À quelques jours de deux rendez-vous politiques majeurs en Côte-d’Or, l’inquiétude monte. La venue de figures nationales de La France insoumise (LFI) à Dijon puis à Chenôve intervient dans un contexte national particulièrement tendu, marqué par des affrontements violents à Lyon et la mort d’un jeune militant nationaliste, Quentin Deranque. Dans ce climat éruptif, la question sécuritaire s’impose désormais au cœur de la campagne municipale.
Le 18 février, la liste LFI menée par Olivier Minard accueillera à la salle Devosge, à Dijon, le député Éric Coquerel, président de la commission des finances à l’Assemblée nationale. Figure médiatique du mouvement, habitué des débats nationaux sur les questions budgétaires et fiscales, l’élu devrait attirer un public important.
Neuf jours plus tard, le 27 février, c’est à Chenôve que se déplacera Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, pour soutenir la candidature de Patricia Marc. Là encore, la présence d’une personnalité nationale donne une dimension particulière à l’événement.
Mais au-delà des enjeux électoraux locaux, ces deux meetings s’inscrivent dans un contexte national marqué par une montée des tensions politiques et des violences.
Lyon, point de bascule
Les inquiétudes trouvent leur origine dans les événements survenus à Lyon en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon.
Jeudi dernier, vers 17h30, sept militantes du collectif identitaire Némésis ont déployé une banderole pour dénoncer la présence de l’élue. Selon les éléments rapportés, ces militantes avaient sollicité des soutiens pour prévenir d’éventuels débordements. Peu après, elles auraient été prises à partie. Deux d’entre elles déclarent avoir subi des violences physiques, l’une affirmant avoir été étranglée, l’autre jetée au sol. Des incapacités temporaires de travail de deux et cinq jours ont été constatées.
Vers 18 heures, les tensions se sont accrues. Les jeunes hommes venus en soutien aux militantes ont été à leur tour confrontés à un groupe d’une vingtaine d’individus masqués et cagoulés. La plupart ont réussi à fuir, mais trois ont été isolés. Selon les témoignages, ils auraient été jetés au sol et violemment frappés. Quentin Deranque aurait été la cible de plusieurs agresseurs.
Après le départ du groupe, un de ses proches est revenu sur place et l’a retrouvé conscient. En tentant de le raccompagner, il aurait constaté une dégradation rapide de son état de santé, ce qui a conduit à l’intervention des secours. Le jeune homme est décédé par la suite.
Cette séquence dramatique a profondément marqué les milieux militants, à droite comme à gauche, et ravivé un climat de confrontation politique.
Dégradations et escalade
Dans les jours qui ont suivi, plusieurs permanences de députés LFI ont été dégradées. Des locaux syndicaux ont également été visés. Ces actes, qui s’ajoutent à une série d’incidents déjà observés ces dernières années lors de manifestations ou de réunions publiques, alimentent le sentiment d’un durcissement des affrontements politiques.
Lundi 16 février 2026, Mathilde Panot a publiquement appelé à ce que le collectif Némésis soit « tenu en dehors » des meetings et manifestations de son mouvement. Sur LCP, elle a mis en garde contre le risque d’escalade : « Sinon ça va mal finir », a-t-elle déclaré, évoquant un contexte éruptif et alertant sur la multiplication des attaques visant les rassemblements de son parti.
Dijon et Chenôve sous vigilance
En Côte-d’Or, les organisateurs des deux meetings sont pleinement conscients du contexte. La présence d’élus nationaux constitue un levier de mobilisation électorale important, mais elle peut aussi cristalliser des oppositions.
Les dispositifs de sécurité devraient être renforcés : contrôle des accès, encadrement des abords des salles, vigilance accrue face aux appels à rassemblements hostiles sur les réseaux sociaux. Dans un climat où les tensions peuvent rapidement dégénérer, la moindre altercation pourrait servir de déclencheur.
La situation est d’autant plus sensible que la campagne municipale se déroule dans un environnement national polarisé. Les débats idéologiques, souvent vifs, s’accompagnent désormais d’un risque réel de confrontation physique.
À Dijon comme à Chenôve, les deux prochains meetings LFI ne seront donc pas de simples rendez-vous de campagne. Ils se tiendront sous haute vigilance, avec un niveau de risque élevé assumé par les organisateurs.
Dans un pays marqué par la succession d’incidents violents liés à la vie politique, la question n’est plus seulement électorale. Elle est aussi sécuritaire.
