À Dijon, la campagne municipale s’intensifie. La liste « Dijon change d’Ère » (L’Après, Les Écologistes, Génération.s, PCF), conduite par Michel Haberstrau, a dévoilé samedi 21 février 2026 un ensemble de mesures consacrées à l’égalité femmes-hommes et à l’inclusivité. Revendiquant une méthode fondée sur l’écoute et la co-construction, la formation entend faire de ces enjeux un axe structurant et transversal du prochain mandat.
Une municipalité comme levier d’égalité
Dans son communiqué, la liste rappelle le rôle stratégique des collectivités locales. Par leurs compétences et leur proximité avec les habitants, les villes disposent de leviers concrets pour réduire les inégalités de genre, promouvoir les droits des femmes et lutter contre les discriminations.
Urbanisme, ressources humaines, subventions aux associations, gestion des équipements publics, transports : autant de domaines où une municipalité peut agir de manière tangible et quotidienne sur la vie des citoyennes et des citoyens.
Pour « Dijon change d’Ère », il ne s’agit pas d’ajouter un volet thématique isolé, mais d’inscrire l’égalité et l’inclusion dans l’ensemble des politiques publiques locales.
Premier temps fort : écouter, débattre, confronter les expériences
La construction des propositions s’est déroulée en deux étapes. Le 10 février 2026, un apéro-discussion organisé à la Gobelèterie a rassemblé environ 70 personnes. L’événement se voulait un espace d’échanges directs entre habitants, militantes, élus et candidates.
Trois intervenantes ont apporté leur expertise :
- Élise Aebischer, adjointe à la mairie de Besançon en charge des ressources humaines et de l’égalité femmes-hommes ;
- Sandra Gaudillère, enseignante, militante féministe et syndicaliste à la CGT ;
- Raphaëlle Rémy-Leleu, conseillère de Paris et co-autrice de Beyoncé est-elle féministe ?.
Le débat, animé par Claire Loussel, co-listière de Michel Haberstrau, était accessible en langue des signes française grâce à une interprétation dédiée. Un détail qui illustre la volonté affichée d’inclusion dès l’organisation des événements.
Des thématiques larges et concrètes
Les échanges ont couvert un large spectre d’actions municipales possibles :
- portage politique clair et assumé ;
- lutte contre les violences sexistes et sexuelles ;
- aide aux femmes en situation de vulnérabilité ;
- soutien au tissu associatif ;
- insertion professionnelle ;
- aménagement du territoire ;
- développement d’une culture de l’égalité ;
- solidarité internationale.
Plusieurs initiatives mises en œuvre ailleurs ont été citées comme sources d’inspiration : le dispositif « Demandez Angela » contre le harcèlement de rue, la formation des agents municipaux parisiens à l’accueil inclusif, la réflexion sur une organisation non genrée des cours d’école ou encore la féminisation de l’espace public.
Des préoccupations fortes exprimées par le public
Les interventions des participantes et participants ont mis en lumière des attentes très concrètes :
- la lutte contre la précarité menstruelle ;
- la nécessité d’un espace public plus sécurisé et adapté aux femmes et aux minorités de genre ;
- le soutien indispensable aux associations de terrain ;
- la prise en charge efficace des violences sexistes et sexuelles.
Ces préoccupations ont nourri un second temps de travail organisé le 16 février 2026, également ouvert aux citoyens.
Huit mesures structurantes pour le mandat
À l’issue de cette phase de concertation, la liste a arrêté huit mesures féministes et inclusives qui figurent désormais dans son programme.
- Faire de l’égalité une priorité transversale
La première mesure vise à inscrire l’égalité femmes-hommes et l’inclusion comme priorité politique du mandat, en coopération avec les partenaires institutionnels et associatifs. L’objectif : sortir d’une approche ponctuelle pour en faire un principe structurant de l’action municipale.
- Repenser l’urbanisme pour la sécurité et l’autonomie
La liste propose un urbanisme attentif aux usages différenciés de l’espace public :
- éclairage urbain adapté ;
- arrêt de bus à la demande la nuit ;
- multiplication et adaptation des toilettes publiques et des espaces bébés ;
- dispositifs d’alerte en cas d’agression.
L’idée est de rendre la ville plus sûre et plus accessible, notamment pour les femmes et les minorités de genre.
- Renforcer le soutien aux associations
Le programme prévoit une augmentation des budgets alloués, une simplification administrative, la mise à disposition de locaux municipaux et une meilleure visibilité des dispositifs existants sur le site de la ville.
Les associations ciblées couvrent un large spectre : femmes, personnes LGBTQIA+, personnes en situation de handicap, personnes racisées, parents isolés, personnes discriminées en raison de l’âge.
- Lutter contre la précarité menstruelle
La généralisation de la mise à disposition gratuite de protections périodiques dans les espaces publics, locaux municipaux et lieux d’enseignement constitue une mesure symbolique et sociale forte.
- Former les agents publics
La liste souhaite systématiser les formations de prévention et de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, ainsi que contre toutes les formes de discrimination, pour les agents municipaux, ceux de l’agglomération et les personnels des entreprises assurant des missions de service public.
- Des ressources humaines plus égalitaires
Parmi les propositions :
- revalorisation des métiers féminisés ;
- évolution des carrières ;
- allongement du congé paternité ;
- création d’un congé hormonal pour les agents ;
- solutions de garde d’enfants lors des événements de démocratie participative.
Une mesure qui entend agir aussi sur l’exemplarité de la collectivité employeur.
- Féminiser l’espace public
La liste propose d’augmenter la présence des femmes dans les noms de rues, de salles, d’écoles et dans les œuvres d’art publiques, afin de corriger une invisibilisation historique.
- Adapter les transports aux réalités sociales
Enfin, l’extension des horaires du réseau Divia vise à faciliter l’accès aux zones d’activités pour les salariés travaillant en horaires décalés — une mesure à dimension à la fois sociale et égalitaire.
Des engagements internes sur les violences sexistes et sexuelles
Au-delà du programme, Michel Haberstrau affirme avoir suivi une formation organisée par Les Écologistes sur les violences sexistes et sexuelles.
Il annonce plusieurs engagements :
- signature par chaque colistier d’une déclaration sur l’honneur ;
- suspension des personnes faisant l’objet d’un signalement ;
- exclusion en cas de condamnation ;
- soutien aux victimes et accueil de leur parole par des personnes formées au sein de l’équipe.
La liste précise également avoir répondu au questionnaire de l’Observatoire féministe des municipales et signé le Pacte pour les mères isolées et les familles monoparentales.
Une méthode revendiquée : la co-construction
« Dijon change d’Ère » revendique une méthode fondée sur l’écoute des personnes concernées et la co-construction du programme. Michel Haberstrau affirme vouloir instaurer une prise de décision plus coopérative au niveau municipal.
À travers ces propositions, la liste entend inscrire durablement l’égalité femmes-hommes et l’inclusion dans le quotidien des politiques publiques dijonnaises. Reste désormais à convaincre les électeurs que ces engagements pourront se traduire, en cas de victoire, par des mesures concrètes et opérationnelles.




