La CGT des territoriaux de Dijon et FO ont annoncé s’être prononcées défavorablement au projet de réorganisation de l’usine de valorisation des déchets (UVE), notamment de son unité dédiée aux DASRI (Déchets d’Activités de Soins à Risques Infectieux). Le dossier a été présenté aux organisations syndicales lors du Comité social territorial du 6 février dernier.
Pour les syndicats, si la gestion des déchets constitue « un enjeu environnemental et sanitaire majeur », la transition écologique ne peut se faire au détriment des conditions de travail. Dans leur communiqué, ils rappellent que cette mission relève « pleinement du bien commun » et repose sur « l’expertise et l’engagement quotidien des agents ».
Des cadences en forte hausse
Au cœur des inquiétudes : l’augmentation significative des cadences de traitement, qui passeraient de 96 à 160 bacs par vacation, sans création de poste supplémentaire. Les représentants du personnel soulignent qu’un poste d’encadrement est vacant depuis plus d’un an.
Ils pointent également l’absence d’étude ergonomique formalisée pour évaluer l’impact de cette réorganisation sur la santé des agents. De nouvelles tâches de maintenance seraient par ailleurs confiées au personnel, sans adaptation statutaire ni compensation financière.
Autre sujet de crispation : la suppression de la prime d’astreinte mensualisée, qui représenterait une perte estimée à environ 325 euros par an pour les agents concernés.
183 millions d’euros d’investissements annoncés
Cette réorganisation intervient alors que Dijon Métropole prévoit plus de 183 millions d’euros d’investissements sur cinq ans pour moderniser l’outil industriel. Selon les projections évoquées par les syndicats, cette modernisation pourrait générer plus de 20 millions d’euros de recettes supplémentaires d’ici 2031, soit une hausse estimée à 7,5 millions d’euros par rapport à aujourd’hui.
Pour la CGT et FO, ces perspectives financières et environnementales confirment le caractère structurant du projet pour le territoire. Mais elles estiment qu’elles « ne peuvent justifier une intensification du travail sans garanties solides en matière de santé, de sécurité et de reconnaissance professionnelle ».
Appel à la suspension du projet
Dans un courrier adressé au président de Dijon Métropole, François Rebsamen, les organisations syndicales demandent la suspension du projet en l’état et l’ouverture d’une concertation approfondie.
Elles rappellent qu’une usine gérée par une collectivité territoriale ne peut être administrée selon des logiques strictement comparables à celles d’une entreprise privée. Le service public, soulignent-elles, répond à des principes de continuité, d’égalité de traitement et d’intérêt général.
« La transition écologique ne peut être durable que si elle est socialement soutenable », concluent-elles, appelant à construire une réorganisation conciliant exigence environnementale, qualité du service public et respect des travailleurs.
