C’est au cœur de l’exploitation agricole de Philippe Favre-Félix, à Billey, que les membres du Bureau du CESER (Conseil économique, social et environnemental régional) ont choisi de se confronter aux réalités de la filière viande bovine. Une journée d’échanges, de terrain et de réflexion, organisée autour des enjeux majeurs qui traversent aujourd’hui l’agriculture régionale.
Autour des élus et conseillers du CESER, plusieurs acteurs clés de la filière avaient fait le déplacement : représentants professionnels, responsables syndicaux et institutionnels, dont le vice-président de la Région en charge de l’agriculture, Christian Morel. Tous ont partagé un même constat : la filière bovine, pilier de l’économie agricole en Bourgogne-Franche-Comté, est aujourd’hui fragilisée.
Une filière stratégique sous pression
Entre crises sanitaires à répétition, dérèglements climatiques, instabilité des marchés internationaux et baisse continue du nombre d’exploitations, les éleveurs doivent composer avec une accumulation de difficultés. À cela s’ajoutent des problématiques structurelles, notamment la transmission des exploitations et l’attractivité du métier auprès des jeunes générations.
« La situation exige des réponses collectives et structurantes », ont souligné plusieurs intervenants, pointant la nécessité de repenser l’organisation des filières pour garantir une rémunération plus juste aux agriculteurs.
Une mission confiée au CESER
Face à l’ampleur de la crise agricole, le président du Conseil régional a saisi le CESER pour formuler des propositions concrètes. L’objectif : identifier des leviers permettant de renforcer la viabilité économique des exploitations et d’améliorer les conditions de travail des agriculteurs.
Pour amorcer cette réflexion, le CESER a choisi de se concentrer dans un premier temps sur la filière viande bovine, jugée à la fois représentative et stratégique pour la région.
Une immersion pour comprendre le terrain
La visite de l’exploitation de Billey a permis aux conseillers d’observer l’ensemble de la chaîne de production, de l’élevage à la commercialisation. Les échanges ont également mis en lumière des enjeux sociétaux majeurs, notamment la place croissante des femmes dans le secteur agricole et le rôle des jeunes dans le renouvellement des générations.
Parmi les pistes évoquées : le renforcement des organisations de producteurs, la mutualisation des moyens ou encore le développement de la contractualisation, autant de leviers susceptibles de sécuriser les revenus et d’apporter de la stabilité à la filière.
Une réflexion inscrite dans la durée
Cette démarche s’inscrit dans la continuité des travaux déjà engagés par le CESER, notamment autour de la transition vers une alimentation locale, biologique et durable. Elle prolonge également les prises de position récentes de l’institution face à la crise agricole.
À travers cette immersion et les travaux à venir, le CESER affiche une ambition claire : contribuer à renforcer la résilience, la valeur et l’avenir des filières agricoles en Bourgogne-Franche-Comté, dans un contexte de mutations profondes. Une mission de fond, au plus près du terrain, pour tenter de redonner des perspectives à une filière essentielle.



