Après le rejet par le Sénat du texte relatif à la fin de vie, le mouvement politique Notre Nation est monté au créneau cette semaine pour dénoncer ce qu’il qualifie d’« immobilisme politique » et une stratégie gouvernementale jugée « incohérente et insuffisante » sur un sujet sociétal majeur.
Le gouvernement a en effet choisi de scinder le débat en deux textes distincts : l’un consacré aux soins palliatifs, l’autre au droit à mourir dans la dignité. Une approche que Notre Nation critique vivement, estimant que les deux dimensions sont indissociables.
Des soins palliatifs jugés insuffisants
Dans son communiqué, le mouvement pointe les limites du projet de loi consacré aux soins palliatifs, qu’il estime largement en deçà des besoins réels. « Absence d’engagement budgétaire clair, manque de vision structurelle, inégalités territoriales persistantes », énumère Notre Nation, qui affirme que le texte ne permet pas aujourd’hui de garantir un accès effectif aux soins palliatifs pour l’ensemble de la population, y compris dans les territoires d’outre-mer.
Une loi sur la fin de vie toujours repoussée
Concernant le second volet, celui du droit à mourir dans la dignité, le mouvement déplore des reports successifs et une dilution du débat, malgré les engagements pris par le Président de la République et le Premier ministre pour une issue législative d’ici 2026–2027.
Pour Notre Nation, le blocage actuel reflète un manque de volonté politique à trancher un sujet pourtant largement débattu dans la société.
« Soins palliatifs et liberté de choix ne sont pas opposés »
À rebours d’une partie du débat politique, Notre Nation affirme que soins palliatifs et liberté de choix en fin de vie ne sont pas contradictoires mais complémentaires.
Le mouvement défend une approche articulée autour de trois piliers :
- un accès universel et réellement financé aux soins palliatifs, sur tout le territoire ;
- une loi encadrée permettant le choix en fin de vie, dans le respect des consciences ;
- l’organisation d’un référendum national afin que les Français puissent se prononcer directement sur ce sujet sensible.
« Sur une question aussi intime, c’est au peuple de trancher », affirme le mouvement, qui invoque l’esprit des institutions de la Ve République.
Un positionnement assumé au nom de la dignité humaine
Dans un manifeste rendu public une nouvelle fois, intitulé « La dignité jusqu’au dernier souffle », Notre Nation revendique une ligne politique fondée sur la liberté de conscience et la primauté de l’humain sur les logiques idéologiques.
« Personne ne devrait être contraint d’endurer ce qu’il ne souhaite plus vivre », affirme le texte, tout en rappelant que le droit au choix ne constitue en aucun cas une obligation, mais une possibilité encadrée, accompagnée et protégée contre toute dérive.
Le mouvement insiste également sur la nécessité d’un accompagnement renforcé des familles et des soignants, estimant qu’aucune décision ne peut être juste sans un environnement médical, psychologique et humain solide.
« Un marqueur d’humanité, pas un combat idéologique »
Par la voix de son vice-président chargé des relations politiques et du programme, Maxime Ferreira, Notre Nation affirme vouloir porter une droite « qui place l’humain avant les réflexes idéologiques » et refuse que le débat soit confisqué par des postures dogmatiques.
« Ce combat n’est pas un marqueur idéologique, c’est un marqueur d’humanité », martèle le mouvement, qui entend poursuivre son engagement sur ce dossier malgré son statut de jeune formation politique.
Alors que le calendrier parlementaire reste incertain sur la suite du processus législatif, Notre Nation appelle à une reprise du débat « sans faux-semblants ni renoncements », estimant que la manière dont une société traite ses citoyens en fin de vie constitue un indicateur fondamental de sa maturité démocratique.
