Alors que le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 s’annonce comme l’un des plus contraignants de ces dernières décennies, les médecins libéraux de Bourgogne-Franche-Comté appellent à une mobilisation massive le 5 janvier. En jeu : l’accès aux soins de proximité et la qualité du système de santé français.
Une dégradation silencieuse mais réelle de la santé des Français
Depuis plusieurs années, les indicateurs de santé virent au rouge. L’espérance de vie en bonne santé recule depuis 2021, tandis que la mortalité infantile augmente continuellement depuis quinze ans. Pour les médecins libéraux, ces chiffres ne sont pas une fatalité mais la conséquence directe de choix politiques successifs privilégiant une approche strictement comptable de la santé.
Longtemps, les gouvernements ont procédé à des réductions progressives des budgets. Aujourd’hui, avec le PLFSS 2026, le monde médical parle d’un changement d’échelle : ce n’est plus un rabotage, mais une coupe franche dans les moyens alloués aux soins.
Trois mesures qui inquiètent directement les patients
Derrière la technicité budgétaire, les médecins souhaitent alerter les citoyens sur des mesures concrètes qui impacteront leur quotidien.
La première concerne le pouvoir accru de l’Assurance Maladie, qui pourrait décider seule de baisser le remboursement de certains actes ou examens. Une telle décision fragiliserait les cabinets de proximité et créerait une incertitude financière pour les patients comme pour les soignants.
La seconde touche au cœur même de la relation médecin-patient. Le plafonnement automatique des arrêts de travail, fondé sur des statistiques, remet en cause l’indépendance médicale. Pour les praticiens, remplacer le diagnostic clinique par un algorithme constitue une rupture grave de confiance.
Enfin, le dispositif « France Santé », encore flou et imposé sans concertation locale, fait craindre un démantèlement des organisations territoriales existantes, pourtant essentielles pour gérer les urgences et coordonner les soins.
Un système de soins sous tension extrême
Cette mobilisation intervient dans un contexte déjà critique. Les hôpitaux publics traversent une crise profonde, près de la moitié des cliniques privées sont déficitaires, et les cabinets libéraux subissent à leur tour des retards de paiement et des tarifs qui ne couvrent plus leurs charges réelles : loyers, assurances, matériel médical, salaires du personnel.
Pour les médecins, le risque est clair : si les cabinets ferment ou réduisent leur activité, ce sont des milliers de patients qui verront leur accès aux soins se dégrader, notamment en zones rurales et semi-urbaines.
Une mobilisation pour défendre un bien commun
« La santé des Français ne peut plus être la variable d’ajustement de l’instabilité politique », rappellent les représentants des médecins libéraux. Le 5 janvier, ils appellent citoyens et patients à comprendre que ce combat dépasse leurs conditions de travail : il concerne un système de santé financé collectivement, par les cotisations de tous.
À travers cette mobilisation, les médecins libéraux de Bourgogne-Franche-Comté défendent un modèle fondé sur la proximité, la qualité des soins et la liberté de choix du patient. Un message clair : la santé n’est pas une ligne budgétaire, mais un pilier essentiel de la cohésion sociale.
