D’après nos informations, le syndicat Solidaires 21 a adressé, dans la matinée de ce mardi 20 janvier 2026, un courrier aux député·es du Nouveau Front Populaire (NFP) de Côte-d’Or afin de leur demander de rejeter le budget de l’État 2026 présenté par le gouvernement de Sébastien Lecornu et, par conséquent, de soutenir une motion de censure.
Les parlementaires destinataires de ce courrier seraient Océane Godard et Pierre Pribetich pour le Parti socialiste, ainsi que Catherine Hervieu pour Les Écologistes. Le syndicat leur demanderait explicitement de ne pas laisser passer un budget jugé incompatible avec les attentes sociales actuelles.
Au moment où nous écrivons ces lignes, nous n’avons pas pu consulter le contenu exact du courrier, et Solidaires 21 n’a pas répondu à notre sollicitation. Toutefois, selon plusieurs sources concordantes, le message serait sans ambiguïté : pour le syndicat, le budget 2026 doit être rejeté, et le gouvernement censuré.
Une telle démarche est particulièrement rare de la part de Solidaires 21, qui s’exprime habituellement par des communiqués ou dans le cadre de mobilisations intersyndicales, mais très peu par interpellation directe de parlementaires locaux. Cette initiative témoignerait ainsi d’un niveau de rejet élevé du projet budgétaire, non seulement au sein de la population, mais aussi dans une partie significative du mouvement syndical.
Cette prise de position pose désormais deux questions politiques.
D’abord, une initiative syndicale locale peut-elle peser sur un vote national ? Si les décisions se prennent avant tout dans les groupes parlementaires, la pression locale, notamment dans des circonscriptions politiquement sensibles, peut jouer un rôle dans l’arbitrage individuel de certains élus.
Ensuite, quelles conséquences politiques locales en cas de non-censure ? Un refus des député·es NFP de voter la censure pourrait être perçu par une partie de l’électorat de gauche et par les organisations syndicales comme un renoncement aux engagements sociaux portés lors des campagnes électorales. À moyen terme, cela pourrait fragiliser les relations entre partis politiques et réseaux militants locaux, voire peser sur de futures échéances électorales.
Dans un contexte de tensions sociales persistantes et de débats budgétaires particulièrement sensibles, l’intervention de Solidaires 21 vient rappeler que la bataille parlementaire se joue aussi sur le terrain local, là où les conséquences concrètes des politiques publiques sont directement ressenties.
