À quelques jours du second tour des élections municipales, une large intersyndicale du spectacle vivant public lance un appel solennel à la mobilisation citoyenne. Dans un communiqué commun, treize organisations représentatives du secteur culturel alertent sur les dangers que ferait peser l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite sur le service public de la culture.
Un appel au-delà des consignes partisanes
Dans un contexte politique tendu, les signataires appellent explicitement les électrices et électeurs à se mobiliser « quelles que soient les consignes nationales des différents partis ». L’objectif est clair : empêcher l’accession au pouvoir municipal de forces politiques qualifiées d’« extrême droite » ou de « droites radicalisées ».
Selon l’intersyndicale, la situation actuelle est préoccupante : dans de nombreuses villes, ces forces politiques seraient en position de conquérir des municipalités. Une évolution qui, selon les organisations, pourrait profondément transformer les politiques culturelles locales.
Une conception de la culture jugée incompatible
Le cœur de l’inquiétude repose sur ce que les signataires décrivent comme une conception « profondément éloignée » des fondements du service public de la culture. Celui-ci repose historiquement en France sur plusieurs piliers : la liberté de création, l’égalité d’accès aux œuvres et l’émancipation des individus.
Ce modèle, issu de décennies de décentralisation culturelle, a permis l’émergence d’un réseau dense et diversifié de structures : théâtres, festivals, compagnies, lieux intermédiaires. Autant d’espaces qui participent à la vitalité artistique et au lien social.
Des risques concrets pour la création et les professionnels
L’intersyndicale ne se limite pas à une prise de position de principe. Elle énumère une série de risques concrets observés, selon elle, dans les territoires où l’extrême droite exerce déjà des responsabilités :
- des atteintes à la liberté artistique,
- des pressions idéologiques sur les programmations,
- une remise en cause de l’indépendance des équipes culturelles,
- des attaques contre les politiques d’égalité et d’éducation artistique.
Ces éléments traduisent, selon les signataires, une instrumentalisation de la culture à des fins idéologiques, en rupture avec les principes d’ouverture et de pluralisme.
Un secteur déjà fragilisé
Cet appel intervient dans un contexte budgétaire difficile. Les organisations soulignent que les collectivités territoriales — principaux financeurs des politiques culturelles — multiplient les coupes budgétaires.
Ces réductions affectent directement :
- l’emploi artistique,
- la diversité des œuvres,
- la capacité de production et de diffusion,
- l’accès du public à la culture.
Dans ce cadre déjà tendu, l’arrivée de majorités politiques hostiles à certaines formes d’expression artistique est perçue comme un facteur aggravant majeur.
La culture, « pilier de la démocratie »
Au-delà des enjeux sectoriels, le communiqué adopte une portée plus large. Les organisations rappellent que la culture ne saurait être considérée comme un simple luxe ou un marqueur identitaire.
Elles la définissent comme :
- un espace de dialogue,
- un lieu de confrontation des idées,
- un vecteur d’émancipation individuelle et collective,
- un élément structurant du vivre-ensemble.
Dans cette perspective, la défense de la culture est indissociable de celle du modèle républicain, fondé sur les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité.
Un enjeu démocratique plus global
L’appel s’inscrit également dans une inquiétude plus générale concernant l’état des services publics. Santé, éducation, solidarité et culture sont mentionnés comme autant de domaines fragilisés.
Pour les signataires, la défense du service public de la culture dépasse le seul cadre artistique : elle participe à la préservation du pacte social et des équilibres démocratiques.
Une mobilisation appelée à se poursuivre
L’intersyndicale affirme enfin sa volonté de rester pleinement mobilisée, aux côtés des artistes, des professionnels et des citoyens. Elle entend poursuivre son engagement pour défendre un service public culturel « fort » et accessible à toutes et tous.
Cet appel marque une prise de position politique rare par son ampleur dans le secteur culturel, traduisant l’intensité des préoccupations à l’approche d’un scrutin local aux enjeux désormais nationaux.
Communiqué de presse du 17 mars 2026 :
MOBILISONS-NOUS AU SECOND TOUR POUR DÉFENDRE LE SERVICE PUBLIC DE LA CULTURE !
L’intersyndicale du spectacle vivant public appelle l’ensemble des citoyennes et citoyens à se mobiliser lors du second tour des élections municipales, quelles que soient les consignes nationales des différents partis, pour empêcher l’arrivée au pouvoir des forces d’extrême droite et de droite radicalisées.
Dans de nombreuses villes, l’extrême droite et les droites radicalisées sont aujourd’hui en situation de conquête des municipalités et défendent une conception de la culture profondément éloignée des principes qui fondent le service public de la culture.
Partout où cela est possible, il appartient aux électrices et aux électeurs de faire barrage au Rassemblement national à ses alliés et à l’ensemble de ces forces qui portent un projet de repli, d’exclusion et d’atteinte aux libertés fondamentales. Il appartient également aux différents candidates et candidats de faire preuve de responsabilité en considérant que le barrage à la droite extrême est la seule priorité.
Depuis des décennies, la politique culturelle française repose sur un choix clair : celui d’un service public de la culture fondé sur la liberté de création, l’égalité d’accès aux œuvres et l’émancipation des individus. Ce modèle, issu de l’histoire de la décentralisation culturelle, a permis de faire vivre dans tout le pays un réseau exceptionnel de lieux, d’équipes artistiques et de festivals au service de toutes et tous.
Ce modèle est aujourd’hui fragilisé. Les coupes budgétaires qui se multiplient dans de nombreuses collectivités territoriales, premier soutien des politiques culturelles, menacent directement l’activité artistique, l’emploi et la diversité des œuvres. Dans ce contexte déjà critique, l’arrivée au pouvoir municipal de forces politiques hostiles à la liberté de création ou instrumentalisant la culture à des fins idéologiques ferait peser un risque supplémentaire et majeur sur les artistes, les professionnels et les publics.
Partout où elle gouverne, l’extrême droite remet en cause les principes fondamentaux de la politique culturelle :
- atteintes à la liberté artistique,
- pressions idéologiques sur les programmations,
- remise en cause de l’indépendance des équipes culturelles,
- attaques contre les politiques d’égalité, d’éducation artistique et d’ouverture à toutes les cultures.
L’intersyndicale rappelle que la culture n’est pas un luxe ni un marqueur identitaire : elle est un pilier de la démocratie.
Elle est un espace de dialogue, de confrontation des idées, d’émancipation individuelle et collective. Elle contribue à faire société.
Dans un moment où les services publics sont fragilisés dans de nombreux domaines – santé, éducation, solidarité, culture – il est plus que jamais nécessaire de défendre le modèle républicain qui fonde notre pacte social : liberté, égalité, fraternité.
La vitalité artistique, la liberté de création et l’accès de toutes et tous à la culture en dépendent.
L’intersyndicale du spectacle vivant public restera pleinement mobilisée, aux côtés des artistes, des professionnels et des citoyennes et citoyens, pour défendre les valeurs démocratiques qui rendent possible un service public fort au bénéfice de toutes et tous.
LES ORGANISATIONS SIGNATAIRES
- Synavi
- Les Forces musicales
- SN3M-FO
- Syndeac
- SFA
- Scène Ensemble
- CGT Spectacle
- SCC
- SYNPTAC
- SNAM
- SNMS
- SMA
- La FNAR
