À quelques semaines des élections municipales, le ton monte dans la capitale bourguignonne. Kildine Bataille, 14e adjointe à la maire de Dijon, déléguée à la petite enfance, à l’égalité femmes-hommes et à la lutte contre les violences faites aux femmes, publie un message offensif pour dénoncer ce qu’elle considère comme une dérive du débat local.
D’emblée, l’élue pose le cadre : « Je ne suis pas candidate à Dijon en 2026. » Une manière d’écarter toute ambiguïté sur ses intentions personnelles. Mais elle assume une prise de parole « en tant qu’élue, et en [son] nom propre », estimant qu’il est de sa responsabilité de « contribuer au débat public ».
Deux « signaux » qui inquiètent
Dans son texte, Kildine Bataille dit avoir été interpellée par « deux signaux ». Le premier concerne le « soutien assumé » du parti Reconquête au candidat de la droite à Dijon, ainsi que ses récentes prises de position dans les colonnes du Le Bien public. L’adjointe vise en particulier les thématiques de l’immigration et de la sécurité.
« Sur l’immigration ou la sécurité, l’amalgame n’apporte aucune solution locale », écrit-elle. Pour elle, une municipalité « responsable » doit agir pour « la cohésion sociale et l’égalité des droits, sans désigner de boucs émissaires ».
Le second signal tient au « rapprochement entre le Rassemblement Dijonnais et l’UCE » révélé par Dijon Actualités. Sans contester le principe même d’alliances politiques, l’élue rappelle qu’« elles traduisent des choix de valeurs ».
« La peur n’est pas un programme »
Dans son viseur, un communiqué évoquant une union entre le RN et l’UCE qui se ferait « loin de toute position dogmatique ». Une formule que Kildine Bataille juge « pour le moins déroutante ». « Comme si l’on pouvait, au détour d’un accord, relativiser des positions passées ou faire abstraction des combats fondamentaux contre le racisme et les discriminations. C’est lunaire », tranche-t-elle.
Au-delà des alliances, l’adjointe critique plus largement « la vision portée par le candidat de la droite », qu’elle estime fondée sur « une lecture anxiogène de la ville, réduite à l’ordre et au clivage ». « La peur n’est pas un programme. La cohésion, si », martèle-t-elle.
Un appel à un « cap républicain assumé »
En conclusion, Kildine Bataille appelle à « de la clarté, de la cohérence et un cap républicain assumé » pour Dijon. Elle estime que les habitants « ont droit à un débat exigeant, pas à des alliances qui brouillent les repères ».
À défaut d’être candidate, Kildine Bataille n’a pas la langue dans sa poche. Fidèle à son franc-parler, elle dit ce qu’elle pense, sans détour, quitte à bousculer le débat local. Une liberté de ton qui contribue à sa notoriété et à l’estime que lui portent de nombreux Dijonnais et Dijonnaises. Dans une campagne qui ne dit pas encore son nom, sa prise de position confirme que les lignes commencent déjà à se tendre.

