Hier soir, la salle Devosge avait des airs de grand soir. Une ambiance électrique, presque palpable, comme une odeur de « gagne » dans l’air. Pour ce tout premier meeting de Nathalie Koenders — désormais officiellement candidate dans le cadre des élections municipales prévues en mars prochain — plus de 700 personnes avaient fait le déplacement.
Un seul incident, et il est intervenu dès le début : la salle s’est révélée trop petite. Face à l’affluence, les équipes de campagne ont dû rajouter des chaises en urgence. Malgré cela, la foule était telle que certaines et certains ont dû rester debout.
Sur scène, Nathalie Koenders a d’abord tenu à saluer la mobilisation et les soutiens déjà visibles autour de sa candidature. « Vous êtes très nombreux ce soir, merci pour votre confiance ! Je veux commencer en saluant tout particulièrement les quelques personnalités dijonnaises qui m’ont fait l’amitié de participer au petit clip que vous venez de voir : Julio Tavares, David Holston, Alexis Miellet, Christelle Girard, Eva Buatois, Ramya Chuon et tous les autres. Merci pour votre soutien. La campagne est lancée. Nous y sommes ! »
Dans une salle attentive, la candidate a ensuite rendu hommage à celles et ceux qui portent, selon elle, la dynamique du moment : « Je remercie toutes celles et ceux qui sont déjà engagés à mes côtés, qui donnent de leur temps, de leur énergie, qui distribuent, qui organisent, qui écoutent, et qui font vivre la dynamique que nous avons engagée. » Elle a également adressé un message à un public plus hésitant : « Je salue aussi les Dijonnaises et les Dijonnais qui sont là ce soir peut être par curiosité, parce qu’ils veulent comprendre, se faire leur propre opinion. Une campagne municipale, c’est un moment important pour la démocratie. »
Se décrivant comme une élue « de terrain », Nathalie Koenders a insisté sur son rapport direct aux habitants : « Et je veux la mener comme je suis : avec énergie, avec sérieux, et surtout comme une élue de terrain, au contact des habitantes et habitants. Depuis 2008, depuis que je suis élue — et encore plus depuis que je suis Maire — je n’ai jamais cessé d’aller à votre rencontre. Dans mon bureau, en permanence, en réunion publique, sur le terrain, dans tous les quartiers de Dijon. Partout, je vous écoute. Vos préoccupations, vos colères parfois, vos attentes surtout. »

Elle a ensuite posé ce qu’elle considère comme les bases du rôle de maire : « Être Maire, cela demande deux préalables plutôt simples. Le premier, c’est d’aimer les habitants, d’écouter et de comprendre ceux avec qui on vit, nos concitoyens, quels qu’ils soient, quels que puissent être nos désaccords. Le second, c’est d’aimer sa ville, celle dont on prétend être le premier magistrat. » Avant de lancer une pique à ses adversaires : « Sur ce sujet, je voudrais d’ailleurs juste dire à certains de mes adversaires qu’avant de se disputer pour savoir qui est le plus dijonnais, il faut peut-être commencer par… habiter Dijon. »
Dans un passage plus personnel, elle a rappelé son parcours dijonnais, de ses quartiers à son école, du sport à la musique : « J’aime profondément Dijon. J’ai grandi dans ses rues, j’ai habité dans presque tous les quartiers : centre-ville, Bourroches, Montchapet, Fontaine-d’Ouche, Université. C’est ici que j’ai appris à lire et à compter, à l’école Montchapet, au collège Marcelle-Pardé, puis au lycée Charles-de-Gaulle. » Elle évoque aussi sa famille présente dans la salle : « mon conjoint et mes enfants sont là, quelque part, dans la salle ! »
Dans la continuité, Nathalie Koenders a inscrit sa candidature dans une filiation municipale et une histoire politique locale : « François Rebsamen l’a conquise en 2001 et l’a transformée, avec une vision et une ambition, celle d’en faire une capitale régionale à taille humaine, douce à vivre, comme tu aimes le dire, cher François. Nous pouvons tous te remercier. » Puis elle a insisté sur la notion de confiance : « Et la confiance, en politique, c’est essentiel : ça se donne, ça se construit, ça se mérite. »
Au cœur de son intervention, la candidate a déroulé une vision de Dijon « ville pour toutes et pour tous », insistant sur la solidarité, le service public, la cohésion sociale, mais aussi la sécurité et la prévention. « Dijon, c’est une ville qui protège. Qui protège ses habitants, l’espace public, le vivre-ensemble. » Elle a rappelé le renforcement de la police municipale : « aujourd’hui, ce sont plus de 100 agents – 104 exactement –, mieux équipés, armés, et appuyés par un dispositif de vidéoprotection efficace. » Tout en précisant : « Mais la tranquillité, ce n’est pas seulement la répression : elle se construit aussi dans la durée, par la prévention. »

L’écologie a occupé une place centrale dans le discours, présentée comme une « écologie populaire » et concrète : « Une écologie concrète, du quotidien, qui améliore la vie de chacune et de chacun. » Nathalie Koenders a évoqué des mesures de végétalisation, la transformation du Jardin de l’Arquebuse, la rénovation de serres historiques, et un objectif chiffré : « Nous planterons au minimum 50 000 arbres et arbustes durant le mandat. »
Sur le pouvoir d’achat, elle a annoncé la création d’une mutuelle municipale et une baisse du prix de l’abonnement Divia pour les 18–25 ans : « Se soigner ne devrait jamais être un renoncement » et « parce qu’à cet âge-là, chaque euro compte ». Elle a également insisté sur une ligne budgétaire : « sans augmentation des taux des impôts municipaux ».
Logement, mobilité, sécurité, solidarité, enfance, culture, sport, attractivité : Nathalie Koenders a structuré son projet autour de « 165 propositions réalistes, réalisables » et de « sept priorités ». Parmi les annonces marquantes : la régulation des locations de courte durée de type Airbnb « pour préserver le logement résidentiel », la construction d’une troisième ligne de tramway « la T3 », l’extension de zones 30 dans les quartiers résidentiels, ou encore l’installation de caméras « devant chaque établissement scolaire et chaque crèche ».
Côté enfance, elle a cité un « kit de fournitures scolaires essentielles », un plan de lutte contre le harcèlement, l’objectif de « 75% de produits bio et locaux » dans la restauration scolaire, et la création de « rues aux écoles ».
La candidate a aussi revendiqué une ambition culturelle et sportive, avec notamment « une fête populaire à dimension européenne autour de l’histoire des Ducs de Bourgogne » et « la Nuit du sport ». Sur le patrimoine et le rayonnement, elle a mentionné plusieurs chantiers : « Saint-Philibert, Notre-Dame, le Cellier de Clairvaux », la rénovation des Halles centrales, la piétonnisation de la cour d’honneur du Palais des Ducs, sans oublier une référence finale à « l’histoire d’un illustre Dijonnais : Gustave Eiffel ! »
Enfin, Nathalie Koenders a voulu donner à voir la nature politique de son rassemblement : « Une équipe de large rassemblement. Une équipe de gauche, une équipe du centre et écologiste. » Elle a cité les forces qui la soutiennent : « le Parti socialiste, mais aussi le MoDem, Génération Écologie, la Fédération progressiste, Place publique, le Parti radical de gauche, le Parti Radical Valoisien », ainsi que des habitants « issus de la société civile ».
Une présentation de liste dans une ambiance survoltée
La soirée s’est conclue sur une séquence particulièrement attendue : la présentation officielle de la liste. Dans une salle toujours aussi animée, Nathalie Koenders a invité, un à un, ses colistiers à la rejoindre sur scène. À chaque nom prononcé, les applaudissements redoublaient, donnant à ce moment un air de célébration collective. Les soutiens, debout pour beaucoup, ont accompagné chaque montée sur scène avec ferveur, transformant cette présentation en véritable démonstration d’enthousiasme.
L’ambiance, déjà électrique tout au long du meeting, a atteint son apogée lors de cette séquence finale. Sourires, embrassades, gestes de complicité : la scène reflétait l’image d’une équipe soudée, accueillie par un public manifestement conquis. Cette mise en lumière des colistiers a permis de matérialiser le rassemblement revendiqué par la candidate, dans une atmosphère que de nombreux participants décrivaient comme « euphorique ».
Au terme de la soirée, un sentiment largement partagé dominait : celui d’un meeting réussi à tous les niveaux. Organisation fluide malgré l’affluence, mobilisation visible et énergie constante ont contribué à installer une dynamique forte. Plusieurs observateurs soulignaient d’ailleurs qu’un tel lancement de campagne, par son ampleur et son ambiance, ne s’était pas encore vu du côté des autres concurrents.
En quittant la salle, beaucoup évoquaient une soirée marquante, symbole d’un coup d’envoi maîtrisé. Entre ferveur militante et mise en scène millimétrée, ce premier meeting laisse l’impression d’une campagne entrée de plain-pied dans une phase active — avec une démonstration de force qui pourrait bien servir de référence pour la suite.
En clôture, elle a lancé un appel à la mobilisation, dans une salle conquise : « Et si vous aimez Dijon autant que moi, autant que nous, alors continuons ensemble et votez pour nous ! » avant de conclure : « On compte sur vous : mobilisezvous, votez et faites voter pour notre liste les 15 et 22 mars prochains ! À très bientôt ».
En images — Plus de 700 personnes pour le premier meeting de Nathalie Koenders
La liste
- Nathalie KOENDERS
48 ans, maire de Dijon, Parti Socialiste, cadre au Ministère de la jeunesse, des sports et de la vie associative
- Christian DUCHANGE
69 ans, société civile, metteur en scène, formateur éducation culturelle, Molière 2005 du théâtre jeune public
- Nuray AKPINAR-ISTIQUAM
46 ans, Parti Socialiste, adjointe à la maire, conseillère départementale, référente législation retraites
- François DESEILLE
58 ans, Modem, adjoint à la maire, masseur-kinésithérapeute
- Karine SAVINA
55 ans, Génération Ecologie, conseillère municipale, directrice des ressources humaines à La Poste
- François REBSAMEN
74 ans, Fédération Progressiste, ancien ministre, président de Dijon métropole
- Catherine PETITJEAN
65 ans, société civile, cheffe d’entreprise
- Hamid EL HASSOUNI
48 ans, Parti Socialiste, adjoint à la maire, conseiller départemental, fonctionnaire territorial
- Mélanie BALSON
28 ans, Parti Socialiste, conseillère municipale, infirmière au CHU
- Antoine HOAREAU
40 ans, Parti Socialiste, 1er adjoint à la maire, fonctionnaire territorial
- Marie-Hélène JUILLARD-RANDRIAN
68 ans, Modem, vice-présidente de Dijon métropole, retraitée du monde économique
- Billy CHRÉTIEN
35 ans, Dijon écologie, conseiller départemental, cadre associatif
- Françoise TENENBAUM
75 ans, Fédération Progressiste, conseillère municipale, vice-présidente de la Région, géographe de la santé
- Michel FELKAY
61 ans, société civile, policier, commissaire général de police
- Claire TOMASELLI
49 ans, Parti Socialiste, adjointe à la maire, cheffe d’établissement au collège
- Christophe AVENA
59 ans, Parti Socialiste, adjoint à la maire, conseiller départemental, médecin urgentiste
- Ludmila MONTEIRO
36 ans, Génération Ecologie, conseillère municipale, ingénieure innovation santé
- Jordane GALLOIS
41 ans, Place Publique, chargé d’études et de mission
- Christine MARTIN
65 ans, Parti Socialiste, adjointe à la maire, rédactrice-graphiste
- Franck LEHENOFF
45 ans, Parti Socialiste, adjoint à la maire, travailleur social
- Isabelle ROUGET-PIERREY
61 ans, Modem, responsable commerciale, présidente d’une association de protection animale
- Philippe LEMANCEAU
70 ans, Parti Socialiste, vice-président de Dijon métropole, directeur de recherche retraité à l’INRAE
- Stéphanie VACHEROT
58 ans, Société civile, adjointe à la maire, déléguée générale d’une association du secteur handicap
- Massar N’DIAYE
45 ans, Parti Socialiste, adjoint à la maire, conseiller départemental, conseiller développement en entreprise
- Nadjoua BELHADEF
43 ans, Parti Socialiste, adjointe à la maire, adjointe de direction
- Patrice CHATEAU
66 ans, Génération Ecologie, conseiller municipal, retraité des finances publiques
- Dominique MARTIN-GENDRE
68 ans, Parti Socialiste, adjointe à la maire, retraitée de la fonction publique hospitalière
- Marien LOVICHI
57 ans, Modem, adjoint à la maire, infirmier en santé au travail
- Clémentine HUGOL-GENTIAL
41 ans, Génération Ecologie, professeure des Universités
- Benoît BORDAT
41 ans, Fédération Progressiste, conseiller départemental, conseiller agricole
- Lydie PFANDER-MENY
71 ans, Parti Radical de Gauche, adjointe à la maire, proviseure honoraire
- Maël SZABELSKI
38 ans, Parti Socialiste, agent SNCF, vice-président d’une association cycliste
- Delphine BLAYA
50 ans, Parti Socialiste, adjointe à la maire, télémarketeuse
- Stéphane CHEVALIER
46 ans, Société civile, conseiller municipal, directeur administratif et financier, président d’une association de quartier
- Céline MAGLICA
50 ans, Parti Socialiste, conseillère départementale, professeure de lettres modernes
- Denis GUVENATAM
45 ans, Parti Socialiste, président d’un club omisport, chargé de mission
- Sabine SICUREZZA
59 ans, Modem, gérante d’entreprise
- Jean-Philippe MOREL
52 ans, Parti Radical, adjoint à la maire, avocat
- Caroline JACQUEMARD
54 ans, Société civile, conseillère municipale, professeure d’économie et gestion en BTS
- Philippe THIRION
60 ans, Modem, conseiller municipal, agent d’exploitation, enquêteur-contrôleur
- Marie-Thérèse PUGLIESE
61 ans, Place Publique, conseillère départementale, directrice établissement médico-social dans le domaine du handicap
- Laurent MONNOT
56 ans, Dijon écologie, ingénieur technique
- Vanessa VAIZANT
52 ans, société civile, vice-présidente de l’Université Bourgogne Europe, microbiologiste du vin
- Florent COLOMBO
63 ans, Modem, chef cuisinier, consultant en gastronomie
- Nina MARTINS
36 ans, Parti Socialiste, juriste d’entreprise
- Clément CRAVEUR
26 ans, Parti Socialiste, orthophoniste
- Emilie SIMONE
42 ans, Modem, agent territorial
- Julien HUBERT
37 ans, Place Publique, directeur des projets innovants en entreprise
- Guillemette ZUDDAS
64 ans, société civile, retraitée de la fonction publique territoriale
- Azim NAIM
60 ans, société civile, consultant et responsable d’actions humanitaires
- Catherine DUTERTRE
75 ans, Génération Ecologie, conseillère municipale, retraitée, auto-entrepreneuse
- Bertrand SOULAS
47 ans, société civile, infirmier de l’éducation nationale
- Océane GODARD
43 ans, Parti Socialiste, députée de la Côte-d’Or, conseillère régionale, psychologue du travail
- Louis GERVAIS
42 ans, Parti Socialiste, enseignant entrepreneur
- Camille CHABERT
27 ans, Parti Radical, sage-femme
- Xavier SUBLET
55 ans, Parti Socialiste, artisan en rénovation d’intérieur
- Marinette SAVONNET
58 ans, Fédération Progressiste, enseignante chercheuse
- Philippe MONCHARMONT
59 ans, Place Publique, directeur stratégie et gouvernance des systèmes d’information La Poste
- Malika GAUTHIÉ
72 ans, Parti Socialiste, cadre retraitée du secteur sanitaire et social
- Jean-Patrick MASSON
68 ans, société civile, vice-président de Dijon métropole, contrôleur DGCCRF retraité, président d’association environnementale
- Marie HERVIEU-BEGUE
46 ans, Place Publique, neurologue
- Moyenne d’âge : 53 ans
- Parti Socialiste : 23
- Société civile : 11
- Modem : 8
- Pôle écologiste : 7
- Place Publique : 5
- Fédération progressiste : 4
- Parti Radical : 2
- Parti Radical de Gauche : 1
