Samedi 28 février, près d’une centaine de cyclistes se sont réunis à Dijon pour participer à une “vélorution familiale” organisée par la liste Dijon change d’ère. L’événement, à la fois revendicatif et festif, avait pour objectif de mettre en lumière les difficultés rencontrées par les usagers du vélo dans la ville et de porter des propositions en faveur de mobilités plus durables et apaisées.
Une mobilisation conviviale et intergénérationnelle
Le départ de cette vélorution a été donné à l’obélisque du Port-du-canal. Dès les premiers instants, l’ambiance se voulait conviviale et accessible à tous. Familles, cyclistes du quotidien, militants associatifs et habitants curieux se sont retrouvés pour parcourir ensemble les rues du centre-ville.
Dans une atmosphère festive, ponctuée par le son des sonnettes et une sono installée sur un vélo-cargo, les participants ont pris la route pour un parcours d’environ 9 kilomètres à travers plusieurs lieux emblématiques de Dijon.
Le cortège a notamment traversé le Jardin de l’Arquebuse, la place Darcy, la place de la République et la place Wilson. Ces différentes étapes ont permis de marquer des arrêts réguliers afin d’échanger sur les conditions de circulation à vélo dans la ville et sur les aménagements existants.
Pour les organisateurs, l’idée était autant de sensibiliser le grand public que de donner la parole aux cyclistes sur leur expérience quotidienne.
Des difficultés encore nombreuses pour les cyclistes
Au fil du parcours, les participants ont partagé de nombreux témoignages sur les obstacles rencontrés lorsqu’ils se déplacent à vélo à Dijon.
Parmi les problèmes les plus fréquemment évoqués figurent les difficultés d’accès à la gare, les discontinuités dans les pistes cyclables, ou encore l’arrêt brutal de certains aménagements qui obligent les cyclistes à se retrouver soudainement dans la circulation automobile.
Le manque de signalisation claire et de parcours fléchés a également été pointé, tout comme la dangerosité de certains axes stratégiques de la ville.
Le boulevard Carnot, par exemple, a été cité comme un itinéraire particulièrement problématique. Sur ce type d’axe très fréquenté, l’absence de séparation entre automobilistes et cyclistes crée selon plusieurs participants un sentiment d’insécurité important.
Pour les organisateurs, ces difficultés illustrent la nécessité d’une politique de mobilité plus ambitieuse et cohérente à l’échelle de la ville et de la métropole.
Un plaidoyer pour repenser les déplacements urbains
Présent lors de l’événement, Michel Haberstrau, lui-même cycliste dans ses déplacements quotidiens, a rappelé que les difficultés rencontrées par les usagers du vélo sont régulièrement mises en évidence par les enquêtes nationales.
Il cite notamment le Baromètre vélo 2025, organisé par la Fédération française des associations vélo, qui selon lui met en évidence une expérience jugée encore insatisfaisante par de nombreux cyclistes dijonnais.
« Il est temps de changer de braquet », a-t-il déclaré, appelant à un changement d’échelle dans les politiques publiques en matière de mobilité.
Selon lui, les différents modes de déplacement doivent être pensés dans leur globalité, et non de manière isolée. Les politiques de mobilité devraient ainsi articuler vélo, marche, transports en commun et usage de la voiture à l’échelle de l’ensemble de la métropole.
Dans cette perspective, Michel Haberstrau affirme qu’en cas de responsabilités municipales, il s’engagerait à organiser une vélorution municipale chaque mois, à laquelle il participerait personnellement aux côtés des habitants. L’objectif serait d’entretenir un dialogue direct avec les usagers et d’évaluer concrètement les aménagements urbains.
Imaginer une ville plus apaisée
Pour Sylvain Nocquard, président d’une association de plaidoyer pour le vélo à Dijon et colistier de la liste, une vélorution représente bien plus qu’une simple manifestation cycliste.
Selon lui, ce type d’événement permet de donner un aperçu, même temporaire, de ce que pourrait être une ville où les mobilités seraient davantage partagées et apaisées.
« Une vélorution familiale, c’est un aperçu éphémère de ce à quoi pourrait ressembler une ville dans laquelle chacune et chacun pourrait circuler en toute quiétude, quel que soit son mode de déplacement », explique-t-il.

Dans cette vision, les enfants pourraient se rendre à l’école à vélo en toute sécurité, les piétons pourraient circuler sereinement sur les trottoirs, et les espaces publics seraient pensés pour favoriser les déplacements doux.
Les organisateurs défendent ainsi une transformation progressive de l’espace urbain afin de rendre les mobilités durables désirables et accessibles à tous : marche, vélo et transports en commun.
Des propositions pour transformer la mobilité à Dijon
À l’occasion de cette mobilisation, la liste Dijon change d’ère a également présenté plusieurs mesures destinées à améliorer les conditions de déplacement dans la ville. Parmi les propositions figurent notamment :
- La création d’un réseau cyclable continu, sécurisé et confortable, afin d’encourager davantage d’habitants à adopter le vélo au quotidien.
- Une augmentation significative du budget consacré au vélo, qui serait porté à 40 euros par habitant et par an, soit environ 60 millions d’euros sur la durée du mandat.
- L’accessibilité complète des rues aux personnes à mobilité réduite, mais aussi aux poussettes, chariots de courses ou valises.
- La végétalisation massive des rues, avec la plantation d’arbres et de végétaux pour améliorer le confort des espaces publics en toute saison.
- Le développement de “rues et places des enfants” autour des établissements scolaires afin de sécuriser les entrées et sorties d’école. La piétonisation de la rue Bossack, où se situe l’école Darcy-Mauchaussée, est citée comme exemple.
- Le renforcement du service de vélos en libre-service Velodi, avec l’introduction de vélos à assistance électrique et la création d’au moins vingt nouvelles stations.
- La mise en place d’une ville limitée à 30 km/h, afin d’apaiser la circulation et de rendre les alternatives à la voiture plus attractives.
- Le développement de l’auto-partage, notamment à travers un investissement dans la coopérative Citiz.
- La création de places de stationnement réservées aux professionnels de santé et aux artisans, ainsi que le développement des zones de livraison.
Pour les porteurs de ces propositions, ces mesures visent à construire une offre de mobilités complète, équilibrée et accessible, permettant de réduire progressivement la dépendance à la voiture individuelle.
Une mobilisation qui veut ouvrir le débat
Au-delà de la manifestation elle-même, les organisateurs espèrent que cette vélorution contribuera à nourrir un débat plus large sur l’avenir des déplacements à Dijon.
La participation d’une centaine de cyclistes, dont de nombreuses familles, est selon eux le signe d’un intérêt croissant des habitants pour les mobilités douces.
À travers cette initiative, la liste Dijon change d’ère entend mettre la question des mobilités au cœur des discussions publiques et encourager une transformation progressive de l’espace urbain vers une ville plus sûre, plus écologique et plus agréable à vivre.
