Ce samedi 31 janvier, une manifestation à l’appel du syndicat Alliance Police nationale s’est tenue dans plusieurs villes de France. En région Bourgogne-Franche-Comté, la marche a eu lieu à Dijon, où un rassemblement était prévu dès 11 heures devant le commissariat, place Suquet.
Plus de 500 personnes se sont ensuite élancées dans les rues de la ville, parfois sous les applaudissements des passants regardant le cortège défiler.
Lors de ce rassemblement, le responsable du syndicat Alliance Police nationale a pris la parole pour expliquer les raisons de la mobilisation. « Si nous sommes réunis aujourd’hui, ce n’est ni par habitude, ni par posture, sans aucune connotation politique. Si nous sommes réunis aujourd’hui, c’est parce que la France s’enfonce dans l’insécurité », a-t-il déclaré, évoquant une criminalité qui « s’organise, se structure et se radicalise ».
Il a également décrit des forces de l’ordre « en première ligne », mais contraintes d’agir « sans effectifs suffisants, sans outils adaptés, sans protection juridique réelle ». Selon lui, « les faits sont là, ils sont incontestables. Nos commissariats tombent en ruine. Nos logiciels informatiques datent d’un autre âge. Nos véhicules de police dépassent parfois les 200 000 km. »
Le responsable syndical a aussi alerté sur la situation des services d’enquête : « Nos enquêteurs, nos officiers de police judiciaires, croulent sous près de 2 millions de procédures en souffrance. […] La filière investigation est à bout de souffle. » Il a ajouté que « les conditions de travail se dégradent » et que « les vocations disparaissent ».

Dans son discours, il a insisté sur les risques encourus par les forces de l’ordre : « Chaque jour, des policiers protègent les Français au péril de leur vie. Chaque jour, des policiers sont pris pour cible, insultés, agressés, parfois blessés, parfois tués. » Il a également dénoncé un décalage entre la loi et son application : « En droit, s’en prendre à un policier, c’est 7 à 8 ans de prison. Dans la réalité, c’est 8 mois. Voilà la vérité. »
Le syndicat affirme ne pas réclamer de « privilèges », mais « simplement les moyens de remplir la mission que la Nation nous confie », demandant « des effectifs suffisants, des outils valables, des commissariats dignes, une justice cohérente et efficace ».
« Aujourd’hui, nous ne marchons pas contre quelqu’un, nous marchons pour quelque chose de fondamental. Nous marchons pour la sécurité des Français. Nous marchons pour la défense de l’autorité républicaine », a poursuivi le responsable, appelant policiers, gendarmes, agents publics, élus et citoyens à « faire bloc ».
La prise de parole s’est conclue par un message adressé aux participants : « La sécurité n’est pas un confort, ce n’est pas une option, c’est un droit fondamental. Et c’est le premier devoir de l’État. Merci à toutes et à tous d’être ici. Merci d’avoir marché avec nous. Merci de soutenir celles et ceux qui, chaque jour, protègent la République. »
Enfin, au-delà des revendications matérielles et organisationnelles, cette mobilisation a également mis en lumière le mal-être grandissant d’une partie des policiers. Entre conditions de travail jugées difficiles, charge administrative importante et exposition constante aux violences, beaucoup disent exercer leur métier dans un climat de plus en plus éprouvant. Le responsable syndical a notamment souligné que « les conditions de travail se dégradent » et que « les vocations disparaissent », des signaux qu’il estime préoccupants pour l’avenir de la profession et pour la capacité des forces de l’ordre à assurer leurs missions.
La manifestation a également été marquée par la présence de plusieurs personnalités politiques, telles que la maire de Dijon, Nathalie Koenders. Emmanuel Bichot, candidat à la mairie de Dijon, était lui aussi présent, tout comme Thierry Coudert. Fabian Ruinet, maire de Talant, se trouvait également aux côtés des policiers pour cette marche.
