La ligne ferroviaire Dijon–Paris, axe stratégique reliant la Bourgogne-Franche-Comté à l’Île-de-France, fait l’objet d’importants travaux de modernisation en 2026. SNCF Réseau y investit plus de 130 millions d’euros, dont 33,6 millions d’euros consacrés à deux chantiers majeurs dans l’Yonne, mobilisant des engins spectaculaires : de véritables trains-usines capables de renouveler les voies à grande vitesse.
Mise en service en 1849, cette ligne historique de l’axe Paris–Lyon–Méditerranée (PLM) est aujourd’hui confrontée au vieillissement de ses infrastructures, à l’augmentation du trafic ferroviaire et aux effets du changement climatique. Objectif des travaux : renforcer la sécurité, améliorer la qualité de service et garantir la performance du réseau, tout en maintenant autant que possible la circulation des trains.
Un « mangeur de rails » entre Villeneuve-la-Guyard et Joigny
Premier chantier : le renouvellement de 23 kilomètres de rails entre Villeneuve-la-Guyard et Joigny, pour un montant de 21 millions d’euros. Les travaux se déroulent en deux phases : du 19 janvier au 6 mars 2026, puis d’octobre à décembre 2026.
Sur ce tronçon, SNCF Réseau déploie un train-usine surnommé BOA, un impressionnant engin capable de remplacer jusqu’à 320 mètres de rails par heure, soit deux à trois fois plus rapidement que les méthodes classiques. Chaque jour de semaine, environ 150 agents sont mobilisés autour de cette machine industrielle composée de quatre ateliers successifs : déchargement des rails, soudure, substitution des anciens rails et rechargement du matériel.

Un second train-usine entre Sens et Joigny
Un deuxième chantier d’envergure est également mené entre Sens et Joigny, du 19 janvier au 17 avril 2026, cette fois en journée. D’un coût de 12,6 millions d’euros, il mobilise lui aussi environ 150 agents par jour et une dizaine d’entreprises partenaires.
Le train-usine utilisé sur ce secteur est capable de renouveler l’ensemble des composants de la voie : rails, traverses et ballast. Il n’existe que trois engins de ce type en France, capables de remettre à neuf jusqu’à 220 mètres de voie par jour, contre moins de 100 mètres avec des méthodes traditionnelles. Au total, l’opération prévoit le remplacement de près de 4 km de rails, 7,5 tonnes de ballast et 7 900 traverses.
À noter également : 3 000 heures d’insertion sociale sont intégrées au chantier, illustrant la volonté de SNCF Réseau de soutenir l’emploi local et l’inclusion professionnelle.

Des travaux organisés pour limiter l’impact sur les voyageurs
Sur une ligne très fréquentée, sans véritable itinéraire de substitution, la programmation des travaux constitue un défi majeur. SNCF Réseau affirme avoir organisé les interventions de manière à préserver les heures de pointe, les week-ends et les grands flux de voyageurs.
Ainsi, entre Dijon et Montbard, des interruptions ont lieu en semaine en milieu de journée entre début février et fin mars, tandis que certains week-ends font l’objet d’opérations spécifiques. Des plages similaires sont prévues au nord de Montbard jusqu’à mi-avril, toujours avec le souci de maintenir les circulations aux moments les plus fréquentés.
Des retombées locales et un chantier plus écologique
Au total, ce sont environ 300 agents mobilisés chaque jour sur l’ensemble des chantiers. Leur présence bénéficie directement à l’économie locale, notamment aux hôtels, restaurants et commerces situés à proximité des zones de travaux.
Sur le plan environnemental, l’ensemble des rails déposés est acheminé vers des aciéries pour être refondu et réutilisé, s’inscrivant dans une logique d’économie circulaire visant à réduire l’empreinte carbone des chantiers ferroviaires.
Chiffres clés
- 33,6 M€ investis par SNCF Réseau dans l’Yonne
- 27 km de rails renouvelés
- 300 agents mobilisés en moyenne chaque jour
