La CLCV, France Nature Environnement et la Confédération paysanne se sont constituées parties civiles dans une affaire de trafic de pesticides interdits en France. Des exploitants agricoles sont poursuivis pour avoir importé et utilisé des produits phytosanitaires prohibés, parfois tout en bénéficiant de labels environnementaux.
Ce lundi 12 janvier 2026, l’association de consommateurs CLCV (Consommation, Logement et Cadre de Vie) a annoncé s’être constituée partie civile dans une procédure judiciaire visant plusieurs exploitants agricoles poursuivis pour avoir eu recours à un trafic de pesticides interdits en France. Elle agit aux côtés de France Nature Environnement et de la Confédération paysanne.
L’enquête porte sur l’importation, la vente, la distribution et l’utilisation de produits phytosanitaires prohibés, acheminés depuis l’étranger puis employés sur des exploitations agricoles françaises. Les faits, d’ampleur nationale, concernent des exploitants partenaires de grandes enseignes de distribution alimentaire.
Des labels environnementaux remis en question
Au-delà de l’illégalité des produits utilisés, la CLCV alerte sur un autre point sensible : certains exploitants poursuivis bénéficiaient de labels et certifications environnementales, notamment le label HVE (Haute Valeur Environnementale).
Pour l’association, cette situation met en lumière les limites de certains dispositifs de labellisation. « Cette affaire démontre que les labels ne sont pas nécessairement des gages de qualité ou de sécurité pour les consommateurs », souligne la CLCV, qui appelle à une plus grande vigilance lors des achats.
Elle invite également les consommateurs à privilégier, autant que possible, les filières biologiques, jugées plus exigeantes en matière de cahier des charges et de contrôles.
Une affaire au cœur des débats agricoles actuels
Cette procédure judiciaire intervient dans un contexte de fortes tensions autour du modèle agricole, alors que plusieurs débats politiques sont en cours, notamment sur l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur, ou encore sur la loi Duplomb.
Pour la CLCV, ces discussions ne doivent pas occulter l’enjeu central de la protection des consommateurs. « La santé des citoyens ne peut pas devenir la variable d’ajustement d’un modèle agricole à bout de souffle », insiste l’association.
Les organisations parties civiles espèrent que cette affaire permettra non seulement de sanctionner les pratiques illégales, mais aussi de relancer le débat sur la fiabilité des labels, la traçabilité des produits agricoles et la responsabilité des acteurs de la chaîne agroalimentaire.
D. Bernard
