Il fallait trouver un argument. Et un argument de taille. Fadila Khattabi l’a trouvé pour justifier son retrait de la course aux municipales à Dijon. Mais la question demeure : s’agit-il réellement de la vraie raison de son abandon, ou d’un habillage politique destiné à masquer une réalité bien plus brutale ?
Le 20 janvier 2026, Fadila Khattabi annonce, via un communiqué de presse, qu’elle retire sa candidature aux élections municipales de mars prochain : « Aujourd’hui, j’ai pris la décision avec mon équipe de retirer ma candidature dans le cadre des futures élections municipales de mars prochain à Dijon. »
Pour expliquer ce retrait, elle invoque la rupture avec des partenaires politiques centristes : « Ces derniers jours, des partenaires politiques se réclamant du centre (…) ont fait le choix de soutenir une candidature soutenue par Reconquête, contribuant ainsi à la banalisation gravissime de l’extrême droite et de ses idées nauséabondes. Ce choix n’est pas le mien. Il ne le sera jamais. »
L’argument est moralement fort, politiquement spectaculaire. Mais il sonne surtout comme une diversion.
Une candidate incapable d’avancer seule
Car à la lecture de cet argumentaire, une chose saute aux yeux : Fadila Khattabi n’avait tout simplement pas le poids politique pour continuer sans alliés. C’est une réalité qu’elle évite soigneusement d’assumer. Si elle avait eu une dynamique électorale, si elle avait eu une base solide, elle aurait poursuivi la campagne, partenaires ou pas. Elle ne l’a pas fait. Pourquoi ? Parce qu’elle savait que sa candidature était déjà en train de sombrer.
Le chiffre qui fait mal : 2 %
Un sondage récent la créditait de… 2 % des intentions de vote. Exactement au même niveau que Lutte Ouvrière. Un score humiliant pour une ancienne ministre, figure nationale, qui prétendait incarner une alternative crédible à Dijon.
Sur ce chiffre, silence radio. Pas un mot. Pas une explication. Pas une remise en question. Pourtant, c’est bien là que se trouve la véritable raison du retrait : une absence totale d’adhésion populaire.
Des partenaires comme boucs émissaires
Accuser aujourd’hui ses anciens alliés « du centre » est politiquement commode, mais insuffisant pour expliquer à lui seul ce retrait. La réalité est bien plus simple :
- Elle a sous-estimé Emmanuel Bichot,
- Elle a sous-estimé la recomposition politique locale,
- Et surtout, elle a sous-estimé les Dijonnais et les Dijonnaises, qui n’ont tout simplement pas voulu d’elle comme maire.
Transformer un échec électoral annoncé en posture morale, c’est tenter de sauver la face. Mais cela ne trompe personne.
Verdict des urnes avant l’heure : « tout sauf Khattabi »
Quand une candidate plafonne à 2 %, le message est limpide, net, sans ambiguïté : les électeurs ne veulent pas d’elle. À ce niveau, ce n’est plus un accident de campagne, c’est un rejet politique.
Qu’on le dise clairement : le retrait de Fadila Khattabi n’est pas un acte de courage politique face à l’extrême droite, c’est un retrait contraint par l’échec, dicté par l’absence de soutien populaire et par une campagne qui n’a jamais décollé. Le reste n’est que communication.
