Un nouvel épisode judiciaire ravive les tensions politiques à Chenôve. Selon nos informations, Philippe Neyraud, conseiller municipal d’opposition et candidat déclaré aux prochaines élections municipales, a déposé plainte pour « établissement de fausse attestation » à l’encontre d’un agent communal, dans le prolongement d’une affaire de diffamation ayant déjà donné lieu à une décision de justice.
La plainte, adressée au procureur de la République de Dijon le 28 janvier 2026 par son conseil, s’appuie sur l’article 441-7 du Code pénal, qui réprime le fait d’établir une attestation faisant état de faits matériellement inexacts.
Origine du litige : une publication en 2022
L’affaire trouve son origine dans une publication diffusée le 22 septembre 2022 par le maire de Chenôve, Thierry Falconnet, sur sa page Facebook. Dans ce message, il était fait état de comportements jugés inappropriés de la part d’un élu, notamment des pressions exercées sur un agent municipal et la suggestion d’une rémunération en échange d’informations concernant le maire.
Bien que le nom de Philippe Neyraud ne soit pas expressément mentionné dans cette publication, l’élu d’opposition avait estimé être visé, notamment en raison de références au « bon sens », expression associée à sa liste lors des élections municipales précédentes. Le même jour, il déposait plainte pour diffamation publique contre le maire.
Une attestation déterminante dans la procédure
Dans le cadre de cette procédure pour diffamation, Julien Sandrin, agent de la commune de Chenôve, rédigeait le 15 juin 2023 une attestation sur l’honneur. Dans ce document, il affirmait que Philippe Neyraud l’aurait approché à deux reprises en lui proposant une contrepartie financière en échange d’informations concernant le maire.
Selon cette attestation, les faits se seraient produits :
- une première fois sur le parvis de la mairie, un dimanche matin de marché ;
- une seconde fois lors de la Fête de la République, le 21 septembre 2022.
Cette attestation a été produite devant le tribunal correctionnel de Dijon, saisi des faits de diffamation. Le 5 février 2024, le tribunal a prononcé la relaxe de Thierry Falconnet du chef de diffamation publique.
Une contestation de la véracité des faits
Estimant que l’attestation de Julien Sandrin a influencé l’issue du procès, Philippe Neyraud conteste aujourd’hui formellement la véracité des faits qui y sont rapportés.
Dans la plainte déposée en janvier 2026, il soutient que plusieurs personnes présentes lors de la Fête de la République — dont les témoignages sont joints à la procédure — indiquent ne pas avoir entendu de propos pouvant s’apparenter à une demande d’informations contre rémunération. Selon ces attestations, l’échange entre les deux hommes aurait été bref et aurait porté sur l’état de santé de l’agent communal.
Concernant la rencontre supposée sur le parvis de la mairie un dimanche de marché, Philippe Neyraud indique ne conserver aucun souvenir d’un tel échange.
La plainte considère, en conséquence, que les éléments constitutifs de l’infraction prévue à l’article 441-7 du Code pénal seraient réunis.
Un dossier à portée politique
Cette nouvelle procédure intervient dans un contexte particulier : Philippe Neyraud est également candidat aux prochaines élections municipales à Chenôve. L’affaire s’inscrit donc dans un climat politique local déjà marqué par de fortes tensions entre majorité et opposition depuis le scrutin précédent.
Nous avons contacté Philippe Neyraud afin de recueillir ses observations dans le cadre de cet article. Celui-ci n’a pas souhaité répondre à nos questions.
