L’abandon du projet de bus et de bennes à ordures fonctionnant à l’hydrogène par Dijon Métropole suscite de vives réactions dans l’opposition de gauche et écologiste, qui dénonce un « fiasco financier et écologique » et un choix politique dicté davantage par la communication nationale que par l’intérêt local.
Communiqué de presse du 20 janvier 2026 :
Bus et bennes à hydrogène : un fiasco financier et écologique annoncé
L’abandon du projet hydrogène porté par la majorité, qui consistait à équiper les bennes à ordures et une flotte de bus, présenté pompeusement par Dijon Métropole comme une solution miracle pour la transition énergétique, est un aveu d’échec.
Ce n’est pas surprenant. Depuis six ans, les élu·es écologistes appellent à désinvestir dans un usage encore coûteux et risqué, qui prive la Métropole d’investissements dans les économies d’énergie et dans l’accélération de la production d’énergies renouvelables sur le territoire.
Ce projet apparaît aussi comme un choix politique de François Rebsamen dicté davantage par un alignement avec la communication gouvernementale que par l’intérêt des Dijonnaises et des Dijonnais. En 2021, Emmanuel Macron annonçait vouloir faire de la France un « leader de l’hydrogène à l’horizon 2030 ». Dijon a alors servi de vitrine locale à cette ambition présidentielle, au prix d’un cadeau politique coûteux, largement financé par l’argent public local, et dont la facture pèse aujourd’hui lourdement sur les finances de la Ville et de la Métropole.
Cet échec stratégique est aussi un triste exemple de « maladaptation climatique », fondée sur la croyance que de nouvelles technologies pourront se substituer au pétrole.
Pourtant, la décarbonation de l’économie et la transition énergétique ne s’inscrivent pas dans une logique de simple substitution, mais dans un modèle fondé sur la sobriété et l’efficacité énergétique.
Michel Haberstau, tête de liste du rassemblement de la gauche et des écologistes, ajoute : « En matière de transports, l’hydrogène doit rester un dernier recours, lorsqu’il n’est pas possible d’électrifier directement. Il peut être pertinent là où il n’existe pas d’alternative, comme dans le transport maritime. Les batteries des véhicules électriques présentent une efficacité énergétique d’environ 75 %, contre 30 % pour les motorisations à hydrogène. Avec mes colistières et mes colistiers, nous proposons le verdissement de la flotte de bus par l’électrification directe des véhicules et un recours accru aux batteries, plus efficaces pour réduire les émissions de carbone et moins coûteuses pour le contribuable. »
Pour autant, le candidat écologiste de la gauche unie considère que l’hydrogène fait partie des solutions indispensables à une transition énergétique réussie, notamment pour sa réelle plus-value en matière de stockage de l’électricité produite par les énergies renouvelables.
L’« écologie populaire » est peut-être un beau slogan de campagne, mais la dure réalité des échecs rattrape aujourd’hui les candidat·es de la liste de la maire sortante.
