Ce lundi 5 janvier 2025, une délégation institutionnelle s’est rendue au collège Champollion, puis au lycée Eiffel, afin de rencontrer les équipes éducatives et les élèves, à l’occasion de la rentrée scolaire organisée après l’incendie criminel survenu dans la nuit du 12 au 13 décembre 2025. Étaient présents Paul Mourier, préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté, la rectrice Mathilde Gollety, la vice-présidente du Conseil départemental Catherine Louis, le directeur académique des services de l’Éducation nationale, ainsi que la députée de la 1ʳᵉ circonscription de la Côte-d’Or, Océane Godard.
Une rentrée assurée malgré le choc
L’incendie avait gravement endommagé un des bâtiments du collège Champollion, situé dans le quartier des Grésilles. En un temps record, les travaux de sécurisation, l’adaptation de certains locaux et l’installation de bâtiments modulaires ont permis d’assurer la reprise des cours, conformément aux engagements pris mi-décembre par les autorités.
« Il faut continuer à travailler grâce à la solidarité républicaine qui s’est exprimée dès le 13 décembre, et poursuivre surtout l’engagement pris pour que, dès cette rentrée scolaire, les 491 élèves du collège Champollion puissent bénéficier de la reprise des enseignements », a déclaré la rectrice Mathilde Gollety. Treize classes ont ainsi repris cours dans le bâtiment resté intact, deux classes de sixième ont été installées dans des bâtiments modulaires, et quatre classes de troisième sont désormais accueillies au lycée Eiffel, grâce au concours du Conseil régional. « Je tiens vraiment à saluer cette solidarité qui a pu s’illustrer face à ce drame absolument bouleversant pour le collège », a-t-elle ajouté.
Une communauté éducative encore marquée
Interrogée sur l’état d’esprit des équipes et des élèves, la rectrice a reconnu que « l’émotion est encore très présente. On ne se remet pas d’un drame comme celui vécu à Champollion en quinze jours. Malgré les cellules d’écoute mises en place et les solutions rapides apportées, il faudra accepter que la communauté éducative se relève petit à petit. Nous sommes tous présents pour continuer à assurer notre soutien, aux côtés de la direction du collège. »
« La République est là, elle est debout »
Pour le préfet Paul Mourier, cette visite revêtait une portée symbolique forte : « On s’en est pris à un symbole de la République, l’Éducation nationale. Après l’attaque d’une médiathèque il y a quelques mois, ce sont la culture et l’éducation qui ont été visées. Le résultat, c’est que la République est là, elle est debout et elle ressort encore plus forte. »
Il a salué l’engagement conjoint de l’État, du Conseil régional, du Conseil départemental et de la Dijon, soulignant la nécessité de rester vigilants dans un quartier confronté au narcotrafic. « Nous continuerons à lutter contre les trafiquants, mais aussi contre les consommateurs, pour que ce quartier retrouve durablement la tranquillité et la sérénité dont les familles et les enfants ont besoin. »
Une mobilisation collective des collectivités
La vice-présidente du Conseil départemental, Catherine Louis, a rappelé que « le département a été mobilisé dès le lendemain de l’incendie. La décision a été prise immédiatement pour que la rentrée du 5 janvier se fasse dans les meilleures conditions possibles, avec l’installation de bâtiments modulaires et le nettoyage du bâtiment incendié. » Elle a également insisté sur l’effort financier consenti pour remplacer le matériel pédagogique détruit : « Les enseignants disposeront prochainement de tout le matériel nécessaire pour retravailler avec leurs élèves comme avant le 13 décembre. »
Continuité pédagogique et résilience
De son côté, la députée Océane Godard a souligné l’importance du double volet répressif et préventif dans la lutte contre le narcotrafic, rappelant l’entrée en application de la loi votée en juin dernier. Elle a également salué l’engagement de la Région pour l’accueil d’élèves au lycée Eiffel : « Il y a une nécessité impérieuse de solidarité et de concorde entre l’État, les collectivités et l’Éducation nationale, pour écouter, accompagner le traumatisme et assurer la continuité des enseignements. »
Enquête en cours
Questionné sur l’avancée de l’enquête concernant l’incendie, le préfet est resté prudent : « Le principe d’une enquête, c’est de ne pas en parler. Pas d’autres commentaires. »
Au-delà de la reprise des cours, cette visite officielle a voulu porter un message clair : face à l’épreuve, la communauté éducative n’est pas seule, et la République entend accompagner durablement le collège Champollion et l’ensemble du quartier des Grésilles.








