Le futur centre de rétention administrative (CRA) de Longvic, actuellement en construction sur la commune de Longvic, s’est invité dans le débat hier soir, jeudi 12 mars 2026, lors du meeting de fin de campagne de Nathalie Koenders à Dijon. Organisé salle Devosge, à deux jours du premier tour, le rassemblement a réuni près de 900 personnes venues assister à ce dernier grand rendez-vous de campagne. Mais la soirée a été marquée par une interpellation dans le public au sujet du futur centre de rétention administrative, qui doit ouvrir à l’automne 2027.
Le centre est en cours de construction sur une partie de l’ancienne base aérienne 102 de Longvic, sur des terrains appartenant à l’État. Le site accueille déjà une école de gendarmerie. Au cours de la soirée, une femme dans la salle a pris l’initiative d’interpeller François Rebsamen, présent pour soutenir Nathalie Koenders. Jusqu’à présent relativement discret sur le sujet du centre de rétention administrative, le président de Dijon Métropole venait de prononcer un discours dans lequel il dénonçait les discours de rejet et d’instrumentalisation des peurs.
« À Dijon comme partout, la bataille contre ces gens-là, contre la haine et le rejet, contre l’instrumentalisation et l’alimentation cynique des peurs est un enjeu pour eux, mais nous ne céderons jamais ! Pour eux, derrière chaque isolé originaire du Maghreb se cache potentiellement — écoutez bien — un frère musulman. Voilà comment ils conçoivent la fraternité et la relation avec ceux qui sont venus respecter nos lois et habiter dans notre pays. Parce que nous, pour nous, ce sont des frères », a-t-il déclaré.
La femme a alors lancé à haute voix : « Alors pourquoi soutenez-vous la construction d’un centre de rétention administrative ? » François Rebsamen lui a répondu brièvement : « Merci madame, vous pouvez voter pour qui vous voulez ! »
Le service d’ordre s’est ensuite positionné à proximité de la personne et lui a demandé de ne pas intervenir pendant le discours. Quelques minutes plus tard, la femme a de nouveau interpellé l’orateur. François Rebsamen a alors lancé : « Ousmane, t’es où Ousmane ? Ousmane ? Voilà, gentiment ! » La sécurité s’est alors renforcée autour de la personne jusqu’à la fin du meeting. Les tensions se sont toutefois accentuées à la fin de la réunion publique. La femme distribuait des petits tracts lorsque le service d’ordre est intervenu pour l’évacuer manu militari.
La scène a choqué plusieurs personnes présentes. Un homme a également été évacué de force. Les images filmées de l’incident montrent une intervention musclée, jugée par certains comme peut-être excessive au regard de la situation, avant que le calme ne revienne quelques minutes plus tard.
Selon plusieurs témoins et notre journaliste sur place, des organisateurs du meeting ont ensuite échangé avec ce qui semblait être des opposants au projet de centre de rétention administrative afin d’apaiser les tensions. Il s’agit du seul incident de la soirée. Mais au regard des images et des réactions suscitées, l’épisode pourrait laisser des traces chez les militants opposés au centre de rétention administrative actuellement en construction à Longvic.
