Devant un public nombreux réuni au Zénith de Dijon pour la traditionnelle cérémonie des vœux, Nathalie Koenders, maire de Dijon, a prononcé un discours dense, mêlant émotion, analyse du monde contemporain et défense des valeurs républicaines. Refusant tout bilan ou projection électorale, l’édile a choisi de placer son allocution sur le terrain du sens, du lien social et de la responsabilité collective.
La soirée s’est ouverte sur un film participatif réalisé à partir de contributions citoyennes. La maire a d’abord tenu à remercier celles et ceux qui y ont pris part : « Suite à l’appel lancé par la ville, la direction de la communication a reçu près de 1 000 vidéos émanant d’associations, d’entreprises, de professionnels de l’image ou d’amateurs (…) Merci de nous avoir confié ces moments de vie. » Un hommage appuyé à l’engagement associatif et citoyen qui structure la vie locale.
Très vite, Nathalie Koenders rappelle la portée symbolique de la cérémonie : « Présenter nos vœux en janvier est un rite et les rites sont utiles. » Selon elle, ces moments dépassent la simple tradition : « Se souhaiter une bonne année, c’est affirmer qu’en dépit des difficultés – et elles ne manquent pas – nous prêtons attention les uns aux autres », et surtout « espérer profondément que la solidarité et la fraternité puissent se frayer un chemin dans la dureté de l’époque. » Elle invite également à une pensée collective pour les victimes d’un drame récent : « Je souhaite que nous ayons tous ensemble une pensée émue pour les victimes du drame qui s’est déroulé en Suisse, à Crans-Montana le soir du nouvel an. »
Dans un contexte pré-électoral, la maire explique son choix de ne pas aborder l’action municipale ni les projets à venir : « Je ne vais pas vous parler ce soir du bilan de notre action pour Dijon… ni de l’avenir. » Mais ce silence volontaire n’est pas un retrait du débat public. Au contraire, elle insiste sur la valeur du moment présent : « Même quand on ne parle ni du passé ni du futur, il reste quelque chose de très précieux : le présent que nous partageons ensemble ; et cela, personne ne peut nous l’enlever. »

Elle rappelle alors le rôle des cérémonies républicaines dans la construction du lien civique : « Les cérémonies de vœux, les commémorations, les célébrations républicaines sont en quelque sorte des fils conducteurs de la République. » Et de résumer l’esprit de la soirée en une formule forte : « Voilà donc ce que nous faisons ici ensemble ce soir, nous faisons société. » Dans la foulée, elle appelle à combattre l’isolement contemporain : « Je fais le vœu que nous sachions laisser un peu tomber notre individualisme, celui qui nous cloue à nos téléphones portables quand il serait tellement plus utile de passer davantage de temps tournés les uns vers les autres. »
La maire élargit ensuite son propos à l’état du monde. « Nous sommes tous embarqués sur le navire de l’humanité », affirme-t-elle, rappelant que « nos destins sont liés par des interdépendances départementales, régionales, nationales et internationales. » Elle refuse toute indifférence : « Aucune situation, aussi lointaine soit-elle, ne nous est étrangère. » Et énumère les grands défis contemporains : « Transition écologique, paix, garantie des droits et de la dignité de l’humain, affirmation des valeurs démocratiques, lutte contre les inégalités… »
Nathalie Koenders évoque sans détour la situation politique américaine : « En quelques mois, il a fait basculer les États-Unis dans une réalité qui paraît plus orwellienne que jamais. » Elle cite explicitement George Orwell : « La guerre c’est la paix, la liberté c’est l’esclavage, l’ignorance c’est la force. » Et dénonce « une lutte acharnée contre tout ce qui nourrit l’esprit critique ». Face à ces dérives, elle défend la science et la raison : « Le progressisme fondé sur la raison, la science et l’intérêt général reste non seulement possible, mais indispensable. »
Le discours prend ensuite un ton plus mémoriel. La maire rend hommage au résistant dijonnais Henri Mosson : « Arrêté, condamné à mort puis déporté sous le régime “Nacht und Nebel”, il a survécu à l’indicible. » Elle rappelle son engagement constant dans la transmission de la mémoire et souligne : « À l’heure où la guerre est aux portes de l’Europe, son héritage doit nous interpeller. » Elle rappelle également que « la guerre en Ukraine fait rage depuis bientôt 4 longues années » et évoque « les droits humains bafoués, en Afghanistan plus que partout ailleurs envers les femmes, l’antisémitisme… »
Sur le plan social, Nathalie Koenders met en garde contre la montée de la pauvreté : « L’Insee relevait le plus haut taux de pauvreté enregistré depuis 30 ans. » Elle insiste sur la nécessité de renforcer le lien social et intergénérationnel : « Créer des espaces de parole, favoriser l’intergénérationnel, prévenir l’isolement, encourager la communication, c’est aussi prendre soin de soi et des autres. » Et résume : « Faire du lien, c’est utile – et c’est essentiel. »
Elle affirme avec force que Dijon doit rester fidèle à ses valeurs : « La haine, l’intolérance et le mépris, quelles qu’en soient le motif et la manifestation, n’ont pas leur place », encore moins dans « une ville profondément progressiste, humaniste et ouverte sur le monde ».
Sur la question environnementale, elle défend une approche concrète et inclusive : « L’avenir réside dans une écologie populaire qui n’exclut personne et qui bénéficie à chacun. Une écologie qui améliore la santé, le pouvoir d’achat et la qualité de vie. »
La maire rappelle également les exigences du mandat local. Selon elle, l’action publique doit garder « l’intérêt général pour unique boussole », rester attentive « à toutes les situations » et préserver « un dialogue constructif, apaisé et respectueux ». Elle remercie les élus de sa majorité, puis rend un hommage appuyé aux agents municipaux : « Ils mettent tous les jours leur énergie, leur humanité et leur professionnalisme à votre service. »
Abordant la question de la sécurité et de la lutte contre les trafics, elle rappelle qu’« il n’y a pas de solution miracle » et que « c’est un combat quotidien que nous menons ensemble », en insistant sur le fait qu’« une action limitée au seul volet répressif est vouée à l’échec ». Elle souligne également le rôle central de l’école : « L’école de la République (…) tient la promesse républicaine d’émancipation et d’égalité des chances. »
Enfin, Nathalie Koenders conclut en revenant au sens même du mot “vœu” : « À l’origine sémantique du mot “vœu”, il y a la “promesse”. » Elle appelle à écrire collectivement la suite : « Rassemblés, nous saurons écrire le meilleur, pour ceux qui nous sont proches, pour notre ville, mais aussi pour notre planète. » Et termine par un message simple et solennel : « Je vous souhaite une belle et heureuse année 2026. »
En images — Les vœux 2026 rassemblent habitants et élus au Zénith de Dijon
CÉRÉMONIE DES VŒUX 2026
ALLOCUTION DE NATHALIE KOENDERS, MAIRE DE DIJON
Alors avant toute chose, je veux remercier celles et ceux qui ont contribué à ce petit film. Suite à l’appel lancé par la ville, la direction de la communication a reçu près de 1 000 vidéos émanant d’associations, entreprises, professionnels de l’image ou amateurs, Qu’elles apparaissent ou non dans le montage final, elles ont toutes nourri ce film. Merci de nous avoir confié ces moments de vie.
Monsieur le secrétaire général de la Préfecture de la Côte-d’Or, Denis Bruel représentant le préfet de la région Bourgogne – Franche-Comté,
Mesdames, Messieurs les parlementaires,
Monsieur le ministre, président de Dijon métropole, cher François Rebsamen,
Monsieur le président du conseil régional de Bourgogne – Franche-Comté, cher Jérôme Durain,
Monsieur le président du conseil départemental de Côte-d’Or, François Sauvadet,
Mesdames, Messieurs les maires de la métropole dijonnaise,
Mesdames, Messieurs les élus du conseil municipal et du conseil métropolitain,
Mesdames, Messieurs les représentants des autorités judiciaires, civiles, militaires et religieuses,
Mesdames, Messieurs les représentants du monde économiques et associatifs, Chers Dijonnaises, chers Dijonnais,
C’est un très grand plaisir de vous accueillir ce soir en tant que Maire de Dijon, pour notre traditionnelle cérémonie des vœux. J’en ai la conviction, de tels moments, qui rythment notre vie en collectivité, ont une valeur qui s’étend au-delà des symboles. Présenter nos vœux en janvier est un rite et les rites sont utiles. Le Président de la métropole et mes collègues Maires présents derrière moi, que je salue très chaleureusement, seront d’accord avec moi.
Bienveillance, fraternité, espoir d’un monde meilleur, santé préservée ou retrouvée, travail, voyage : chacun peut avoir des pensées pour l’autre, plus ou moins légères, formelles ou chaleureuses selon les circonstances. Certes, nos quelques paroles ne changeront pas le monde, même prononcées avec toute la force de notre âme.
Toutefois, se souhaiter une bonne année, c’est affirmer qu’en dépit des difficultés – et elles ne manquent pas -, nous prêtons attention les uns aux autres et que ce qui nous relie mérite un peu de soin. Se souhaiter une bonne année, c’est espérer profondément que la solidarité et la fraternité puissent se frayer un chemin dans la dureté de l’époque. À cet instant, je souhaite que nous ayons tous ensemble une pensée émue pour les victimes du drame qui s’est déroulé en Suisse, à Crans-Montana le soir du nouvel an. La fraternité et la solidarité prennent leur sens dans les moments épouvantables comme celui-ci.
Mesdames et Messieurs, la carte de vœux que vous avez reçue cette année énonce l’optimisme que François Rebsamen et moi avons, l’un comme l’autre, chevillé au corps à travers cette volonté de contribuer à rendre le monde meilleur, malgré les épreuves. À notre échelle bien sûr, avec humilité. Mais l’humilité n’exclut pas l’ambition et nous n’en manquons pas.
Alors, dans cette période si trouble tant à l’échelle du monde qu’à celle de notre nation, nous avons tenu, de concert, à maintenir ce temps, ce repère commun qui renforce notre sentiment d’appartenir à une société locale, incarnée, faite d’hommes et de femmes de toutes conditions qui ensemble, donnent de la continuité au temps et du sens au collectif. Vous l’aurez remarqué : je ne vais pas vous parler ce soir du bilan de notre action pour Dijon… ni de l’avenir puisque nous sommes dans un moment démocratique où même les bonnes idées doivent attendre leur tour. Cette période m’invite à la retenue mais elle ne m’interdit pas ce qui est au fond l’essentiel : être ici et maintenant avec vous. Et même quand on ne parle ni du passé ni du futur, il reste quelque chose de très précieux : le présent que nous partageons ensemble ; et cela, personne ne peut nous l’enlever.
Je me réjouis donc particulièrement de vous voir nombreux ce soir, enfants du Conseil municipal des enfants et du Conseil participatif des jeunes au premier rang. Et vous toutes et tous, Mesdames et Messieurs qui, représentants des institutions, des entreprises, des associations par votre travail ou votre engagement, structurez notre vie commune.
J’aimerais également saluer tout simplement ceux d’entre vous qui se sont comme chaque année inscrits pour participer à cette soirée que nous voulons ouverte et accueillante. Les cérémonies de vœux, les commémorations, les célébrations républicaines sont en quelque sorte des fils conducteurs de la République. Elles énoncent notre récit commun en nous permettant d’affirmer des valeurs, pour partager et rendre ainsi visible ce qui nous unit. Mesdames et Messieurs, la République ne vit pas seulement par ses lois et leur respect, ainsi que par ses budgets – parfois difficiles à élaborer. Elle vit par ses citoyens lorsqu’ils exercent leur rôle, et elle se renforce et s’affirme aussi à travers ces rites partagés.
Cette logique ne s’arrête d’ailleurs pas au cadre institutionnel. Notre vie commune s’organise aussi autour de grands moments populaires et à travers des gestes simples : se retrouver pour Noël en famille, entre amis pour le réveillon, transmettre des habitudes d’une génération à l’autre. Ces moments, en apparence ordinaires, sont en réalité ce qui permet à une société de durer. Voilà donc ce que nous faisons ici ensemble ce soir, nous faisons société. Et je fais le vœu que nous sachions laisser un peu tomber notre individualisme, celui qui nous cloue à nos téléphones portables quand il serait tellement plus utile de passer davantage de temps tournés les uns vers les autres !
Alors que 2026 débute sereinement pour nous, ici, à Dijon, nous ne pouvons ignorer les bouleversements et les instabilités qui traversent notre Monde. Nous sommes tous embarqués sur le navire de l’humanité. Nos destins sont liés par des interdépendances départementales, régionales, nationales et internationales.
Et j’ai la conviction qu’aucune situation, aussi lointaine soit-elle, ne nous est étrangère. Citoyens éclairés, nous devons être attentifs à l’état du monde ; concernés par les défis vertigineux auxquels nous sommes confrontés, et surtout impliqués dans l’action pour les relever. Transition écologique, paix, garantie des droits et de la dignité de l’humain, affirmation des valeurs démocratiques, lutte contre les inégalités, ces défis convoquent notre lucidité et notre courage.
L’année qui vient de s’achever s’était ouverte sur le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. En quelques mois, il a fait basculer les États-Unis dans une réalité qui paraît plus orwelliene que jamais. À rebours de l’exigence intellectuelle et morale que les enjeux contemporains devraient nous imposer, le président américain poursuit avec un aplomb accru dans la voie qu’il avait déjà emprunté lors de son premier mandat : celui de l’outrance, de la coercition, de la désinformation, du masculinisme, de la remise en question de la parole scientifique… En somme, une lutte acharnée contre tout ce qui nourrit l’esprit critique.
« La guerre c’est la paix, la liberté c’est l’esclavage, l’ignorance c’est la force » : le slogan régissant l’Océania d’Orwell résonne aujourd’hui tristement avec l’actualité outre-Atlantique. On a parfois l’impression que 1984 glisse dangereusement du registre de la science-fiction vers celui de la prédiction. Je pense à cette violente offensive menée contre des pans entiers de la recherche académique et à la liste interminable de mots bannis de l’administration, voire des livres de certaines écoles.
Et pourtant, le contexte que nous connaissons, celui d’une quatrième révolution industrielle nourrie par l’essor exponentiel de l’intelligence artificielle, exige au contraire de porter toujours plus haut et de défendre avec toujours plus de force l’aspiration à une pensée éclairée. Le doute méthodique que Descartes érigeait en fondement de toute connaissance fiable, le jugement humble et mesuré défendu par Montaigne contre les certitudes dogmatiques et contre la simplification excessive : voilà – sans doute, si je puis dire – les seules armes qui vaillent.
Et Heureusement, la science et le progrès poursuivent – malgré cette adversité – leur chemin. En médecine, de nouveaux vaccins contre la dengue ou le paludisme redonnent de l’espoir face à des maladies que l’on croyait incontrôlables
Sur le plan environnemental, des découvertes majeures sur le fonctionnement des écosystèmes, la capture du carbone ou la restauration de la biodiversité ouvrent des pistes inédites pour réparer la planète. Des solutions industrielles nouvelles voient le jour. L’intelligence artificielle permet déjà de mieux prévoir le climat et de comprendre des phénomènes complexes. Le progressisme fondé sur la raison, la science et l’intérêt général reste non seulement possible, mais indispensable.
Mais au-delà du cas américain, la montée des populismes partout autour du globe, y compris en Europe, est une réalité qui a de quoi faire peur.
En 2025, un quart de la population mondiale vit en démocratie, contre la moitié il y a 20 ans… C’était peu. C’est désormais très très peu. Le propre de la démocratie, c’est qu’elle peut elle-même finir par se remettre en question si elle n’est pas suffisamment défendue et affirmée. Churchill disait qu’elle était le pire des régimes. A l’exception de tous les autres, prenait-il le soin d’ajouter. Certains en doutent aujourd’hui plus qu’hier. Et se font entendre.
Alors que 2025 a été marquée par le 80ème anniversaire de la victoire des Alliées sur l’Allemagne nazie, le chemin vers la paix entre les peuples reste hélas un combat. Je voudrais à cet instant rendre hommage à un dijonnais exceptionnel qui nous a quitté en fin d’année : Henri Mosson, résistant-déporté. Il aurait eu 102 ans le 6 janvier. Engagé dès sa jeunesse dans la Résistance, arrêté, condamné à mort puis déporté sous le régime « Nacht und Nebel », il a survécu à l’indicible. Tout au long de sa vie, il a fait le choix de témoigner, de transmettre son histoire et de rencontrer les jeunes générations lors de cérémonies, d’échanges et d’interventions en milieu scolaire. Il était aussi très actif au sein du Comité de parrainage du Concours national de la Résistance et de la Déportation. Henri Mosson s’est investi sans relâche pour faire vivre le devoir de mémoire. À l’heure où la guerre est aux portes de l’Europe, sont héritage doit nous interpeller et je salue l’engagement de son fils et de tous ceux, dans nos associations, dans nos écoles, collèges et lycée, font vivre la mémoire.
Mesdames et messieurs, la guerre en Ukraine fait rage depuis bientôt 4 longues années. Mesurons-nous exactement ce que cela signifie ?
Le soutien tout relatif et fluctuant apporté par les États-Unis à l’agressé ukrainien a renversé l’ordre international et les grilles de lecture hérités de la Seconde guerre mondiale et garanties par l’OTAN. Une véritable rupture avec l’ordre libéral fondé sur l’État de droit, la démocratie et le multilatéralisme, au profit de la coercition économique et de la loi du plus fort.
Bien évidemment, je pense aussi aux drames qui se jouent partout dans le monde : tant de foyers de conflits – parfois silencieux mais toujours meurtriers –, l’ignominie des attentats terroristes du 7 octobre, la réponse terrifiante d’Israël et le sort réservé au peuple palestinien, les guerres et crises humanitaires que nous ne pouvons ignorer au Darfour, au Yemen, en République Démocratique du Congo, les droits humains bafoués, en Afghanistan plus que partout ailleurs envers les femmes, l’antisémitisme…
La société française elle-même est confrontée à son lot de défis. Celui des inégalités, au premier rang desquelles les inégalités économiques qui continuent de se creuser. Cet été, l’Insee relevait le plus haut taux de pauvreté enregistré depuis les premières mesures selon la méthode de calcul actuelle, c’est-àdire depuis 30 ans.
La France, comme le monde, connaît aujourd’hui un véritable tournant démographique. À l’heure où cohabitent baby-boomers et millennials, génération X et génération Z, sans toujours bien se comprendre, je considère qu’un soin tout particulier doit être porté au dialogue et à l’entraide entre les générations. C’est dans la transmission, la rencontre et la complémentarité entre les âges que la société trouve son équilibre, sa cohésion et prépare son avenir. Cette attention portée au lien prend une résonance toute particulière avec la prolongation de la grande cause nationale consacrée à la santé mentale : créer des espaces de parole, favoriser l’intergénérationnel, prévenir l’isolement, encourager la communication, c’est aussi prendre soin de soi et des autres. En ce domaine, les efforts à fournir sont non seulement financiers, mais aussi moraux et humains. Faire du lien, c’est utile – et c’est essentiel.
Les relations entre les générations, comme d’ailleurs entre chacune et chacun d’entre nous, doivent s’inscrire avant toute chose sous le signe du respect. C’est une valeur que je m’attache à porter haut en tant que maire.
Le respect que nous nous devons tous individuellement ; mais aussi celui que la société doit à chacun. La haine, l’intolérance et le mépris, quelles qu’en soient le motif et la manifestation, n’ont pas leur place. Et encore moins dans une ville profondément progressiste, humaniste et ouverte sur le monde comme l’est Dijon et comme elle entend le demeurer.
Au respect dû à chacune et chacun, j’ajoute le respect de l’environnement, de la planète qui nous accueille. Il ne devrait pas être nécessaire de rappeler l’urgence écologique. Si la communauté internationale peine à trouver des réponses à la hauteur de la gravité et de l’urgence – je pense à l’issue déceptive de la Cop 30 –, les villes ont des moyens pour agir et beaucoup d’entre elles le font déjà.
Concrètement et efficacement. L’avenir réside dans une écologie populaire qui n’exclut personne et qui bénéficie à chacun. Une écologie qui améliore la santé, le pouvoir d’achat et la qualité de vie.
Alors, comment rester optimiste ? À titre personnel, ma première réponse serait : par devoir. Mais audelà, je le crois profondément, par la confiance et en gardant à l’esprit que nous avons entre les mains de nombreux atouts. Le devoir, nous l’avons envers les générations qui nous suivent. Il nous faut écouter la jeunesse. Nos atouts sont nombreux, et la jeunesse en fait justement partie. Par son imagination, par sa puissance, par sa diversité aussi. Et puis, tous ensemble, nous avons des valeurs partagées, une culture de la solidarité profondément ancrée. Je n’invoque pas un optimisme aveugle ou inconscient. J’appelle un optimisme lucide, celui qui donne de l’élan et pousse à l’action.
Dans ce contexte et à l’heure où la représentation politique nationale peine à trouver la voie de l’adoption d’un budget pour la France, à l’heure d’une impopularité records et persistante du Président de la République, l’échelon local est un repère, un pôle de stabilité. Un gage d’efficacité et de proximité sur lequel vous comptez, je le sais, plus que jamais pour répondre aux défis de notre temps. Ces légitimes attentes, cette confiance placée dans la figure du maire – ou en l’occurrence de la maire – et ce mandat exigeant mais gratifiant, s’accompagnent selon moi d’un certain nombre de responsabilités :
Premièrement : garder pour unique boussole l’intérêt général en prenant soin des habitants, de la ville et j’ajoute de la planète ;
Deuxièmement : demeurer attentif à toutes les situations, toutes les particularités, toutes les vulnérabilités sans jamais déroger à l’universalisme le plus exigent.
Et troisièmement : maintenir les conditions d’un dialogue constructif, apaisé et respectueux et ne jamais céder aux tentations parfois faciles du fracas et des dogmatismes.
J’ajoute que tout ceci, Mesdames, Messieurs, est un travail collectif que je mène avec l’aide précieuse des élus qui composent mon équipe municipale. Ils sont mobilisés, chacun dans leur domaine et dans leur quartier, pour améliorer la vie quotidienne et projeter notre ville vers l’avenir. Je les en remercie ici très chaleureusement.
Notre conseil municipal a voté le 15 décembre dernier le budget primitif 2026. Dans la continuité des précédents, chers François, un budget solide et responsable qui nous permet de renforcer nos services publics et de maintenir un haut niveau d’investissement, tout en préservant notre bonne santé financière. Un budget qui nous permet de porter une action à la hauteur de nos ambitions. Il démontre une nouvelle fois s’il en était besoin, la robustesse et la résilience de notre ville qui, tout en composant avec la forte instabilité politique nationale et contribuant au rééquilibrage des finances publiques, agit au quotidien au service de ses habitants.
Je veux saluer à cet instant le travail mené par l’ensemble des services de la ville. Nous avons d’ailleurs ce matin présenté nos vœux aux agents de la Ville de Dijon, du CCAS et de la métropole. Ils sont plus de 3 000 et certains, retenus par les impératifs professionnels du service public qui ne baisse jamais la garde, n’étaient pas présent mais le sont ce soir.
Mesdames et messieurs, chers citoyens, à votre contact direct ou dans l’ombre des coulisses, parfois tôt le matin ou tard le soir, les agents du service public veillent au maintien d’un service public de proximité et de qualité et au bon fonctionnement de notre collectivité. Ils mettent tous les jours leur énergie, leur humanité et leur professionnalisme à votre service. Je vous propose que nous les applaudissions tous ensemble.
J’aimerais également profiter de cette cérémonie des vœux pour réaffirmer l’importance de toutes les coopérations. À commencer par le travail partenarial mené avec les services de l’État et les autres collectivités territoriales. À ce propos, – j’aurais dû le faire plus tôt dans mon allocution – je voudrais saluer Jérôme Durain, président du conseil régional de Bourgogne – Franche-Comté. Nos collectivités collaborent au bénéfice de bien des projets communs au service des habitants de Dijon, et de notre région dont nous sommes la belle et fière capitale.
J’aimerais aussi vous remercier publiquement pour le travail que vous avez conduit et que vous menez toujours sur le sujet de la lutte contre trafic de drogue – vous venez d’ailleurs d’annoncer un programme de sensibilisation dans les lycées. C’est un fléau qui emporte avec lui d’insupportables violences et brises des vies.
Et je tiens à saluer de nouveau à cet endroit Monsieur le Préfet. Contrairement à ce que certains voudraient faire croire, il n’y a pas de solution miracle. C’est un chemin long, très difficile, un combat quotidien que nous menons ensemble. Du législateur qui a récemment voté une Loi – inspirée du rapport Durain – pour mieux armer l’État face aux trafiquants, à la Justice qui doit passer avec fermeté, en passant par le concours des collectivités territoriales.
J’en profite pour saluer le travail remarquable de tous les policiers placés sous la responsabilité du Directeur interdépartemental de la police nationale. Vous avez tous mon soutien, et j’oserai dire, toute ma reconnaissance et ma détermination. Je connais votre engagement, je connais aussi vos bons résultats sur Dijon même si rien n’est simple. Là encore, merci.
Je sais aussi qu’une action limitée au seul volet répressif est vouée à l’échec. La réussite repose nécessairement sur une ambitieuse démarche préventive. Je remercie l’ensemble des partenaires institutionnels, associatifs et économiques, eux aussi acteurs de la vie locale. C’est tous ensemble que nous réussirons, et la réussite n’est pas une hypothèse mais un devoir.
Cette réussite, qu’elle soit individuelle ou collective, elle passe avant tout par l’école de la République, par ses professeurs, par l’ensemble de la communauté éducative qui, chaque jour, bien souvent dans des conditions difficiles, tient la promesse républicaine d’émancipation et d’égalité des chances. Je veux leur dire ici ma profonde reconnaissance, et redire que la Ville de Dijon restera à leurs côtés pour soutenir toutes les actions qui donnent à nos enfants le goût d’apprendre, la confiance en eux et l’envie de bâtir un avenir commun. J’ai bien entendu à cet endroit une pensée pour la communauté éducative et pour les élèves du collège Champollion. François Sauvadet le sait, la ville se tient aux côtés du Département.
L’éducation se fait aussi dans les associations d’éducation populaire, sportives, culturelles, de quartier, dans tous ces lieux de vie où l’on apprend autrement à grandir, à se respecter, à coopérer et à croire en ses capacités. Elle repose sur l’engagement discret mais essentiel de milliers de bénévoles, responsables associatifs, animateurs et éducateurs qui donnent de leur temps pour transmettre, ouvrir des horizons et prévenir les ruptures. Grâce à eux, des enfants, des adolescents, des familles trouvent des repères, s’émancipent, s’épanouissent et construisent leur place dans la société.
Enfin, je vous remercie vous, chers habitants, pour votre engagement dans la vie de notre cité. Je l’évoquais brièvement au début de mon propos : à l’heure où l’on redoute de voir l’individualisme et l’indifférence à l’égard d’autrui progresser, le civisme, la citoyenneté et le sens de l’intérêt général sont des biens précieux que nous devons défendre inlassablement. Votre présence ici ce soir, et tout au long de l’année, à l’occasion d’événements, visites ou réunions publiques – où j’ai toujours plaisir à vous rencontrer – est un signal fort. L’expression d’un attachement sincère à notre ville. Une implication qui nous rappelle que vous êtes les premiers acteurs de la vie locale citoyenne, sociale et démocratique.
Je termine. J’avais prévu d’être brève. J’ai essayé. Manifestement, je progresse encore. Nous réunir aujourd’hui pour échanger nos meilleurs vœux est une nécessité, et je terminerai par là où j’ai commencé. Bien plus qu’une simple habitude, ces vœux représentent une intention qui révèle la force de ce qui nous lie et insuffle du sens à notre vie commune.
Pensons aujourd’hui tout particulièrement à celles et ceux qui se retrouvent fragilisés par des épreuves de la vie : la maladie, la solitude, la peine, les difficultés économiques…
À tous, j’adresse mes vœux de bonne santé. Ils sont sincères et sans artifice. Je lisais, pas plus tard que mercredi dans un grand quotidien du soir qu’un tiers des bonnes résolutions que nous tentons toutes et tous de prendre en janvier concerne le fait de pratiquer davantage d’activité physique.
Cela n’a rien d’anecdotique. C’est même selon moi un véritable enjeu de société. L’activité physique, ça n’est pas forcément la compétition sportive. Ce peut être tout simplement la marche à pied que nous délaissons beaucoup trop souvent, même pour de courtes distances, Elle a de nombreuses vertus, pour la santé physique comme pour la santé mentale, mais aussi pour le lien social.
À l’origine sémantique du mot « vœu », il y a la « promesse ». Puisse ainsi 2026 emporter celle d’une nouvelle page sur laquelle, rassemblés, nous saurons écrire le meilleur, pour ceux qui nous sont proches, pour notre ville, mais aussi pour notre planète où l’homme et la nature sont indissociablement liés.
Mesdames et Messieurs, chers amis, de tout cœur, en affirmant devant vous mon optimisme, notre besoin de cohésion, d’amitié, de valeurs, et de volonté d’aller de l’avant je vous souhaite une belle et heureuse année 2026
