L’Académie des Arts Appliqués, situé 6 boulevard du Dr Vieillet, 21000 Dijon refait parler d’elle. Selon un témoignage anonyme particulièrement détaillé que nous avons recueilli, la situation au sein de cet établissement d’enseignement supérieur aurait basculé dans une crise profonde, mêlant difficultés financières, désorganisation interne et inquiétudes croissantes pour les étudiants comme pour les enseignants.
D’après ce témoignage, plusieurs professeurs prestataires affirment ne plus être rémunérés depuis janvier 2026, certains évoquant même des retards remontant à février. Malgré cela, ils auraient continué à assurer leurs cours pendant plusieurs semaines, par conscience professionnelle et souci de ne pas pénaliser les étudiants. « Nous exerçons donc bénévolement », résume l’un d’eux, décrivant une situation devenue intenable.
La découverte, le 11 mars 2026, de l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire aurait constitué un tournant. Toujours selon ce témoignage, l’information n’aurait pas été communiquée en interne, les enseignants affirmant en avoir pris connaissance par leurs propres moyens. L’extrait de jugement du tribunal judiciaire de Dijon, en date du 9 mars 2026, confirme pourtant l’ouverture de cette procédure, avec une cessation des paiements fixée au 30 octobre 2024.
Ce décalage entre la situation juridique de l’établissement et l’information transmise aux équipes alimente aujourd’hui un sentiment d’abandon et d’incompréhension.
Sur le terrain, l’organisation de l’école semblerait largement désorganisée. Le directeur, Olivier Laloux, se trouve en arrêt maladie depuis octobre 2025, il ne donnerait plus signe de vie. En son absence, aucune direction claire ne serait assurée. Les enseignants prestataires expliquent devoir gérer eux-mêmes le fonctionnement quotidien de l’établissement depuis plusieurs mois, alors même qu’ils ne disposent ni de statut ni de légitimité pour le faire.
« Nous gérons l’école nous-mêmes, alors que nous sommes seulement prestataires », indique le témoignage, décrivant une situation où les responsabilités se sont progressivement déplacées vers des personnels non décisionnaires, sans cadre ni accompagnement.
Depuis une dizaine de jours, la situation se serait encore aggravée. Plusieurs enseignants auraient décidé de cesser d’assurer leurs cours, faute de paiement. D’autres envisageraient de faire de même dans les jours à venir (dès le lundi 23 mars 2026). Résultat : les enseignements ne seraient quasiment plus dispensés, plongeant les étudiants dans une incertitude totale quant à la poursuite de leur année.
Cette désorganisation aurait également un impact direct sur les familles. De nombreux parents, étudiants et anciens élèves, restés sans réponse de la direction, auraient commencé à se regrouper pour faire entendre leur voix. Ils dénoncent des « abus » et des « préjudices importants », évoquant notamment des frais engagés pour des formations aujourd’hui compromises.
Certains étudiants auraient contracté des prêts pour financer leur cursus. D’autres se retrouveraient contraints de chercher en urgence une nouvelle école, parfois dans une autre ville, impliquant des coûts supplémentaires : nouveaux frais de scolarité, déménagement, logement. « Toute leur année et leur projet d’étude sont ainsi mis à mal », souligne le témoignage.
Autre élément particulièrement préoccupant : l’organisation de journées portes ouvertes fin 2025 et début 2026, alors même que la situation financière de l’établissement semblait déjà dégradée. Les 13 décembre 2025 et 31 janvier 2026, des futurs bacheliers se seraient inscrits pour la rentrée de septembre 2026, en versant des frais d’inscription.
Selon le témoignage, ces sommes ne seraient aujourd’hui plus disponibles. Elles auraient été utilisées pour faire face aux dépenses courantes ou aux dettes de l’établissement, alors qu’elles étaient censées être conservées pour la future rentrée. Une situation qui interroge sur la gestion financière de l’école et sur l’information donnée aux familles au moment des inscriptions.
Plus récemment encore, une journée portes ouvertes annoncée pour le 14 mars 2026 aurait tourné court. Des familles se seraient déplacées, parfois de loin, pour découvrir l’établissement, avant de trouver porte close, sans aucune information préalable. Un épisode vécu comme un symbole du désordre actuel.
Le témoignage met également en lumière un point particulièrement sensible : le rôle joué ces derniers mois par le père du directeur (Gabriel Laloux). En l’absence de ce dernier, il aurait assuré de facto la gestion de l’établissement, organisant des réunions, donnant des directives et recevant étudiants et parents.

Or, selon le témoignage, cette personne n’aurait aucun statut juridique au sein de l’entreprise. Malgré cela, elle aurait tenté de rassurer les familles, promettant notamment la certification des diplômes — qui ne seraient pas reconnus à ce jour — ainsi que des remboursements pour certains. Des engagements qui, aujourd’hui, suscitent interrogations et inquiétudes.
Sur le plan émotionnel, la situation aurait profondément marqué les étudiants. Certains auraient appris la décision du tribunal dans des conditions brutales, par l’intermédiaire du père du directeur. « Des élèves étaient en pleurs », rapporte le témoignage, évoquant un mélange d’incompréhension, de colère et de tristesse.
En quelques jours, les sentiments auraient évolué rapidement : de l’aberration à la stupéfaction, puis à la colère, au déni et enfin à une forme de désillusion. Pour beaucoup, c’est l’ensemble d’un projet d’avenir qui semble aujourd’hui fragilisé.
Ce témoignage, s’il demande encore à être recoupé sur certains points, dresse le portrait d’un établissement en grande difficulté, où la communication apparaît défaillante et où les conséquences humaines — pour les enseignants comme pour les étudiants — sont déjà bien réelles.
Nous avons tenté, à plusieurs reprises, de joindre la direction de l’Académie des Arts Appliqués, sans succès. À ce stade, aucune réponse n’a été apportée à nos sollicitations par téléphone. Même Monsieur Olivier Laloux, directeur de l’établissement, reste à ce jour injoignable. Face à cette absence de communication, de nombreuses zones d’ombre persistent quant à la gestion actuelle de l’école et à l’avenir des étudiants. Dijon Actualités reviendra, dans un prochain article de presse, sur l’évolution de la situation.
