Gratuité de l’eau vitale, transports gratuits pour les jeunes et les plus précaires, rénovation massive des logements, végétalisation de la ville, démocratie citoyenne renforcée : la liste d’union de la gauche et des écologistes affiche des ambitions fortes pour transformer Dijon.
Réunie ce vendredi matin à La Fourmilière, la liste “Dijon Change d’ère” a présenté les premières mesures clés de son programme en vue des élections municipales de mars 2026, à l’issue d’une conférence de presse conduite par son tête de liste, Michel Haberstrau, entouré de six colistiers représentant Les Écologistes, L’Après, Génération·s et le Parti communiste français. Une union que les candidats présentent comme « la seule liste d’union de la gauche et des écologistes à Dijon ».
Une priorité : garantir l’accès aux besoins essentiels
Le programme s’ouvre sur une série de mesures destinées à sécuriser l’accès aux services fondamentaux. La liste propose notamment :
- la gratuité des premiers mètres cubes d’eau, afin de reconnaître l’accès à l’eau comme un droit effectif ;
- la gratuité des transports en commun pour les moins de 26 ans, les personnes en situation de handicap et les bénéficiaires des minima sociaux ;
- la création d’une Sécurité sociale de l’alimentation à l’échelle de Dijon, pour favoriser l’accès à une alimentation locale, saine et de qualité ;
- le passage à 10 % du budget municipal consacré aux associations culturelles, sportives, sociales et solidaires.
Les candidats souhaitent également engager une reprise en gestion publique de plusieurs services aujourd’hui confiés au privé, tels que l’eau, les déchets, les transports ou encore la petite enfance, avec une gouvernance associant syndicats, usagers et collectivités. Dans les écoles maternelles, l’objectif affiché est clair : tendre vers une ATSEM par classe pour renforcer l’encadrement des enfants.
Logement, urbanisme et nature en ville : un changement de cap revendiqué
Sur la question du logement, “Dijon Change d’ère” souhaite obtenir le classement de la ville en zone tendue, condition nécessaire à la mise en place de l’encadrement des loyers, et prévoit une régulation stricte des locations de courte durée de type Airbnb. La liste vise également 25 % de logements sociaux et une lutte renforcée contre la spéculation immobilière.
Autre axe majeur : la rénovation thermique massive du parc public et privé, ciblant en priorité les passoires énergétiques, avec des exonérations de taxe foncière pour les propriétaires réalisant des travaux performants, en privilégiant les matériaux biosourcés.
Le projet urbain s’articule autour du concept “Dijon, Grandeur Nature”, qui prévoit :
- la désimperméabilisation des sols,
- des plantations massives d’arbres, de haies, de micro-forêts et de forêts comestibles,
- la révision du PLUi-HD avec un objectif de zéro artificialisation brute,
- la garantie pour chaque habitant d’un espace de nature à moins de cinq minutes de son domicile.
Les écoles sont également au cœur du programme avec un plan “Rénov’École” combinant végétalisation, rénovation énergétique et adaptation aux fortes chaleurs. La liste défend par ailleurs une ville pensée à hauteur d’enfants, avec sécurisation des abords d’écoles, piétonnisation de certaines places et aménagements favorisant l’autonomie.
Parmi les annonces les plus marquantes figure aussi l’arrêt de la phase 2 de l’écoquartier des Maraîchers, ainsi que le projet de réouverture du Suzon et d’aménagement de promenades végétalisées le long de l’Ouche, afin de réintroduire l’eau et la fraîcheur au cœur de la ville.
Désenclaver les quartiers et renforcer les services de proximité
La liste entend également retisser les liens entre les quartiers et lutter contre les inégalités territoriales. Elle propose :
- un réseau continu et sécurisé pour la marche et le vélo à l’échelle de la ville et de la métropole ;
- une remise à plat du tracé de la troisième ligne de tramway, avec une nouvelle concertation citoyenne, afin de mieux desservir les quartiers enclavés, notamment Fontaine-d’Ouche ;
- un accès équitable aux crèches, services municipaux et équipements publics dans tous les quartiers.
En matière de santé, le programme prévoit le soutien à l’implantation de structures médicales de proximité et l’expérimentation d’un tiers-lieu de santé associant professionnels et habitants.
Concernant la tranquillité publique, la liste défend un dispositif reposant sur la prévention et la médiation, avec des éducateurs spécialisés et des médiateurs professionnels, en complément d’une police municipale de proximité, pour lutter contre les incivilités sans logique uniquement répressive.
Le commerce et l’artisanat ne sont pas oubliés : création d’un contrôle des baux commerciaux pour plafonner certains loyers, favoriser la diversité commerciale et limiter la mono-activité dans certains secteurs de la ville.
Démocratie participative et planification à long terme
Sur le plan démocratique, “Dijon Change d’ère” souhaite instaurer de véritables assemblées citoyennes décisionnaires sur les grands projets municipaux, comme la Cité internationale de la gastronomie, les infrastructures de transport ou les grands projets urbains.
Le programme prévoit également :
- un plan pluriannuel de rénovation des équipements sportifs, culturels et d’accueil,
- l’objectif de zéro rue non accessible aux personnes à mobilité réduite d’ici la fin du mandat,
- un soutien aux reprises d’entreprises par les salariés sous forme de SCOP et SCIC,
- la conditionnalité des aides municipales aux entreprises à des engagements sociaux, environnementaux et territoriaux,
- une convention citoyenne “Dijon cap 2050” chargée de définir les grandes orientations de la ville face aux défis climatiques, alimentaires et sociaux à long terme.
Une rupture politique clairement assumée
Dans son discours, Michel Haberstrau a vivement critiqué la majorité sortante, qu’il accuse de s’être « technicisée » et d’avoir privilégié l’attractivité économique au détriment de la qualité de vie quotidienne des habitants. Il dénonce également la surdensification urbaine, les projets imposés sans concertation et les discours sécuritaires de la droite et de l’extrême droite locale.
Le candidat revendique un projet écologique, féministe et solidaire, inspiré de l’esprit du Nouveau Front populaire, et insiste sur la diversité socioprofessionnelle de son équipe : responsables associatifs, enseignants, travailleurs sociaux, commerçants, chercheurs, architectes ou encore entrepreneurs.
« Les mesures présentées aujourd’hui ne sont qu’un prologue », a-t-il conclu, annonçant de nouvelles propositions dans les semaines à venir et appelant les Dijonnaises et Dijonnais à participer activement à la construction du projet municipal.
