À Dijon, la campagne pour les élections municipales de 2026 se déroule sous le signe d’une relative discrétion pour une figure pourtant centrale de la vie politique locale : François Rebsamen. L’ancien maire de Dijon et actuel président de Dijon Métropole apparaît peu dans la campagne de la maire sortante Nathalie Koenders, sur la liste de laquelle il figure en sixième position.
Depuis le lancement officiel de la campagne, sa présence publique est restée très limitée. Sa seule apparition marquante remonte au premier grand meeting organisé par Nathalie Koenders, le jeudi 5 février, salle Devosge à Dijon. Devant près de 700 personnes réunies pour l’occasion, François Rebsamen était venu apporter son soutien à celle qui lui a succédé à la tête de la ville en 2024. Une présence symbolique, destinée à marquer l’unité de la majorité municipale et la continuité politique entre les deux responsables.
Depuis cette soirée, le président de Dijon Métropole s’est fait particulièrement discret dans la campagne. Peu d’interventions publiques, peu de prises de parole médiatiques et une présence limitée lors des événements politiques liés aux municipales. Une retenue qui n’est pas passée inaperçue dans les cercles politiques locaux.
Pour certains observateurs, cette discrétion relèverait d’une stratégie assumée. En se plaçant volontairement en retrait, François Rebsamen laisserait à Nathalie Koenders tout l’espace nécessaire pour incarner pleinement la campagne et affirmer son leadership. Une manière de rappeler que la tête de liste est désormais la maire sortante, et que c’est bien elle qui porte le projet municipal pour les années à venir.
La question de l’ombre de François Rebsamen plane en effet régulièrement sur la vie politique dijonnaise. Après plus de deux décennies passées à la tête de la ville, son influence reste forte. Une présence trop visible dans la campagne pourrait rapidement nourrir les critiques de l’opposition, qui ne manquerait pas d’y voir la preuve d’une continuité trop marquée, voire d’un pouvoir toujours exercé en coulisses.
Dans ce scénario, certains adversaires politiques pourraient aisément affirmer que le véritable décideur resterait l’ancien maire. « C’est lui qui commande, pas Koenders », pourraient-ils marteler durant la campagne. Un argument que la majorité municipale semble vouloir éviter en laissant Nathalie Koenders occuper seule le devant de la scène.
Cette stratégie de retrait permet également de clarifier les rôles institutionnels. François Rebsamen, aujourd’hui président de Dijon Métropole, concentre son action sur les enjeux métropolitains et territoriaux, tandis que Nathalie Koenders mène la bataille municipale et défend son bilan à la tête de la ville.
Reste à savoir si cette discrétion se maintiendra jusqu’au scrutin. Dans une élection municipale où la question de l’incarnation politique joue un rôle déterminant, cette stratégie pourrait s’avérer payante. Elle permet, pour l’instant, à Nathalie Koenders de s’imposer pleinement comme la figure centrale de la majorité municipale dijonnaise, tout en bénéficiant du soutien, plus discret mais toujours présent, de l’ancien maire de la ville.
