Il y a parfois des moments de politique locale qui valent toutes les comédies. À Dijon, une simple enveloppe glissée dans une boîte aux lettres a réussi l’exploit de provoquer un petit moment de satire involontaire.
Sur Facebook, une Dijonnaise n’a pas caché son agacement après avoir reçu un tract électoral du mouvement « Dijon Change d’Ère », union écologiste, sociale et citoyenne. Le problème ? Le fameux tract est arrivé… dans une enveloppe. Oui, une vraie. En papier. Avec tout ce que cela implique en termes de cohérence écologique.
Et la réaction de la citoyenne est tombée, sèche comme un arbre en août : « Le parti écolo qui envoie son tract dans une enveloppe. Ça donne envie cette cohérence politique. »
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Car la Dijonnaise, visiblement allergique aux paradoxes politiques, a décidé d’aller au bout de la logique. Elle raconte : « Pour ceux que ça intéresse, pouvant être assez casse-couilles quand ça touche aux valeurs ou à l’incohérence, je leur ai écrit : ils assument à fond cette « tactique » et osent terminer par : « La protection de l’environnement reste notre priorité et nous pouvons vous assurer qu’elle orientera nos choix politiques quand nous serons aux manettes de la municipalité. En espérant avoir votre confiance pour les 15 et 22 mars. »
Me voilà rassurée et convaincue. »
Il faut reconnaître une chose : l’audace politique existe encore. Car il faut un certain courage pour défendre l’environnement tout en ajoutant une couche de papier autour du message. Une sorte de mise en abyme écologique : protéger la planète, mais avec un emballage.
Après tout, pourquoi s’arrêter là ? La prochaine étape pourrait être un tract pour la sobriété énergétique… imprimé en quadrichromie sur papier glacé, livré par drone thermique. Ou une campagne pour la réduction des déchets accompagnée d’un goodies en plastique biodégradable (dans 300 ans).
Reste que cette petite enveloppe raconte quelque chose de très contemporain : en politique comme ailleurs, la cohérence est souvent recyclable… mais rarement recyclée.
À Dijon, la campagne promet donc d’être instructive. Et peut-être que la vraie question écologique de cette élection sera finalement très simple : faut-il sauver la planète… ou au moins commencer par l’enveloppe ?
D.B

