Les rumeurs, et parfois même les mensonges, sont hélas monnaie courante en période de campagne électorale. Discréditer l’adversaire, laisser planer le doute, faire courir des bruits : ces pratiques deviennent, parfois sans même que leurs auteurs s’en rendent compte, le jeu de militants ou de soutiens de tel ou tel candidat sur les réseaux sociaux.
Le rôle des médias est précisément de faire la part des choses entre le vrai et le faux.
Un exemple récent l’illustre parfaitement. Le 19 janvier 2026, la maire de Dijon reçoit à l’Hôtel de Ville l’Union départementale des boulangers-pâtissiers de la Côte-d’Or à l’occasion de la traditionnelle galette des rois. Nathalie Koenders publie alors une photo de cette réception sur sa page Facebook.
Dans la foulée, cette publication est reprise par Frédéric Gérard, présenté comme proche, selon toute vraisemblance, du candidat Emmanuel Bichot, accompagnée du commentaire : « Étrange, les autres années il ne me semble pas que ce genre de cérémonie ait eu lieu ! »
Très rapidement, les réactions s’enchaînent. Un internaute, Jean-Baptiste, affirme : « En période électorale, seules les manifestations traditionnelles sont autorisées. Celle-ci à Dijon ne l’est pas. »
Frédéric Gérard renchérit : « Ça mériterait d’être dénoncé ! » mentionnant plusieurs personnalités locales dans la discussion. Puis Philippe Neyraud intervient à son tour : « C’est totalement interdit. Sur Chenôve, ils font la même chose… on devrait faire un recours tous ensemble. »

En quelques commentaires, le doute est installé et la suspicion d’irrégularité électorale se propage, sans qu’aucune vérification préalable ne semble avoir été effectuée.
Pourtant, après vérification, les faits sont clairs : l’Union départementale des boulangers-pâtissiers de la Côte-d’Or est reçue chaque année en mairie pour la traditionnelle galette des rois, et ce depuis 2001. En 2025, cette réception a eu lieu le 28 janvier ; en 2024, le 17 janvier. Il s’agit donc bien d’une tradition locale ancienne, sans lien avec le contexte électoral actuel.
Cet épisode illustre parfaitement la manière dont une simple publication peut, par enchaînement de commentaires et d’interprétations hâtives, se transformer en rumeur politique.
La conclusion est simple : avant d’avancer des accusations, et avant que d’autres ne s’engouffrent dans la brèche, il est indispensable de vérifier les faits. Propager des informations erronées ou des soupçons infondés ne fait que polluer inutilement le débat démocratique.
La vérité ayant été rétablie, la campagne peut se poursuivre sur le terrain des projets et des idées, là où elle devrait toujours se situer.
