Malgré l’annonce de mesures gouvernementales en faveur du monde agricole, la colère ne faiblit pas chez les agriculteurs. L’exécutif a pourtant annoncé un engagement financier de 300 millions d’euros pour soutenir la filière. Une enveloppe jugée insuffisante par les représentants de la profession.
Les Jeunes Agriculteurs et la FRSEA de Bourgogne-Franche-Comté, échelon régional de la FNSEA, appellent ainsi à une mobilisation ce jeudi 15 janvier à Dijon. Si les modalités exactes de la manifestation ne sont pas encore connues, les syndicats indiquent que la cible de l’action sera « les services de l’État », selon un message publié sur leurs réseaux sociaux.
Les deux syndicats dénoncent le manque de réponses concrètes de la part des pouvoirs publics et estiment que leurs alertes restent, à ce jour, largement ignorées. Parmi les principales sources d’inquiétude figure la perspective de la signature de l’accord de libre-échange avec le Mercosur, qui, selon eux, ouvrirait davantage le marché français à des produits agricoles ne respectant pas les mêmes normes que celles imposées aux producteurs nationaux. Une situation vécue comme une concurrence déloyale, alors même que les agriculteurs français doivent se conformer à des règles sanitaires et environnementales de plus en plus strictes.
Les syndicats pointent également un système social et fiscal qu’ils jugent inadapté aux réalités du métier, avec des charges élevées et une rentabilité souvent insuffisante pour assurer des revenus décents. À cela s’ajoutent des contraintes administratives croissantes, qui alourdissent le quotidien des exploitants et réduisent le temps consacré au travail sur le terrain.
D’autres dossiers cristallisent le mécontentement de la profession, notamment la gestion de la ressource en eau, jugée trop restrictive, les mesures fiscales, le plan d’actions nitrates imposant de nouvelles obligations environnementales, ainsi que la question de la prédation animale, qui continue d’affecter certaines filières d’élevage. Enfin, le budget de la Politique agricole commune (PAC) est considéré comme insuffisant pour compenser l’ensemble de ces contraintes. Pour les organisations syndicales, l’accumulation de ces difficultés crée un sentiment d’abandon et d’injustice.
Cette nouvelle mobilisation s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes entre le monde agricole et les pouvoirs publics, alors que de nombreuses exploitations continuent de faire face à des difficultés économiques et à une pression réglementaire croissante.
