La rédaction de Off Investigation a publié un communiqué en réaction à un article de StreetPress mettant en cause le média d’investigation, notamment au sujet de certaines collaborations passées avec des pigistes ayant écrit dans des médias d’extrême droite ou accusés de propos antisémites.
Dans son texte, la rédaction se dit « profondément engagée contre la désinformation, l’antisémitisme, l’islamophobie et toute forme de discrimination », rappelant que ses « 782 articles et 21 documentaires » témoignent de cette ligne éditoriale. Elle souligne que l’enquête de StreetPress ne porte pas sur le contenu publié par Off Investigation, mais sur le parcours individuel de certains collaborateurs extérieurs.
Le communiqué revient notamment sur le cas d’un ancien pigiste ayant publié un tweet antisémite sur son compte personnel. Selon la rédaction, ce message a immédiatement suscité l’indignation interne. Convoqué en conférence de rédaction, le journaliste aurait ensuite démissionné « quelques jours plus tard ».
Concernant d’autres pigistes cités par StreetPress, la rédaction affirme avoir découvert leurs collaborations passées avec des médias d’extrême droite « avec effroi » et assure qu’aucun membre de l’équipe n’en avait connaissance. En accord avec la direction, Off Investigation indique avoir mis fin à toute collaboration avec les personnes concernées.
La rédaction insiste sur le fait qu’aucun élément factuel ne démontre que des contenus discriminatoires aient été publiés dans ses colonnes. « Rien dans l’enquête ne prouve que des pigistes aient produit chez nous des propos contraires à nos valeurs », affirme le communiqué.
Autre point de désaccord : une insinuation concernant Grégory Pons, présenté dans l’article comme lié au média. Off Investigation dément formellement toute collaboration passée avec lui et déplore une affirmation qu’elle qualifie de « malhonnête », affirmant que ce point avait été démenti avant publication.
Sans nier la légitimité de la critique des médias, la rédaction estime toutefois que celle-ci doit s’exercer « avec rigueur, honnêteté et sens des proportions ». Elle reproche à StreetPress de juxtaposer des éléments « éloignés de [son] quotidien professionnel », donnant selon elle une image déformée du travail réel de la rédaction.
Malgré cette mise au point, Off Investigation dit ne pas souhaiter « entrer dans un conflit stérile » avec un média qui lutte également contre l’extrême droite. La rédaction affirme vouloir continuer son travail d’enquête « au service de l’intérêt général, avec rigueur, indépendance et honnêteté », concluant que « ce sont nos actes, notre travail et notre constance qui parleront pour nous ».
Communiqué de la rédaction de Off Investigation, le 6 janvier 2026 :
La rédaction de Off Investigation a découvert avec gravité l’article de StreetPress visant notre média.
Nous, jeunes et moins jeunes journalistes, pigistes, monteurs et monteuses, marketing et social media manager de Off Investigation, tenons à réaffirmer notre engagement antiraciste, contre l’antisémitisme, l’islamophobie et toute forme de discrimination. Nous sommes toutes et tous profondément engagé·es contre la désinformation et la droitisation du paysage politique et médiatique. Nos 782 articles et nos 21 documentaires parlent pour nous. Et ce n’est pas là-dessus que Streetpress nous attaque.
L’enquête de StreetPress s’ouvre sur le tweet antisémite d’un ancien pigiste, publié sur son compte personnel. Ce post a aussitôt suscité l’indignation de l’intégralité de la rédaction de Off Investigation. Sommé de s’expliquer en conférence de rédaction, il a démissionné quelques jours plus tard de Off Investigation.
Comme vous, nous avons découvert avec effroi que certain·es pigistes de Off avaient écrit dans des médias d’extrême droite ou antisémites. La rédaction de Off Investigation se désolidarise totalement de ces journalistes indépendant·es, dont la totalité d’entre nous ignorait le passé. En accord avec la direction, il a été décidé de mettre un terme à leurs collaborations.
Nous tenons à rappeler qu’aucun élément factuel apporté par StreetPress ne démontre que des pigistes aient – dans nos colonnes – produit des contenus contraires à nos valeurs ou porteurs de propos discriminatoires.
De plus, contrairement aux insinuations de StreetPress, Grégory Pons n’a jamais travaillé pour Off Investigation. Un sous-entendu malhonnête alors même que cette affirmation avait été démentie en amont de la publication. StreetPress devrait voir Off Investigation comme un allié plutôt que comme un concurrent. Le combat contre l’extrême droite mérite mieux.
La critique des médias est pour nous bien évidemment légitime. Elle doit toutefois s’exercer avec rigueur, honnêteté et sens des proportions, afin de ne pas porter atteinte injustement à l’intégrité professionnelle d’une rédaction entière. Juxtaposer dans un même article autant d’éléments aussi éloignés de notre quotidien professionnel ne saurait dépeindre la réalité de notre travail, et de nos convictions.
Malgré cette offensive, nous ne souhaitons pas rentrer dans un conflit stérile avec un média qui lutte, comme nous, contre l’extrême droite.
Nous continuerons donc à faire ce que nous avons toujours fait : enquêter, documenter, publier, au service de l’intérêt général, avec rigueur, indépendance et honnêteté. Et ce sont nos actes, notre travail et notre constance qui parleront pour nous.
La rédaction de Off Investigation (monteurs, journalistes, marketing, social media)
