À l’occasion de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, le syndicat Solidaires lance un appel clair : « Si on s’arrête, tout s’arrête ! ». Dans un communiqué diffusé le 12 février 2026, l’organisation appelle à une grève féministe du travail rémunéré, du travail domestique et de la consommation, afin de rendre visibles les inégalités persistantes et le rôle central des femmes dans le fonctionnement de la société.
À Dijon, Solidaires 21 prendra part à la mobilisation locale. Le syndicat participera à la Zone d’Occupation Féministe organisée place Darcy, où il tiendra un stand pour échanger avec le public et présenter ses revendications. Il appelle ensuite à rejoindre massivement la manifestation féministe qui partira à 14 heures depuis la place Darcy. L’objectif affiché est de faire du 8 mars un temps fort de mobilisation, ancré dans les réalités locales mais relié aux luttes nationales et internationales.
Dans son communiqué, Solidaires dresse un constat sévère de la situation des femmes au travail. L’organisation rappelle que, plus de cinquante ans après les premières lois sur l’égalité salariale, les écarts demeurent importants : les hommes perçoivent en moyenne 28 % de salaire en plus que les femmes. Ces inégalités s’expliquent notamment par une concentration des femmes dans les métiers les moins valorisés, mais aussi par le recours massif au temps partiel. Les femmes sont quatre fois plus souvent à temps partiel que les hommes, et dans la majorité des cas, ce temps partiel est imposé. Ces différences de rémunération et de carrière se répercutent ensuite sur les pensions de retraite, accentuant les inégalités tout au long de la vie.
Le syndicat insiste également sur la nécessité d’une transposition ambitieuse de la directive européenne sur la transparence salariale, que la France doit intégrer d’ici le 7 juin 2026. Pour Solidaires, il ne s’agit pas d’un simple ajustement technique, mais d’un levier essentiel pour garantir réellement le principe « à travail de valeur égale, salaire égal ». L’organisation demande que les entreprises soient effectivement contraintes de démontrer l’égalité des rémunérations et que des mécanismes de contrôle et de sanction soient appliqués. Elle plaide aussi pour une révision en profondeur de l’index égalité professionnelle, jugé insuffisant et parfois trompeur.
Le communiqué met en lumière une autre réalité souvent ignorée : le travail dominical. Alors que le dimanche est présenté comme un jour de repos, 21 % des femmes travaillent ce jour-là, assurant la continuité du soin, du nettoyage, du commerce ou encore de la culture. Solidaires dénonce une « double peine » dans les métiers féminisés : des conditions de travail éprouvantes, mais des compensations financières bien moindres que dans les secteurs majoritairement masculins. L’exemple du secteur de la santé est cité pour illustrer ces écarts de traitement.
Au-delà du travail salarié, le syndicat rappelle que les femmes assument encore majoritairement le travail domestique et parental. « Quand le travail salarié s’arrête, le travail gratuit commence », souligne le texte. Ménage, cuisine, devoirs des enfants, soins aux proches : autant de tâches indispensables au fonctionnement de la société, mais invisibilisées et non rémunérées. Pour Solidaires, la grève féministe du 8 mars doit aussi permettre de rendre visible cette charge invisible.
Enfin, l’organisation inscrit la mobilisation dans un contexte plus large, marqué par la montée des politiques d’austérité, des mouvements réactionnaires et des atteintes aux droits des femmes dans de nombreux pays. Le communiqué exprime sa solidarité avec les femmes mobilisées à travers le monde et affirme que « si l’attaque est mondiale, la riposte est géante ». Parmi les revendications portées figurent l’égalité salariale réelle, la revalorisation des métiers féminisés, des moyens concrets pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles, ainsi que la garantie et l’accessibilité des droits reproductifs.
« Le 8 mars n’est pas une fête, c’est une journée de lutte », conclut le syndicat. À Dijon, Solidaires 21 invite donc l’ensemble des citoyennes et citoyens à se rassembler place Darcy, à participer à la Zone d’Occupation Féministe puis à défiler à 14 heures, afin de faire entendre une exigence commune : l’égalité réelle, dans les salaires, dans les carrières et dans la société.
