Alors que le débat public se concentre régulièrement sur la baisse du chômage et les difficultés de recrutement des entreprises, la députée de Côte-d’Or Océane Godard appelle à regarder une autre réalité : celle de la précarisation croissante de l’emploi. Dans un communiqué publié le 10 février, la parlementaire estime que la question n’est plus seulement de créer de l’emploi, mais de garantir que celui-ci permette réellement de vivre et de s’émanciper.
S’appuyant sur les dernières données de la DARES, Océane Godard souligne que 84 % des embauches en France se font désormais en contrat à durée déterminée, un niveau inédit depuis plusieurs années. Plus préoccupant encore, près de neuf contrats sur dix concernent des durées inférieures à un mois. Selon la députée, cette multiplication des contrats très courts traduit une transformation structurelle du marché du travail, où l’instabilité devient la norme pour une part importante des actifs.
La situation locale reflète cette tendance nationale. En Côte-d’Or, 74 % des embauches annuelles reposeraient sur des contrats courts. Sur le bassin dijonnais, la proportion est légèrement inférieure, mais reste significative. Pour Océane Godard, cette dynamique ne résout pas le chômage : elle crée une catégorie de travailleurs en emploi, mais durablement maintenus dans l’insécurité. En novembre 2025, près de 14 000 demandeurs d’emploi dijonnais exerçaient déjà une activité tout en restant inscrits à France Travail, cumulant des missions brèves insuffisantes pour assurer une stabilité financière.
La députée pointe les conséquences sociales de cette évolution. Les jeunes, les femmes, les seniors ou encore les personnes peu qualifiées seraient particulièrement exposés à cette précarité, souvent présentée comme une étape vers l’insertion professionnelle mais qui, selon elle, enferme au contraire dans une instabilité durable. « L’emploi ne joue plus toujours son rôle d’intégration », résume-t-elle en substance, dénonçant un système qui entretient la vulnérabilité plutôt que de la résorber.
Dans ce contexte, Océane Godard critique les propositions portées par le MEDEF visant à adapter davantage le droit du travail pour les jeunes, notamment l’allongement des périodes d’essai ou une dérégulation accrue des contrats courts. Elle estime que ces mesures risqueraient d’institutionnaliser la précarité en faisant peser les ajustements économiques sur les travailleurs les plus fragiles.
Face à ce constat, la députée plaide pour une réforme ambitieuse du Code du travail menée avec les partenaires sociaux. L’objectif, selon elle, n’est pas d’opposer protection des salariés et compétitivité des entreprises, mais de trouver un équilibre durable. Les TPE-PME doivent conserver une certaine flexibilité, reconnaît-elle, tout en garantissant aux travailleurs des conditions d’emploi stables et dignes.
Pour Océane Godard, la compétitivité française passe avant tout par l’investissement dans les compétences et la sécurisation des parcours professionnels, plutôt que par la généralisation de formes d’emploi précaires. Elle appelle à replacer la qualité de l’emploi au cœur du débat public et à engager une réflexion de fond sur le rôle du travail dans l’émancipation individuelle.
La parlementaire inscrit cette réflexion dans une perspective plus large : celle de la construction d’un modèle social où chaque actif pourrait accéder à un emploi stable, valorisant et porteur d’autonomie. À ses yeux, ce défi collectif devra occuper une place centrale dans les débats politiques à venir, notamment à l’approche des échéances nationales de 2027.
