Au lendemain de la signature de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du MERCOSUR, le Département de la Côte-d’Or a annoncé une décision forte : l’interdiction des produits en provenance d’Amérique du Sud dans les restaurants scolaires des collèges, et notamment de la viande bovine. Une mesure qui s’inscrit dans une volonté affirmée de défendre l’agriculture locale et la souveraineté alimentaire française
Le Département adressera prochainement une circulaire aux chefs d’établissement et aux services de gestion afin de préciser les nouvelles conditions d’approvisionnement. L’objectif est clair : aucun produit alimentaire originaire d’Amérique du Sud ne devra figurer dans les assiettes des collégiens.
Une réponse politique à l’accord UE–MERCOSUR
Pour le président du Conseil départemental, François Sauvadet, cet accord de libre-échange représente une menace directe pour les filières agricoles françaises. Il dénonce une concurrence qu’il juge déloyale, reposant sur des normes sanitaires et environnementales souvent moins exigeantes que celles imposées aux producteurs européens.
« Nous ne pouvons accepter une concurrence déloyale qui mettrait en péril nos agriculteurs, nos territoires et notre souveraineté alimentaire », affirme-t-il.
Dès 2024, le Département s’était déjà positionné contre la poursuite des négociations entre l’Union européenne et les pays du MERCOSUR, demandant leur arrêt. La décision annoncée aujourd’hui marque donc la traduction concrète de cette opposition sur le terrain des politiques publiques locales.
Soutenir l’élevage français et les circuits courts
Au-delà du refus des importations sud-américaines, la collectivité entend renforcer son engagement en faveur des productions locales. La protection de l’élevage français, et en particulier de son modèle familial et herbager, constitue un axe central de cette politique.
Selon François Sauvadet, il est indispensable de préserver la compétitivité des filières agricoles françaises tout en garantissant des exigences élevées en matière de qualité sanitaire et environnementale. Le Département mise également sur la traçabilité des produits, rendue plus facile par des circuits courts et des partenariats avec des producteurs du territoire.
Des résultats déjà supérieurs aux objectifs nationaux
La Côte-d’Or affiche déjà des résultats encourageants. Plus de 55 % des produits servis dans les cantines des collèges sont aujourd’hui issus d’un approvisionnement local, durable et de qualité, dépassant ainsi l’objectif de 50 % fixé par la loi Egalim.
L’ambition du Département est désormais d’atteindre 80 % de produits locaux dans les assiettes des collégiens d’ici 2027. L’an dernier, plus de 370 000 repas « 100 % Côte-d’Or » ont été servis, illustrant la montée en puissance de cette politique alimentaire territoriale.
Des collégiens sensibles à l’origine des produits
Une grande enquête menée auprès des élèves l’an dernier confirme l’intérêt croissant des jeunes pour la provenance de leur alimentation. Près de 70 % des collégiens interrogés déclarent être attentifs à l’origine des produits et expriment une préférence pour les productions locales.
Un signal encourageant pour la collectivité, qui voit dans cette sensibilité une opportunité de renforcer l’éducation au goût, à l’agriculture et à la consommation responsable, tout en soutenant l’économie agricole du territoire.
Une décision symbolique et stratégique
Si la mesure ne peut à elle seule infléchir la politique commerciale européenne, elle envoie un message politique fort : celui d’un territoire qui choisit de privilégier ses producteurs et de défendre un modèle agricole fondé sur la proximité, la qualité et la durabilité.
Pour le Département de la Côte-d’Or, la restauration scolaire devient ainsi un levier stratégique au service de la souveraineté alimentaire, mais aussi un outil éducatif pour sensibiliser les jeunes générations aux enjeux agricoles et environnementaux.
