Les producteurs de grandes cultures de Côte-d’Or font face à une situation économique de plus en plus préoccupante. Dans un communiqué diffusé le 4 mars 2026, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs du département alertent sur les difficultés croissantes rencontrées par les céréaliers et, plus largement, par les exploitations mixtes fortement tournées vers les grandes cultures.
Selon les organisations professionnelles agricoles, la campagne 2025 a aggravé une situation déjà fragile et les perspectives pour 2026 ne laissent guère entrevoir d’amélioration. Plusieurs facteurs se cumulent et fragilisent durablement les exploitations.
En premier lieu, les agriculteurs dénoncent une multiplication des contraintes administratives, réglementaires et environnementales. Celles-ci continueraient d’augmenter malgré les engagements affichés par la France et l’Union européenne en faveur de la souveraineté alimentaire. Pour les organisations agricoles, ces exigences se traduisent par une perte de compétitivité face aux producteurs étrangers, sans compensation suffisante.
Parallèlement, les charges d’exploitation ont fortement progressé ces dernières années. Les syndicats pointent notamment des hausses supérieures à l’inflation, accentuées par certaines décisions politiques, comme l’augmentation des taxes sur les engrais, l’eau ou encore les produits phytosanitaires.
À ces difficultés économiques s’ajoute un contexte géopolitique instable. Celui-ci entraîne la fermeture de certains débouchés à l’exportation, favorise l’arrivée de produits importés à bas prix et accentue la volatilité des marchés agricoles.
Mais la principale inquiétude concerne la chute des prix de vente. Depuis 2025, les céréales et protéagineux seraient vendus à des niveaux largement inférieurs aux coûts de production, à rebours de la dynamique inflationniste observée dans le reste de l’économie. Cette situation crée un effet ciseau entre la hausse des charges et la baisse des prix, que la FDSEA et les JA21 jugent susceptible de mettre en péril la viabilité de nombreuses exploitations.
Face à cette crise, les responsables agricoles ont souhaité interpeller les instances nationales. Ils ont ainsi demandé la venue en Côte-d’Or de deux représentants majeurs des filières grandes cultures : Eric Thirouin, président de l’Association générale des producteurs de blé et autres céréales (AGPB), et Benjamin Lammert, président de la Fédération française des producteurs d’oléagineux et de protéagineux (FOP).
L’AGPB, organisation spécialisée de la FNSEA, représente les producteurs de céréales à paille comme le blé, l’orge, l’avoine ou encore le seigle. Elle œuvre notamment à défendre la compétitivité des exploitations céréalières françaises et à accompagner les transitions agricoles.
La FOP, également rattachée à la FNSEA, défend pour sa part les intérêts des producteurs d’oléagineux – colza, tournesol, soja ou lin – et de protéagineux tels que les pois, les féveroles ou les lupins. L’organisation représente près de 120 000 producteurs sur l’ensemble du territoire.
Par cette mobilisation et ces rencontres, les organisations agricoles espèrent alerter les pouvoirs publics sur l’urgence de la situation et obtenir des mesures concrètes pour soutenir les filières de grandes cultures. Les semaines à venir pourraient s’avérer décisives pour l’avenir économique de nombreux agriculteurs du département.
