À Dijon, la campagne municipale prend un tour de plus en plus tendu à l’approche du second tour prévu ce dimanche 22 mars. La division de la droite locale ne se limite plus aux discours ou aux meetings : elle s’invite désormais sur le marché, où une altercation a eu lieu ce vendredi matin entre Thierry Coudert et Emmanuel Bichot, et également dans les boîtes aux lettres des Dijonnais.
Le 19 mars 2026, en ouvrant notre courrier, nous découvrons un tract signé du Rassemblement dijonnais, au ton particulièrement offensif. Son titre donne immédiatement le ton : « BICHOT : L’HOMME QUI VEUT FAIRE PERDRE LA DROITE ! ».
Derrière cette attaque frontale, Thierry Coudert, tête de liste du Rassemblement dijonnais, cible directement son rival Emmanuel Bichot. Dans ce document, il affirme notamment que ce dernier serait un « allié objectif » de Nathalie Koenders, l’actuelle maire, en refusant toute alliance à droite. Il va plus loin, accusant Emmanuel Bichot de « faire le choix d’être soutenu par les partis macronistes », d’être « un élu par intérim » vivant à Paris et travaillant à la Cour des comptes, et de s’être enfermé dans « une opposition juridique stérile ».
Un rapport de force pourtant clair
Pour comprendre les enjeux, il faut revenir aux résultats du premier tour. Ceux-ci dessinent un paysage électoral sans ambiguïté :
- Nathalie Koenders : 39,13 % (18 078 voix)
- Emmanuel Bichot : 25,83 % (11 933 voix)
- Thierry Coudert : 12,70 % (5 868 voix)
Dans ce contexte, une évidence s’impose : seule une union des forces de droite pourrait, mathématiquement, permettre éventuellement de coiffer sur le fil la majorité municipale sortante. Or, cette union n’a pas eu lieu, laissant peu de doute sur l’issue du scrutin de dimanche.
Dimanche, un choix décisif pour les électeurs de droite
Dès lors, la question de la responsabilité d’une éventuelle réélection de Nathalie Koenders se pose avec acuité. Contrairement à ce qu’affirme le tract du Rassemblement dijonnais, celle-ci ne dépend plus uniquement des stratégies ou des rivalités entre candidats. Elle repose désormais sur un choix clair offert aux électeurs de droite :
- Soit voter pour le candidat le mieux placé, Emmanuel Bichot, afin de tenter une alternance ;
- Soit voter pour le candidat RN-UDR afin qu’il ait quelques élus d’opposition, au risque de reproduire au conseil municipal les tensions observées durant la campagne ;
- A moins que certains d’eux, dégoutés par les querelles incessantes entre Bichot et Coudert, rebutés par leurs discours radicaux, ne setournent vers Nathalie Koenders qui, après tout, a coopté quelques personnalités du centre-droit dans son équipe.
Dans les derniers jours de campagne, les attaques personnelles et les tensions internes n’ont fait qu’accentuer les fractures à droite.
Une responsabilité désormais collective
Ainsi, à l’heure du vote, la responsabilité ne semble plus pouvoir être imputée uniquement aux candidats eux-mêmes. Elle se déplace vers les électeurs, les seuls juges en démocratie. Dimanche 22 mars, ce sont bien eux, par leur choix, qui détermineront l’issue du scrutin. Si les électeurs croient encore possible un changement à la tête de la mairie, leur vote devra logiquement se porter sur le candidat en position de l’emporter. Dans le cas contraire, une réélection de Nathalie Koenders apparaîtra comme la conséquence directe d’une droite restée divisée — jusque dans les urnes.
