Déposée mercredi 18 février 2026 en préfecture, la liste Dijon Populaire, menée par Olivier Minard, a été officiellement présentée à la presse ce dimanche après-midi. Entourée de ses colistières et colistiers, l’équipe a détaillé la composition d’une liste de 61 noms et les grandes lignes d’un programme ancré à gauche, inspiré par La France Insoumise.
Une liste « à l’image de Dijon »
C’est Pistoia, codirecteur de campagne et 59e colistier, qui a ouvert la conférence. « Nous sommes fiers de pouvoir représenter la population dijonnaise dans toute sa diversité », a-t-il déclaré, annonçant que les dernières corrections administratives étaient en cours avant validation définitive en préfecture.
La liste revendique une moyenne d’âge de 41 ans pour ses vingt premiers candidats, avec un benjamin de 19 ans et une doyenne de 86 ans. Les profils professionnels se veulent variés : conducteur de train, conseillère à l’Assurance maladie, chef d’entreprise, cariste, administratrice du spectacle vivant ou technicienne automobile. Tous les quartiers de la ville seraient représentés.
« La constitution de cette liste est l’aboutissement de mois de travail, de porte-à-porte et de réunions publiques », a insisté Pistoia. L’équipe revendique une union autour d’un programme fondé sur le « communalisme » et la revitalisation de la démocratie locale.
Cantines gratuites, transports gratuits : la justice sociale en fil rouge
Parmi les premières à prendre la parole, Emma, 21 ans, étudiante en psychologie et assistante d’éducation, a défendu la mise en place de cantines scolaires bio et gratuites. « L’accès à une alimentation de qualité ne devrait pas dépendre des revenus des parents », a-t-elle souligné, évoquant les inégalités observées dans les établissements scolaires.
Éloi Delaporte, 62 ans, habitant du centre-ville et militant syndical, a insisté sur la gratuité des transports collectifs comme levier pour redynamiser le cœur historique et soutenir le pouvoir d’achat. Il a également plaidé pour la lutte contre la bétonisation et la reconversion des friches commerciales et industrielles.
La question budgétaire est assumée : « L’argent, nous savons où il est », a-t-il lancé, dénonçant des choix politiques actuels jugés défavorables aux habitants.
Lutte contre les discriminations et démocratie participative
Anna Sibaud, autrice et coach en écriture, a mis en avant les propositions contre les violences sexistes et sexuelles et les discriminations : conditionnement des aides municipales à des critères d’inclusivité, formation des agents publics, création d’offices municipaux de signalement, visibilité accrue des journées de mobilisation et dégenrage des formulaires administratifs.
Dorsaf, engagée sur les questions LGBTQIA+ et professionnelle de la culture, a présenté un ambitieux volet culturel : régies culturelles dans les quartiers, résidences d’artistes, artothèque municipale, soutien accru aux acteurs indépendants et ouverture dominicale des bibliothèques, avec la réhabilitation de la médiathèque Champollion.
Jonas Cherkaoui Malki, fonctionnaire des douanes, a défendu l’instauration d’un référendum d’initiative citoyenne (RIC) local. Toute pétition réunissant 5 % des signatures des Dijonnais de plus de 16 ans pourrait donner lieu à une votation. Une carte d’identité municipale permettrait de participer à ces consultations et d’accéder aux services remunicipalisés et gratuits.
Protection de l’enfance, santé et transition écologique
Enzo Frochot, 22 ans, a fait de la protection de l’enfance une priorité : renforcement des services sociaux de proximité, soutien aux familles et moyens accrus pour les professionnels.
Béatrice Seuzaret, ancienne professeure et co-présidente d’une association d’éducation populaire, a détaillé la création d’un conseil citoyen de la transition écologique chargé de réviser le Plan local d’urbanisme intercommunal. Objectif : une « planification écologique partagée », avec diagnostics participatifs dans les quartiers.
Ancienne médecin hospitalière, Hélène Sordet a dénoncé la dégradation des conditions de soins, citant notamment l’attente aux urgences du CHU Dijon Bourgogne. Elle plaide pour un centre de santé municipal, le renforcement de la médecine scolaire, des aides à la psychothérapie et la gratuité du parking du CHU pour les patients.
« Reprendre la main sur notre ville »
Directrice de campagne, Eloïse Dubuet, ingénieure de formation et ex-gérante d’un bar associatif, a conclu en défendant un modèle de vie de quartier fondé sur la solidarité, citant l’exemple des Lentillères comme source d’inspiration. Régies de quartier, entraide intergénérationnelle, espaces de convivialité : « Nous voulons permettre aux Dijonnais et Dijonnaises de vivre mieux, ensemble », a-t-elle affirmé.
À travers cette présentation, Dijon Populaire assume une ligne de rupture : gratuité de services publics locaux, démocratie participative renforcée, justice sociale et transition écologique. Reste désormais à convaincre les électeurs lors d’une campagne qui s’annonce disputée.
