Les derniers chiffres sur les défaillances d’entreprises en 2025 dressent un constat alarmant : la France a connu une nouvelle année record de faillites, touchant en priorité les très petites entreprises (TPE), les indépendants, les commerçants et les artisans. Une situation que le Syndicat des Indépendants et des TPE (SDI) estime désormais structurelle, et non plus conjoncturelle.
Longtemps considérées comme des victimes « naturelles » des aléas économiques, les TPE apparaissent aujourd’hui comme les premières touchées d’un phénomène qui s’étend progressivement à l’ensemble du tissu productif. « Quand les TPE tombent en masse, ce n’est jamais un problème de TPE. C’est un problème de pays », alerte le syndicat.
Un signal faible devenu onde de choc
Pendant des années, les défaillances de petites structures sont restées peu visibles, diluées dans les statistiques. Mais selon le SDI, elles constituaient déjà un indicateur avancé d’une dégradation plus profonde de l’économie réelle. En 2025, cette vague aurait franchi un nouveau seuil, atteignant désormais des entreprises plus grandes et mieux structurées.
Les TPE, fortement ancrées dans l’économie locale, jouent un rôle de baromètre immédiat : dès que les charges augmentent ou que la consommation ralentit, leur trésorerie est directement impactée. « Ignorer leurs fragilités revient à ignorer les prémices d’une crise qui finit toujours par se généraliser », souligne l’organisation.
Des pressions économiques multiples
L’année 2025 a cumulé plusieurs facteurs défavorables pour les petites entreprises. Parmi eux, des coûts énergétiques durablement élevés, accentués par la fiscalité, qui pèsent fortement sur les activités de proximité. À cela s’ajoute la hausse continue des charges : loyers commerciaux, cotisations sociales et fiscalité locale, notamment la taxe foncière.
Le financement est également devenu plus contraignant. La remontée des taux d’intérêt et le durcissement des conditions d’octroi de crédit ont limité l’accès aux financements de court terme, essentiels pour absorber les fluctuations d’activité.
Incertitude politique et repli de la consommation
Le climat d’incertitude économique et politique a aussi joué un rôle majeur. En 2025, la consommation des ménages a ralenti, tandis que de nombreux chefs d’entreprise ont différé leurs investissements, faute de visibilité sur la fiscalité et les charges futures.
Dans ce contexte, certaines cessations d’activité relèvent désormais de choix stratégiques. Des dirigeants préfèrent arrêter avant l’épuisement financier, face à l’absence de perspectives économiques jugées viables à moyen terme.
Le manque de cap, point de rupture
Le SDI ne réclame pas un retour massif aux aides publiques, mais pointe l’absence d’une stratégie économique claire et stable en faveur des petites entreprises. « Sans visibilité ni stabilité, les plus petites structures restent les premières exposées », rappelle le syndicat, qui craint un effet domino sur l’ensemble de l’économie.
Marc Sanchez, secrétaire général du SDI, résume la situation : « On nous annonçait une année plateau. En réalité, le record de faillites est en train de devenir la norme. Quand l’énergie, les charges, les loyers et la fiscalité progressent plus vite que l’activité, il ne reste plus de marge de manœuvre. Ce que vivent les TPE est toujours un signal avancé : la vague qu’elles annonçaient est désormais en train de déferler sur l’ensemble de l’économie. »
Pour les représentants des indépendants, la priorité n’est pas l’aide ponctuelle, mais la construction d’un environnement économique « pro-entreprise, clair, lisible et durable », seul capable de redonner confiance aux entrepreneurs et de préserver l’emploi local.
