doivent pas être considérés comme des citoyen·nes de seconde zone.
Cap sur les municipales
Ces choix stratégiques structureront les travaux de l’association dans les mois à venir et devraient s’exprimer pleinement à l’occasion des prochaines élections municipales. EVAD entend faire de la place du vélo et des mobilités actives un thème central du débat local, avec l’ambition que les sept prochaines années marquent enfin une véritable transformation cyclable de la métropole dijonnaise.
À l’issue de l’assemblée générale, le nouveau conseil d’administration a été constitué autour de Sylvain Nocquard (président), Maël Szabelski (vice-président), Clément Deloison (secrétaire), Hélène Montaldi (secrétaire adjointe), Douglas Fry (trésorier), ainsi que Pierre Nguyen Trong, Marielle Gaertner, Francis Léger et Yves Pronnier.
F. Bauduin
