À Dijon, la campagne municipale vient de franchir un cap : celui de l’affiche mystère. Depuis quelques jours, un collage sauvage montre deux figures bien connues de la scène locale, immortalisées dans un moment hautement politique — un verre à la main. Oui, la démocratie s’hydrate.
Emmanuel Bichot, candidat d’Agir pour Dijon, et sa numéro deux, Laurence Gerbet, sont capturés dans un moment que l’afficheur mystère a jugé digne d’entrer dans l’histoire municipale : un verre à la main. Crime ultime ? Hydratation suspecte ? Apologie du houblon local ? Il s’agirait d’un photomontage, mais une chose est sûre : cette image est désormais collée un peu partout dans Dijon.
Aussitôt, la ville entière se transforme en cellule d’enquête improvisée. Qui a collé ça ? Pourquoi ? Est-ce un coup monté par des rivaux stratèges qui confondent communication et arts plastiques ? Une vengeance de campagne exécutée à la colle forte ? Ou l’œuvre d’un collectif anonyme persuadé que la satire urbaine mérite sa place entre deux panneaux de signalisation ?

Les hypothèses fusent plus vite que les commentaires de comptoir. Certains jurent reconnaître une patte politique, d’autres y voient un happening digne d’un théâtre municipal en plein air. Et pendant que tout le monde débat du sens profond d’un verre levé, la campagne continue — preuve que, parfois, la politique locale tient autant du feuilleton que du programme électoral.
Car, au fond, cette affiche ne dit peut-être qu’une chose : en période municipale, tout devient message, symbole ou prétexte à discussion. Même ce qui ressemble simplement… à une pause boisson. Une chose est sûre : à Dijon, la démocratie ne manque pas de créativité — ni de mise en scène.
F. Bauduin
