Le climat politique dijonnais se tend à un peu plus de deux mois des élections municipales de 2026. L’adjoint au maire et conseiller délégué à Dijon Métropole et à la Région Bourgogne–Franche-Comté, Denis Hameau, a annoncé sur les réseaux sociaux qu’il renonçait à figurer sur la liste conduite par la maire de Dijon, Nathalie Koenders, après s’être vu proposer la 50ᵉ place, qu’il qualifie d’« inéligible ».
Dans un long message publié à l’issue de la cérémonie des vœux de la maire et du président de Dijon métropole, François Rebsamen, l’élu explique avoir choisi de s’installer « dans le public, avec les Dijonnaises et les Dijonnais », et non sur scène aux côtés de ses collègues, marquant symboliquement sa prise de distance avec l’équipe municipale.
Une candidature écartée après 12 ans d’engagement
Denis Hameau indique avoir candidaté en novembre dernier pour poursuivre son engagement au sein de la majorité socialiste lors du scrutin de 2026. Il affirme cependant avoir refusé « la proposition unilatérale » qui lui a été faite cette semaine par la maire, lui attribuant la 50ᵉ position sur la liste.
« Je pensais sincèrement mériter une place éligible, eu égard au travail fourni (…) au service des citoyens et citoyennes de Dijon depuis 12 ans », écrit-il, évoquant ses fonctions successives d’adjoint au maire, de conseiller métropolitain et régional.
Un bilan revendiqué de projets structurants
Dans sa publication, l’élu dresse un long bilan de son action, citant notamment :
- la création de l’Université Bourgogne-Europe en janvier 2025,
- le campus métropolitain des écoles d’ingénieurs ESEO et ESTP,
- le projet OnDijon, application de services urbains comptant aujourd’hui 50 000 utilisateurs,
- le développement du programme de Smart City OnDijon,
- le futur tiers-lieu d’innovation Technov, dédié à la data et à l’IA,
- ainsi que plusieurs projets liés à l’industrie, à l’éthique de la donnée et à l’innovation territoriale.
Il insiste également sur son travail de terrain dans le quartier Montchapet-Marmuzots, mené selon lui « dans le respect, la sincérité et la confiance » avec les habitants.
« Indécente sur le fond et irrespectueuse sur la forme »
Denis Hameau qualifie la proposition de place sur la liste d’« indécente sur le fond et irrespectueuse sur la forme », s’interrogeant publiquement sur une éventuelle mise à l’écart politique : « Faut-il en déduire que, pour des raisons inexpliquées, ma présence n’est plus souhaitée au sein de cette équipe ? »
Plus largement, il porte un regard critique sur la vie politique nationale, évoquant des « postures brutales », des « jeux pervers » et un climat qui, selon lui, alimente le désintérêt des citoyens et la montée des extrêmes.
Une sortie de la vie politique locale
Âgé de 34 ans d’expérience professionnelle en entreprise, Denis Hameau rappelle ne pas dépendre de son mandat pour vivre. Il annonce vouloir désormais mettre ses compétences « dans d’autres projets », sans préciser s’il pourrait s’engager autrement sur la scène publique.
Son message se conclut par de nombreux remerciements adressés aux habitants, aux acteurs de l’économie sociale et solidaire, aux établissements d’enseignement supérieur, aux chercheurs, aux acteurs de l’innovation, ainsi qu’aux agents municipaux et métropolitains, qu’il juge « très investis et compétents, mais malheureusement pas toujours bien traités ».
« Je n’ai aucun regret. Je poursuis sereinement mon chemin, attentif à ne jamais trahir mes convictions », écrit-il, avant de souhaiter « une belle année 2026 » aux Dijonnaises et aux Dijonnais.
Lors des dernières élections municipales, Denis Hameau occupait la 9ᵉ place sur la liste « Dijon c’est Capital ». Pour les municipales de 2026, il s’est vu proposer la 50ᵉ position, ce qui marque un net déclassement dans l’ordre de présentation des candidats.
