Cette conférence de presse était attendue, et elle a marqué quelques surprises. La première, c’est la présence du conseiller municipal d’opposition sortant, Henri-Bénigne de Vrégille (HOR), qui a rejoint Emmanuel Bichot. L’ancien élu d’opposition, Franck Ayache (UDI), qui préside l’association Construire Dijon autrement et qui est le chef de file local de l’UDI, a lui aussi rejoint Emmanuel Bichot avant les fêtes de fin d’année.
C’est un coup de maître pour le candidat Emmanuel Bichot, car ces derniers mois, personne n’aurait cru à un rapprochement entre les trois hommes ! Du Printemps dijonnais à une éventuelle alliance avec Fadila Khattabi, sous l’impulsion de François-Xavier Dugourd, rien ne se fera, et c’est aux côtés du candidat d’Agir pour Dijon que Horizons et l’UDI mèneront la bataille.
Autre information que nous avons eue lors de cette conférence de presse : le conseiller municipal d’opposition sortant Axel Sibert a été nommé directeur de campagne. Aux côtés d’Emmanuel Bichot se trouvaient aussi des visages bien connus à Dijon, comme Bruno David, Sandrine Baudot, Sandra Gaudillière, Grégory Vitu, Ludovic Bonnot, et Laurence Gerbet, vice-présidente d’Agir pour Dijon et cheffe de fil des Centristes – Le Nouveau Centre, conseillère municipale d’opposition qui aura toujours été aux côtés du candidat. Céline Renaud sera elle aussi aux côtés d’Emmanuel Bichot, mais n’a pas pu participer à cette conférence de presse pour des raisons d’agenda ; elle était excusée.
Emmanuel Bichot a commencé par souhaiter ses vœux à la presse. Il a déclaré : « On va commencer par vous souhaiter nos meilleurs vœux, pour vous-mêmes, à titre personnel, bien sûr, et en tant qu’organes de presse et médias, parce que c’est très important, à nos yeux, dans notre démocratie locale, d’avoir des médias qui, comme vous le faites, rendent compte et animent l’information démocratique, le débat. Donc, vous avez, dans cette campagne, vous aussi, un rôle très important à jouer. On vous en remercie. »
Puis il est rentré dans le vif du sujet : « C’est un moment important, parce que nous sommes à deux mois des élections municipales, qui ont lieu les 15 et 22 mars. Et donc, nous rentrons vraiment, je dirais, dans le vif de la campagne. La campagne s’ouvre véritablement maintenant à nos yeux. »

L’objectif de cette conférence de presse est de présenter l’équipe qui a été constituée et de présenter les priorités pour Dijon dans cette campagne municipale, qui, disons les choses clairement, pourrait révéler quelques surprises au soir du 22 mars 2026.
Emmanuel Bichot ne manquera pas de rappeler que son engagement politique s’est construit à partir du mouvement citoyen Agir pour Dijon, lancé en 2013 avant de devenir un parti politique à part entière en 2017, qui revendique aujourd’hui près de 200 adhérents. Une dynamique locale qui, selon lui, a progressivement suscité l’intérêt de formations politiques nationales.
« Des partis politiques ont souhaité se joindre à nous », souligne-t-il, en référence à sa récente investiture par Les Républicains, officialisée le 10 décembre, mais aussi aux ralliements déjà actés du Nouveau Centre, de l’UDI et de Nouvelle Énergie. Le mouvement Horizons pourrait également rejoindre cette coalition, sous réserve de confirmation. Autant de soutiens qui, pour Emmanuel Bichot, traduisent la volonté de bâtir un rassemblement élargi autour de son projet municipal.
Emmanuel Bichot ne manquera pas de rappeler que : « Nous ressentons tous la responsabilité que nous avons envers les Dijonnais, qui souhaitent un changement ». Henri-Benigne de Vrégille est sur la même ligne : «Depuis le début, je défends une union… Il y a une opportunité de changer la ville, de changer la politique de la ville après 25 ans. Et pour cela, il fallait faire preuve de responsabilité. Donc… Eh bien, nous avons tous fait preuve de bon sens. »
Le candidat présentera ensuite les grandes lignes de son projet, avec une ligne claire : « Remettre de l’ordre. De l’ordre pour la sécurité, de l’ordre républicain, de l’ordre dans l’urbanisme, de l’ordre dans les déplacements, de l’ordre dans la gestion et dans les finances, parce qu’il y a énormément de zones d’opacité dans cette gestion. »
Il ajoutera : « Il faut se remettre en ordre pour que tout le monde retrouve confiance et qu’on puisse bien vivre à Dijon dans les années à venir. Donc, on souhaite répondre à ces inquiétudes des Dijonnais qui deviennent de plus en plus pressantes en proposant une vision très claire d’une ville plus équilibrée, d’un développement plus équilibré, et également des mesures concrètes. »
Pour Emmanuel Bichot et son équipe, « La première priorité, c’est d’assurer la sécurité des Dijonnais et l’ordre républicain. Alors, ça, ça veut dire qu’on veut instaurer une présence policière permanente dans tous les quartiers. Nous souhaitons donc des commissariats de quartier. Nous souhaitons renforcer la police municipale pour porter ses effectifs à 200 agents. Nous souhaitons renforcer la vidéosurveillance et en faire un usage beaucoup plus intensif. Ça passera par différentes mesures, des mesures technologiques, des mesures également, sans doute, de présence de la police nationale dans le centre de supervision que nous discuterons avec la préfecture. »
Emmanuel Bichot souhaite aussi la mise en place d’une police métropolitaine des transports pour sécuriser les transports. Il souhaite aussi encourager la participation citoyenne organisée à la sécurité : « C’est très important. »
Mieux accompagner les victimes, c’est aussi au programme du candidat : « Je pense que si on accompagnait mieux les victimes, on ferait œuvre utile pour améliorer la sécurité plus durablement. »
Responsabiliser les familles et les mineurs est aussi un enjeu important pour le candidat. Il ne manquera pas de dire : « Il n’existe toujours pas de conseil des droits et des devoirs des familles à Dijon, pourtant prévu par une loi qui date et remonte maintenant à près de 20 ans. »
Concernant le trafic de drogue à Dijon, la ligne se veut elle aussi très claire : « Nous souhaitons combattre le narcotrafic aux côtés de l’État. La sécurité est une responsabilité partagée. On parle beaucoup du continuum de sécurité. On parle de compétences partagées, de coproduction de sécurité. Nous voulons que la municipalité soit complètement engagée aux côtés de l’État dans la lutte contre le narcotrafic, qui est un fléau très grave, qui a pris des proportions vraiment exagérées à Dijon. »

Il ajoutera : « Nous sommes tout à fait conscients que c’est un fléau national, mais nous considérons que ce problème, comme d’autres, a pris à Dijon des proportions qui n’ont pas lieu d’être, et qu’on peut réduire au moins de moitié par une action déterminée et efficace, comme on peut le voir dans d’autres villes. On s’appuie sur des exemples très concrets, comme celui de Meaux, comme celui d’Orléans, des villes qui se sont engagées vraiment dans la lutte contre le narcotrafic. Ce que nous demandons, c’est des opérations place nette régulières. Et la police municipale participera aux côtés de la police nationale à ces opérations. C’est pour ça que nous souhaitons une brigade anti-stupéfiants au sein de la police municipale. Bien évidemment, la police municipale, sa mission première ne sera pas la lutte contre la drogue. »
Pour le candidat : « Il n’est pas normal aujourd’hui qu’on ait autant de points de deal, que la ville soit quadrillée par le narcotrafic sans qu’il ne se passe rien et qu’on ne soit pas dans le harcèlement de ces points de deal. »
Le candidat annoncera aussi vouloir : « Renforcer le contrôle des commerces de nuit avec un comité anti-fraude. Nous allons demander la délégation de compétences, comme l’a fait le maire de Chalon-sur-Saône, pour pouvoir prendre nous-mêmes des arrêtés de fermeture en cas d’infraction de ces commerces de nuit. Nous souhaitons contrôler l’immigration irrégulière. Les pouvoirs de la municipalité sont réduits, mais ils existent. Et nous souhaitons que des opérations conjointes soient menées avec la police de l’air et des frontières sur ce sujet. Nous souhaitons lutter contre le blanchiment, ce qui passe des échanges d’information avec les services de l’’État ».
Sur l’ordre républicain, le candidat souhaite : « Lutter contre l’influence de l’islamisme, qui s’est installé dans la municipalité actuelle », selon lui. Il dénoncera des « relations très rapprochées entre le représentant régional des Frères musulmans, qui est l’imam de Quetigny, et son influence sur le conseil municipal, relayée par un certain nombre de conseillers municipaux ». Pour Emmanuel Bichot, « la municipalité lui donne une reconnaissance qui n’a pas lieu d’être. Et nous considérons que cette branche des Frères musulmans, aujourd’hui, a développé une influence considérable à Dijon, à laquelle nous souhaitons mettre fin. Également, le communautarisme. Pour nous, tous les citoyens doivent être sur un pied d’égalité et doivent partager, je dirais, la culture dominante, et ne pas imposer leurs us et leurs coutumes à tout le monde ».
Emmanuel Bichot souhaite « Également stopper la fuite migratoire et promouvoir l’intégration. Stopper la fuite migratoire, ça veut dire très clairement qu’aujourd’hui, il s’est installé un certain nombre de camps à Dijon, que ce soit pour les Roms, qui étaient des camps de stabilisation, ou que ce soit pour les migrants, avec l’arrivée des Syriens. Tous ces camps ont été installés à titre provisoire. Et on devait d’ailleurs nous rendre compte, quand on a installé le camp pour l’arrivée des Syriens en 2015, on devait nous rendre compte, au bout de six mois, au bout d’un an, de la situation. On n’en a plus jamais entendu parler. Et aujourd’hui, si vous voulez, Dijon est un très gros centre d’accueil de migrants. Et en fait, cela crée une tension. Ça fragilise nos services publics et les plus modestes, les populations les plus modestes à Dijon. Ça alimente les réseaux de la criminalité. Je parle surtout de l’immigration irrégulière, parce que vous savez bien qu’une minorité seulement de migrants obtiennent le droit d’asile. Ça alimente l’immigration irrégulière. Et donc, nous souhaitons revoir le dimensionnement du flux migratoire sur Dijon. »
Le deuxième volet de ses priorités, c’est le cadre de vie. « Préserver le cadre de vie, la qualité du cadre de vie. Alors, ça commence par la préservation de tous les espaces verts existants et la création de nouveaux espaces verts », dira Emmanuel Bichot.
Le candidat dira aussi : « Dijon a toujours eu cette force d’avoir des espaces verts. Et nous considérons qu’il faut continuer à en créer de nouveaux, en particulier sur le flanc sud de la CIGV, où nous sommes totalement opposés aux permis qui viennent d’être signés de construction d’un immeuble pour 188 logements au bord de l’Ouche, le long de l’avenue de l’Ouche. Nous souhaitons limiter les constructions nouvelles et encourager la rénovation du bâti existant. »
« Ça, c’est vraiment une question de priorité », dira le candidat, ajoutant : « Aujourd’hui, il y a tout un parc vieillissant qu’il faut rénover, plutôt que de construire en priorité des constructions nouvelles. Nous souhaitons redéfinir un urbanisme harmonieux et responsable de notre identité dijonnaise, qui est une harmonie et une identité. Rénover et entretenir le patrimoine bâti communal, là, il y a beaucoup à faire. Restaurer le patrimoine historique, en particulier Notre-Dame et Saint-Philibert. Il est malheureux que sur Notre-Dame, on ait laissé le sujet en déshérence pendant plus de 10 ans, alors que l’urgence est là et les infiltrations d’eau sont là depuis plus de 10 ans. Et Saint-Philibert aussi, qui présente un intérêt patrimonial et historique considérable pour la ville de Dijon. »
Emmanuel Bichot n’a pas manqué de parler du lac Kir, qu’il faut sauver selon lui. Il souhaite aussi rénover et entretenir les voies et espaces publics : « Vous voyez bien que la voirie, à l’exception des axes du tram et à l’exception de la piétonnisation, est restée dans son état de 2001. Ça pose quand même beaucoup de difficultés. Donc c’est un sujet très important pour les Dijonnais. »
Le candidat souhaite rendre tous les trottoirs praticables et protéger les piétons des vélos et des trottinettes. Compléter le réseau de bus et relier les quartiers du centre-ville par des navettes électriques. Il dira à ce moment-là : « Vous voyez, ça, ça nous renvoie au T3. Nous considérons que la saturation relative, qui commence quand même à se manifester des deux premières lignes de tramway, ne doit pas se résoudre par une troisième ligne qui garderait les doublonnets, mais doit se résoudre par un rééquilibrage du réseau de bus qui, aujourd’hui, a été modifié pour rabattre tout le monde sur le tramway. »
Pour rappel, Emmanuel Bichot est contre la construction de la troisième ligne de tramway. Concernant le stationnement, c’est un sujet à Dijon : le candidat souhaite « revoir, remettre à plat la tarification du stationnement avec une période gratuite et également baisser les tarifs du stationnement et les tarifs du FPS ».
Il souhaite aussi instaurer la gratuité des transports en commun pour les personnes handicapées, valoriser les familles et les associations, mieux gérer le parc HLM existant. Il souhaite aussi « améliorer l’accès aux crèches municipales pour les enfants dont les parents travaillent. Aujourd’hui, les enfants dont les deux parents travaillent ne sont pas prioritaires pour les crèches municipales, ce qui nous paraît aberrant», selon le candidat.
Le troisième volet concerne la gestion publique. Le candidat souhaite rétablir une gestion rigoureuse et transparente de l’argent public, et baisser le taux de la taxe foncière de 5 % dès le mois d’avril. « Nous voterons cette baisse de la taxe foncière avant le 15 avril, comme la loi le permet. Le budget actuel le permet également puisqu’il est en suréquilibre. Ce suréquilibre est masqué dans une insincérité que nous dénonçons depuis plusieurs années. Nous voterons cette baisse de taxe foncière de 5 %. Pourquoi ? D’abord, c’est une manière de rendre du pouvoir d’achat aux Dijonnais, mais c’est surtout une manière aussi d’aider l’accès au logement, de la rénovation du parc. Si les propriétaires paient moins de taxe foncière, ils vont être plus incités à entretenir et rénover leur logement, notamment les propriétaires bailleurs. »
Emmanuel Bichot dit également avoir « une réflexion sur la disposition de baisse de la taxe foncière pendant 3 ans, pour toutes les personnes qui engagent plus de 10 000 € de travaux de rénovation énergétique dans leur logement ».
Il souhaite aussi « associer tous les Dijonnais aux grandes décisions concernant leur ville et leur quartier et donc rétablir de véritables comités de quartier qui n’ont pratiquement jamais existé », selon lui, « qui n’existent plus du tout aujourd’hui», d’après le candidat.
Faciliter l’accès des entreprises locales à la commande publique en valorisant les productions locales sera aussi au programme du candidat.
Le programme complet sera dévoilé à la fin du mois de janvier. En attendant, la première réunion publique du candidat est prévue ce samedi 17 janvier 2025. Un local de campagne, situé 10 rue Audra, doit être inauguré la semaine suivante. Concernant la liste complète, celle-ci sera aussi présentée d’ici la fin janvier. À partir du 10 février, un cycle de dix réunions de quartier doit débuter, avant un meeting d’avant-premier tour programmé le 13 mars. Des déplacements sur le terrain sont aussi prévus. La campagne a bel et bien commencé, Emmanuel Bichot et son équipe en sont parfaitement conscients.
Revivez en vidéo l’intégralité de la conférence de presse et ses annonces majeures : ici





















