Face à une recrudescence inquiétante des violences visant les personnes LGBT+, la ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, se rend ce vendredi à Dijon (Côte-d’Or) pour renforcer la lutte contre les agressions homophobes, en particulier celles organisées via des applications de rencontre.
Cette visite intervient au lendemain de la signature d’une charte d’engagement inédite réunissant plusieurs plateformes de rencontre majeures, les forces de sécurité ainsi que des associations de lutte contre l’homophobie. Objectif : mieux prévenir les violences, sécuriser les usages numériques et améliorer la prise en charge des victimes.
Selon les associations, le phénomène des « guet-apens » homophobes a atteint un niveau alarmant : en 2024, un cas était recensé tous les quatre jours. Le mode opératoire est désormais bien identifié. Des individus malveillants créent de faux profils sur des applications, attirent leurs victimes à un rendez-vous, puis les agressent en raison de leur orientation sexuelle réelle ou supposée.
Pour répondre à cette menace, le gouvernement entend agir à plusieurs niveaux. La charte prévoit notamment un renforcement de la prévention auprès des utilisateurs, le développement des profils vérifiés, l’amélioration des outils de signalement et une meilleure conservation des données pour faciliter les enquêtes judiciaires. Les plateformes signataires s’engagent également à coopérer davantage avec les autorités afin d’identifier et poursuivre les auteurs.
La Côte-d’Or, particulièrement touchée par ce type d’agressions, constitue une étape symbolique pour la ministre. À Dijon, Aurore Bergé se rendra au commissariat de police afin de suivre le parcours d’une victime et échanger avec les enquêteurs sur les nouveaux dispositifs issus de cette charte.
La visite ministérielle sera également marquée par l’inauguration du centre LGBT+ de Dijon. Il s’agit du premier centre de ce type en Bourgogne-Franche-Comté et du 53e ouvert en France, avec le soutien financier de l’État. Ce lieu vise à offrir un espace d’accueil, d’écoute et d’accompagnement pour les personnes concernées.
À travers cette initiative, le gouvernement affirme sa volonté de lutter plus fermement contre les violences anti-LGBT+ et d’adapter les réponses publiques à l’évolution des pratiques numériques.
