La rédaction de Dijon Actualités a été destinataire, jeudi 5 février 2026, d’un courriel anonyme présentant des documents que son expéditeur qualifie de « révélateurs » concernant l’organisation de l’anniversaire du maire de Talant en 2020. Ce message, accompagné de trois photographies, met en cause l’utilisation supposée de moyens municipaux dans le cadre d’un événement privé.
Dans son courriel, l’expéditeur, se présentant sous le pseudonyme « Auguste Julius », écrit : « Je me permets de vous contacter afin de vous faire parvenir des documents intéressants concernant la fête d’anniversaire de 2020 du maire de Talant. Vous pourrez constater que son directeur de cabinet a demandé à un agent d’utiliser des moyens de la mairie pour organiser une fête d’anniversaire en petit comité. » Pour cet envoi, il a utilisé l’adresse électronique talant.usurpateur@gmail.com, un choix qui peut paraître singulier au regard du contexte.
Un courriel interne présenté comme pièce centrale
La première image transmise par le dénommé Auguste Julius apparaît comme une capture d’écran d’un courriel interne attribué au directeur de cabinet du maire et adressé à un agent municipal. Le message détaille une liste de préparatifs : installation d’une table dans le bureau du maire, préparation de gougères et d’amuse-bouches, boissons, verrerie et serviettes. Le texte mentionne également une disponibilité pour aider à l’installation et qualifie l’organisation d’« opération éclair ».

Un cadeau symbolique évoqué
La deuxième photographie montre un tableau représentant un bâtiment de la Marine nationale, présenté par l’expéditeur comme le cadeau offert au maire à l’occasion de cet anniversaire. Le visuel ferait écho au passé militaire du maire, qui aurait servi dans la marine dans les années 1990. La troisième image laisse apparaître un emballage comportant des messages manuscrits de félicitations.


Des accusations dans un contexte politique sensible
L’expéditeur anonyme adopte un ton critique, laissant entendre que l’organisation aurait mobilisé des ressources municipales. Cette divulgation intervient dans un contexte préélectoral, période traditionnellement propice à la résurgence de polémiques locales. L’anonymat de la source, combiné à la diffusion parallèle de contenus critiques sur les réseaux sociaux et sur YouTube, invite à la prudence.
Nous avons pris l’initiative de contacter le directeur de cabinet du maire de Talant afin d’obtenir des explications sur le sujet. Voici sa réponse : « Il s’agit d’un mail interne datant de juin 2020, aujourd’hui ressorti hors de son contexte. Le cadeau évoqué (un tableau représentant un navire de la Marine nationale) a été financé par une cotisation personnelle des élus, facture à l’appui. Ce moment s’est tenu dans la continuité d’une réunion de travail, ce qui explique qu’il ait eu lieu à l’Hôtel de Ville. Des boissons ont été servies par la Ville dans un cadre protocolaire classique, sans aucun avantage personnel. Suite à un signalement anonyme, la situation a déjà été examinée par la justice et le parquet a classé sans suite à l’automne 2020 après examen des faits. Le dossier est juridiquement clos. Je constate aujourd’hui une instrumentalisation politique anonyme en pleine campagne municipale. »
Dijon Actualités a pu consulter la facture de ce tableau (acte de cession et d’authenticité), d’une valeur de 1 000 euros. Celui-ci a bien été financé sur les deniers personnels de certains élus.
À l’approche des échéances électorales, la diffusion de documents anonymes et la résurgence d’affaires anciennes illustrent un climat politique où la tension monte progressivement. Si ces révélations doivent être examinées avec rigueur et recul, elles témoignent aussi d’une période où les stratégies d’influence se multiplient. Le recours à l’anonymat interroge également sur la responsabilité et le courage de leurs auteurs : lancer des accusations sans s’identifier alimente davantage le soupçon que le débat public. Dans ce contexte, certains observateurs n’hésitent pas à parler de « boules puantes » électorales — ces offensives indirectes destinées à fragiliser un adversaire — rappelant combien les campagnes locales peuvent parfois se jouer autant sur le terrain médiatique que dans le débat de fond.
