L’excès de vitesse d’au moins 50 km/h au-dessus de la vitesse maximale autorisée est désormais considéré comme un comportement particulièrement dangereux sur les routes de France. En cause : des risques majeurs pour la sécurité des usagers. Une vitesse excessive réduit significativement le temps de réaction du conducteur, allonge la distance de freinage, diminue le contrôle du véhicule et accroît considérablement la violence des chocs en cas de collision.
Les chiffres récents confirment l’ampleur du phénomène. Selon la dernière édition du bilan des infractions routières, 63 217 excès de vitesse supérieurs ou égaux à 50 km/h ont été relevés en 2024. Un chiffre en forte hausse, +69 % par rapport à 2017, qui illustre une recrudescence inquiétante de ces comportements à haut risque.
Jusqu’à présent, le grand excès de vitesse était sanctionné par une contravention de 5ᵉ classe. Il ne devenait un délit qu’en cas de récidive. Un dispositif jugé insuffisant au regard de la gravité des faits et de leur multiplication. Face à ce constat, les pouvoirs publics ont décidé de renforcer l’arsenal répressif.
Un décret publié le 24 décembre 2025, pris en application de la loi du 9 juillet 2025 portant création de l’homicide routier et visant à lutter contre la violence routière, marque un tournant. Depuis le lundi 29 décembre 2025, l’excès de vitesse d’au moins 50 km/h au-dessus de la limite autorisée est devenu un délit à part entière, même en l’absence de récidive.
Ce nouveau délit est passible de trois mois d’emprisonnement, de 3 750 euros d’amende, ainsi que d’une inscription au casier judiciaire. À ces sanctions principales s’ajoutent des peines complémentaires renforcées, parmi lesquelles :
- l’annulation du permis de conduire, avec interdiction d’en solliciter un nouveau pendant trois ans au plus ;
- la confiscation du véhicule ayant servi à commettre l’infraction ;
- la suspension du permis de conduire pour une durée pouvant aller jusqu’à trois ans ;
- l’interdiction de conduire certains véhicules terrestres à moteur pendant cinq ans au maximum ;
- l’obligation d’effectuer, à ses frais, un stage de sensibilisation à la sécurité routière ;
- le retrait de six points sur le permis de conduire.
Par ce durcissement pénal, les autorités entendent envoyer un message clair : la lutte contre la violence routière passe par une réponse judiciaire ferme, à la hauteur des dangers que représentent les grands excès de vitesse pour l’ensemble des usagers de la route.
