Des habitants du quartier de la place Auguste-Dubois, à Dijon, ont été surpris, ce week-end, par la multiplication d’affiches politiques apposées sur les vitrines d’un ancien commerce aujourd’hui inoccupé. Les clichés transmis à la rédaction montrent une façade presque entièrement recouverte de visuels de campagne, collés sans autorisation apparente.
Le bâtiment concerné, une ancienne boucherie-charcuterie, appartient à Grand Dijon Habitat, qui devra donc prendre en charge le décollage et le nettoyage des vitrines. Une situation qui irrite certains riverains, déjà confrontés à la dégradation régulière de l’espace public.
« Il est pour le moins truculent de voir le visage d’un ancien préfet placardé de cette manière, dans un immeuble public, sans aucun respect pour le voisinage », déplore un habitant du quartier, à l’origine de l’alerte. « Je n’aime pas particulièrement la saleté, et encore moins quand elle est organisée. »
Au-delà de la gêne esthétique, la pratique pose aussi une question de légalité. L’affichage électoral est strictement encadré par le code électoral, qui prévoit des emplacements dédiés et interdit l’apposition d’affiches en dehors de ces supports. En cas d’infraction, l’amende peut atteindre 1 500 euros, comme le rappelle la circulaire officielle relative aux panneaux d’affichage électoraux pour les municipales de 2026.
Tout affichage relatif à l’élection est interdit en dehors des emplacements réservés aux listes de candidats (et des panneaux d’affichage d’expression libre prévus à l’article L. 581-13 du code de l’environnement, lorsqu’il en existe). L’article L. 51 du code électoral prévoit expressément cette interdiction pendant les six mois précédant le premier jour du mois de l’élection, soit depuis le 1er septembre 2025, et jusqu’à la date du tour de scrutin où l’élection est acquise.
Trois types de mesures permettent de sanctionner l’affichage interdit :
- après mise en demeure adressée à la liste de candidats, retrait d’office de tout affichage électoral apposé en dehors des emplacements autorisés (articles L. 51 et R. 28-1 du code électoral) ;
- amende administrative forfaitaire de 1 500 € à la personne ayant procédé à l’affichage sauvage (article L. 581-26 du code de l’environnement) ;
- sanctions pénales, soit au titre de l’article L. 90 du code électoral, qui prévoit une peine d’amende de 9 000 €, soit, suivant l’article L. 113-1, une peine d’un an d’emprisonnement et 15000 € d’amende pour le candidat tête de liste qui aura bénéficié d’un affichage illégal, à sa demande ou avec son accord exprès.
Contacté par la rédaction, Thierry Coudert, candidat du Rassemblement, a reconnu le caractère anormal de la situation. Il indique que cet affichage n’est pas conforme aux règles et affirme qu’il va faire procéder rapidement au retrait des affiches concernées.
Une réaction qui apaise partiellement la colère des habitants, même si certains regrettent que ce type de pratiques persiste en début de campagne.

