Les organisations agricoles passent à l’action. Ce lundi 5 janvier, la FNSEA, accompagnée des structures locales FDSEA et Jeunes Agriculteurs de Côte-d’Or (JA 21), a lancé une série d’actions coup de poing sur les axes autoroutiers du département. Objectif affiché : dénoncer ce qu’elles considèrent comme l’inaction persistante des pouvoirs publics face à la crise agricole.
Dès ce matin, les manifestants ont bloqué l’entrée du péage de Pouilly. D’autres blocages sont annoncés pour ce mardi 6 janvier, à partir de 12 heures à Beaune Sud, puis à 15 heures à Til-Châtel. Selon l’évolution des discussions avec le gouvernement, le mouvement pourrait encore s’amplifier dans les prochains jours.
Cette mobilisation intervient à la veille d’une rencontre jugée décisive entre la FNSEA et Sébastien Lecornu, prévue mardi. Le syndicat estime que les récentes déclarations gouvernementales sont « insuffisantes », dans un contexte particulièrement tendu : discussions qui piétinent sur la Politique agricole commune (PAC), entrée en vigueur du mécanisme carbone aux frontières (MACF), et menace d’une signature imminente de l’accord commercial avec le Mercosur.
« Trop de normes, pas assez de vision »
Dans leur communiqué, les responsables agricoles dressent un constat sévère. Aléas sanitaires, climatiques et géopolitiques s’accumulent, tandis que les contraintes réglementaires se multiplient. « Surtout, nous subissons une concurrence de produits importés qui ne respectent pas nos normes », dénoncent-ils. Une situation jugée intenable pour des exploitations déjà fragilisées par la baisse des revenus et l’absence de perspectives claires.
« Depuis deux ans, nous alertons sans relâche : l’agriculture française et européenne avance sans cap, sans vision. Les discours se succèdent, mais la réalité reste inchangée », martèlent les organisations, qui estiment que cette absence de stratégie met en péril la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations agricoles.
Des revendications claires
Face à ce qu’ils qualifient d’« impasse mortifère », les syndicats agricoles réclament un changement radical de cap. Parmi leurs principales demandes figurent le rejet définitif de l’accord Mercosur, l’interdiction d’importer des produits ne respectant pas les normes européennes, le maintien du budget de la PAC en intégrant l’inflation, ou encore la suspension du mécanisme carbone MACF.
Ils exigent également la publication rapide des décrets d’application des lois en faveur de la souveraineté alimentaire, la suppression du quota annuel de prélèvements de loups, un plan national pour un accès équitable à l’eau, l’indemnisation des éleveurs pénalisés par certaines contraintes administratives, l’abrogation de plusieurs plans environnementaux jugés trop contraignants, et le lancement de véritables « plans et contrats d’avenir » pour adapter l’agriculture française au changement climatique.
« Sans revenu, il n’y a pas de production. Sans production, il n’y a pas d’avenir », résument les organisateurs, qui concluent par un mot d’ordre sans équivoque : « Il est temps de passer des paroles aux actes. »
